Trump Signs Executive Orders
US President Donald Trump signs an executive order in the Oval Office of the White House in Washington, DC, US, on Monday, Feb. 10, 2025. Trump ordered a 25% tariff on steel and aluminum imports, escalating his efforts to protect politically important US industries with levies hitting some of the country's closest allies. Credit: Al Drago / Pool via CNP - 506901572 - //DPAPICTUREALLIANCE_506901572/Credit:Al Drago - Pool via CNP/D/SIPA/2502110921

La menace de la guerre commerciale plane sur le salon de l’agriculture

L’inauguration du salon de l’agriculture par Emmanuel Macron a été marquée par le contexte international. Le Président de la République est revenu sur la réponse à apporter à l’augmentation des droits de douane américain ainsi que sur les négociations autour de l’accord de libre-échange avec le Mercosur.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Vous êtes les otages de la guerre commerciale » répond le Président de la République à un producteur laitier alertant sur les conséquences que pourraient avoir quelques pourcentages de droits de douane supplémentaires sur son activité. Dans l’esprit de tous, les tarifs agités par Donald Trump à l’encontre des différents partenaires commerciaux excédentaires des Etats-Unis (voir notre article). Si ces menaces ont parfois été suspendues, comme dans le cas mexicain, le ton a été donné par le président américain en annonçant le 13 février dernier l’instauration de « droits de douane réciproques. »

L’impact de telles mesures est difficile à évaluer tant qu’elles n’ont pas été précisées et effectivement mises en œuvre par l’administration américaine, mais Emmanuel Macron, qui se rend ce dimanche à Washington, a tout de même tenu à jouer la désescalade : « Je ne veux pas rentrer dans une logique guerrière. J’espère convaincre le président Trump que ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis eux-mêmes. » Le Président de la République mise ainsi sur un « échange […] amical », mais « en même temps clair » pour tenter « d’apaiser tout ça » et de convaincre Donald Trump que « quand on parle entre alliés et partenaires, on ne peut pas vouloir faire souffrir l’autre par des tarifs. »

Tout comme il y a trois semaines, où Emmanuel Macron avait réagi aux premières annonces protectionnistes de Donald Trump en assurant que l’Europe saurait « se faire respecter », le chef de l’Etat assure que s’il n’arrive pas à convaincre son homologue américain, « nous prendrons des dispositions. »

Mercosur : « On s’y est opposé et on continuera »

L’export « fait aussi partie de la force de notre agriculture », a par ailleurs rappelé le Président de la République, soulignant ainsi la dimension internationale des problématiques qui entourent le salon de l’agriculture. La question du Mercosur est ainsi revenue à de nombreuses reprises au fur et à mesure de la déambulation d’Emmanuel Macron au milieu des allées du Salon. « Si on laisse passer le Mercosur et la viande du Brésil, ça détruira tout », l’a ainsi interpellé un éleveur au milieu de drapeaux de la FNSEA.

«On s’y est opposé et on continuera », a promis le Président de la République, en précisant qu’au sein de l’Union Européenne, la France continuait de construire une « minorité de blocage » au Conseil (au moins 4 États membres et 35 % de la population). « On bouge aussi pour que ce soit bloqué par ailleurs », a assuré le chef de l’Etat. Sur le fond, Emmanuel Macron a réaffirmé la position de la France : « Tant que les clauses miroirs et les clauses de sauvegarde ne sont pas là, c’est un mauvais texte. » En imposant ainsi des garde-fous de réciprocité, le Président de la République espère réduire l’incertitude « dans un moment géopolitique tendu. » « Rien ne dit que demain, l’agriculture ne deviendra pas une arme. » Difficile, alors, de « ne pas rentrer dans une logique guerrière. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Keir Starmer Resigns As Labour Party Leader, London, UK – 22 Jun 2026
4min

International

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission

Moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a annoncé lundi sa démission après des mois de pression, précisant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur à la tête du Labour.

Le

La menace de la guerre commerciale plane sur le salon de l’agriculture
4min

International

« La question n’est plus de savoir si l’Ukraine va gagner la guerre, mais quand elle va la gagner », affirme l’ambassadeur de France en Pologne, Étienne de Poncins

Invité ce lundi de la matinale de Public Sénat, l’ambassadeur de France en Pologne Étienne de Poncins envisage une issue positive au conflit pour Kiev, qui mène actuellement des frappes intensives sur la Crimée. Le diplomate s’inquiète en revanche des « crispations » entre l’Ukraine et la Pologne, alors qu’une conférence pour la reconstruction se tient à Gdansk en fin de semaine.

Le

La menace de la guerre commerciale plane sur le salon de l’agriculture
4min

International

10 ans du Brexit : « un désastre économique pour le Royaume-Uni », estime cet eurodéputé et ancien ministre italien

Il y a 10 ans, une courte majorité de Britanniques votaient en faveur du Brexit, la sortie de l’Union européenne. Les conséquences économiques de cette décision s’avèrent plutôt néfastes pour le Royaume-Uni et le gouvernement travailliste opère depuis deux ans un rapprochement avec le club des 27. Les 10 ans du Brexit, c’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le

France US
7min

International

Trump à Versailles, invitation de Zelensky… Comment Emmanuel Macron a su tirer parti de « son » G7 à Evian

Pour son dernier G7, Emmanuel Macron est parvenu à maintenir jusqu’au bout Donald Trump à la table des négociations, invitation au château de Versailles à l’appui. De quoi le voir signer sous ses yeux l’accord avec l’Iran et lui arracher un soutien plus ferme à l’Ukraine. Mais encore faut-il que ces déclarations d’intention se matérialisent.

Le