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Jean-Marie Bockel nommé « envoyé personnel » d’Emmanuel Macron en Afrique

L’ancien sénateur et ex-Secrétaire d’Etat, Jean-Marie Bockel, a été chargé par Emmanuel Macron de discuter avec les pays partenaires africains des nouvelles formes de la présence militaire française sur leur sol, alors que Paris s’apprête à réduire drastiquement ses effectifs sur le continent dans les mois à venir.
Rédaction Public Sénat

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Son nom était dans les tuyaux depuis plusieurs jours, Jean-Marie Bockel, ancien sénateur et ex-Secrétaire d’Etat à la Coopération de Nicolas Sarkozy a été nommé « envoyé personnel » d’Emmanuel Macron en Afrique, selon une lettre consultée par l’AFP.

En février 2023, Emmanuel Macron avait annoncé une profonde transformation des rapports entre la France et l’Afrique, dans le but de mettre fin aux relations perçues localement comme asymétriques et paternalistes.

« Expliquer les modalités d’adaptations » des forces françaises en Afrique

Après une série de coups d’Etat au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, les juntes militaires qui ont pris le pouvoir dans ces pays, ont poussé dehors l’armée française, marquant la fin d’une décennie d’intervention antijihadiste, les opérations Serval puis Barkhane, destinées à enrayer la spirale de violences dans cette région.

Les déconvenues au Sahel ont accéléré la réorganisation de la France qui compte réduire nettement ses effectifs militaires, sauf à Djibouti, au profit d’une présence plus discrète. Les contours de cette réorganisation ont été actés lors d’un conseil de défense en décembre 2023.

Jean-Marie Bockel aura pour tâche d’ « expliquer » aux quatre pays accueillant encore des bases françaises, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Tchad, « les raisons et les modalités de ces adaptations » prochaines du dispositif diplomatico-militaire français, « tout en étant à l’écoute de leurs besoins » en matière de formation, de coopération et d’équipement, écrit le chef de l’Etat dans cette lettre. Jean-Marie Bockel devra rendre à l’Elysée ses recommandations en juillet.

La France compte actuellement un millier de militaires au Tchad, qui accueille le commandement des Forces françaises au Sahel. Mais cette mission disparaît de fait avec le départ des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ne reste que la coopération bilatérale avec N’Djamena. Des discussions sont en cours, tandis que le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a été reçu fin janvier par le président russe Vladimir Poutine.

Au Sénégal, un des pays jusqu’ici parmi les plus stables de la région, la présidentielle vient d’être repoussée au 15 décembre dans la plus grande confusion, ce qui rendra plus délicates les discussions avec la France qui y dispose de 350 militaires.

En Côte d’Ivoire, où la France compte 900 militaires, des élections sont prévues en 2025. Enfin au Gabon, où le président Ali Bongo Ondimba a été renversé le 30 août dernier, 400 militaires français délivrent déjà essentiellement des formations dans la sous-région.

Jean-Marie voulait signer « l’acte de décès » de la Francafrique

Fin 2019, Jean-Marie Bockel avait perdu son fils Pierre, officier dans l’armée française, dans la collision de deux hélicoptères au Mali. L’un des symboles de l’ouverture chère à Nicolas Sarkozy, l’ancien socialiste avait dû quitter son portefeuille à la Coopération en 2008, après avoir lourdement critiqué une « Francafrique moribonde ». « Je veux signer son acte de décès […] Certains pays ont d’importantes ressources pétrolières, mais leur population n’en bénéficie pas », avait-il déclaré. Des propos qui visaient implicitement le Gabon, le Congo et le Cameroun. Le président de la République gabonaise de l’époque, Omar Bongo avait jugé ces déclarations « inacceptables ». Dans la foulée, il avait été remplacé par l’actuel sénateur, Alain Joyandet. Jean-Marie Bockel était alors passé au secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens combattants.

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