« Je crains que si monsieur Erdogan est réélu, les relations avec Bruxelles soient complètement gelées », analyse cet expert

Le premier tour de l’élection présidentielle en Turquie a lieu ce dimanche 14 mai. L’occasion pour Ici l’Europe de faire le point sur les relations tumultueuses entre ce pays candidat depuis 1999 et l’Union européenne. Si la porte n’est pas officiellement fermée, l’adhésion turque semble boquée. Une alternance à l’actuel président Recep Tayyip Erdogan ouvrirait-elle réellement un chapitre différent avec les 27 ?
Marie Bremeau

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Elle l’affirme sans ambages, « la relation de la Turquie avec l’UE doit changer par rapport à celle qui est aujourd’hui très tendue sous le régime de Monsieur Erdogan ». Fabienne Keller, eurodéputée française du groupe Renew, dresse un bilan contrasté de l’attitude d’Ankara à l’endroit de Bruxelles. « Les négociations d’adhésion sont ouvertes depuis très longtemps. Et après une phase jusque vers 2010 où cela a plutôt progressé, il y a eu des actions de la part de monsieur Erdogan de répression, des milliers de juges, d’enseignants, soit démissionnés de force, soit arrêtés, il y a eu des pressions sur les Kurdes, un pouvoir plus autoritaire qui s’est exprimé à partir des événements de 2013. » La Turquie est officiellement reconnue candidate à l’Union européenne depuis 1999, mais depuis 2007, les négociations d’adhésion sont au point mort.

« A partir de 2010, une dérive autoritaire »

« La nouvelle coalition présentée par le président actuel est devenue très à droite, très nationaliste et beaucoup plus que cela ne l’a été auparavant », analyse Samin Akgonul, directeur des études turques à l’université de Strasbourg. « Effectivement entre 2002 et 2007, il y a un discours très pro-européen et il y a des actes. Entre 2007 et 2010 il y a un ralentissement, et à partir de 2010, pas à pas, une dérive autoritaire du régime. Là pour ces élections, la coalition montée est tellement à droite, tellement anti-occidental et anti-européenne que je crains que si Monsieur Erdogan est réélu, les relations avec Bruxelles soient complètement gelées. »

La Turquie, un partenaire clé

Mais certains élus mettent en garde contre une attitude européenne hostile au pouvoir turc qui serait contre-productive, à l’instar de Balas Hidveghi, eurodéputé hongrois. « De toute façon la Turquie est un partenaire clé essentiel pour l’Europe pour notre stabilité, pour notre énergie même dans ce contexte-là et aussi pour arrêter les flux des migrations illégales vers l’Europe. Donc c’est très important de trouver le moyen d’un partenariat avec le leader de la Turquie quel qu’il soit. »

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