Israël-Iran : Netanyahou « est très soutenu par son opinion publique, et peut avoir la tentation d’aller plus loin », analyse Jean-Louis Bourlanges

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères a analysé le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis plusieurs jours, après les attaques israéliennes sur des sites stratégiques et militaires iranien, vendredi dernier. Pour Jean-Louis Bourlanges, Israël s’est trompé de méthode, et aurait dû engager des « négociations multilatérales ».
Clarisse Guibert

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Sur le plateau de Public Sénat, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre basse a critiqué la stratégie du Premier ministre israélien en Iran. Selon lui, Israël aurait dû adopter la voie de « négociations multilatérales » pour arrêter le programme nucléaire iranien, et non l’attaquer militairement. Aujourd’hui, « Israël a choisi une ligne qui n’est pas la bonne », estime-t-il.

Plongé dans ce « déchaînement de violence », et encouragé par la population israélienne qui le soutient, selon Jean-Louis Bourlanges, Benyamin Netanyahou pourrait alors « aller plus loin » dans son offensive. Reste à comprendre l’objectif du Premier ministre israélien, qui reste plutôt vague pour les observateurs de la scène internationale. « On ne peut jamais être sûr de contrôler une opération comme celle-ci », complète Jean-Louis Bourlanges.

« Le régime iranien est détesté par les Kurdes, les femmes et la bourgeoisie », analyse Jean-Louis Bourlanges

Cependant, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale ne croit pas à l’objectif de destruction du régime iranien par Israël. Jean-Louis Bourlanges s’aligne ici sur les mots du chef de l’Etat, qui a affirmé hier : « Tous ceux qui croient qu’en frappant avec des bombes depuis l’extérieur on sauve un pays malgré lui-même et contre lui-même se sont toujours trompés ».

Mais pour l’ancien responsable politique, il faut rester prudent : « ce régime est détesté ». Dans la population iranienne, il est « détesté par les Kurdes, les femmes et la bourgeoisie ». Il est également « détesté » par diverses puissances internationales, et isolée dans la région du Moyen-Orient. Une telle haine pourrait donc justifier un tel objectif, d’après son analyse.

« Les Etats-Unis ne contrôlent plus grand-chose sur la vie internationale », juge Jean-Louis Bourlanges

Dans le reste du monde, un sommet du G7 se tient à Kananaskis au Canada, depuis dimanche 15 juin. L’occasion pour les dirigeants des pays membres de réagir au conflit en cours. Mais le président américain en a décidé autrement. En effet, Donald Trump a quitté aujourd’hui les réunions, pour justement se consacrer à la situation irano-israélienne depuis Washington. Une décision saluée par Emmanuel Macron, « Si les Etats-Unis peuvent obtenir un cessez-le-feu, c’est une très bonne chose ».

Mais Jean-Louis Bourlanges n’achète pas. Selon lui, le conflit en l’Iran et Israël prouve que les « Etats-Unis ne contrôlent plus grand-chose sur la vie internationale ». En effet, selon certaines informations, le chef de l’Etat américain aurait déconseillé à Benyamin Netanyahou de mener ces attaques en Iran, ce qu’il a ignoré. « Les Israéliens ont démontré leur profonde volonté d’autonomie, sinon d’indépendance, vis-à-vis de tout le monde, et notamment des Etats-Unis », a-t-il conclu.

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