UN-SECURITY COUNCIL-ARMS EMBARGO-HOUTHIS-YEMEN
(220301) -- UNITED NATIONS, March 1, 2022 (Xinhua) -- The United Nations Security Council votes on a resolution to impose an arms embargo on the Houthi militia in Yemen as an entity at the UN headquarters in New York, on Feb. 28, 2022. Resolution 2624, which was adopted with 11 votes in favor and four abstentions, decides that the Houthis as an entity shall be subject to the arms embargo contained in its previous Resolution 2216 of 2015. (Loey Felipe/UN Photo/Handout via Xinhua) - Loey Felipe/UN Photo -//CHINENOUVELLE_1.0702/2203010929/Credit:CHINE NOUVELLE/SIPA/2203010939

Le Conseil de Sécurité de l’ONU exige l’arrêt « immédiat » des attaques des Houthis en Mer Rouge

Après une attaque de grande ampleur menée par les rebelles houthis en Mer Rouge, le Conseil de Sécurité des Nations unies parvient à faire adopter une résolution : il exige l’arrêt « immédiat » des attaques houthistes en Mer Rouge.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Ils se sont enfin mis d’accord. Hier soir, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté une résolution exigeant l’arrêt « immédiat » des attaques de Houthis en Mer Rouge. Cette résolution, préparée par les États-Unis et le Japon, a obtenu 11 voix pour, et seulement 4 abstentions de la part de la Russie, la Chine, l’Algérie et le Mozambique. Cette décision du Conseil de Sécurité intervient à la suite de la « plus importante attaque » des rebelles yéménites à ce jour qui a eu lieu ce mardi, selon les mots du ministère britannique de la défense. Les avions de la coalition internationale ont détruit 18 drones 3 missiles lancés par les Houthis. Face à l’ampleur de l’attaque, le ministre britannique de la Défense, Grant Schapps se dit « prêt à prendre des actions directes » contre les Houthis.

 

Une zone stratégique

 

Bien que spectaculaire, ce n’est pas la première attaque des Houthis en mer Rouge. Depuis la mi-novembre, les rebelles ont initié pas moins de 26 attaques dans cette zone, selon l’armée américaine. Les rebelles yéménites qui disent apporter leur soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza ciblent des navires de marchandises associés à Israël. Après la prise d’otages des 25 membres d’équipage du navire Galaxy Leader le 19 novembre 2023, les États-Unis ont réuni une coalition d’une vingtaine de pays, dont la France et le Royaume-Uni, pour protéger le détroit stratégique de Bab El-Mandeb. Cette route maritime essentielle pour les navires commerciaux permet de rallier l’Asie à l’Europe : 12% du commerce mondial y transite. Or, depuis mi-novembre, le trafic local des porte-conteneurs a chuté d’environ 70%. Les armateurs prudents sont désormais obligés de passer par le cap de Bonne-Espérance, à la pointe de l’Afrique, entrainant une hausse des prix du trafic maritime.

 

Livraison d’armes aux Houthis

 

La résolution dénonce aussi les violations à « large échelle » de l’embargo sur les armes à destination des Houthis. Selon le dernier rapport d’experts du Conseil de Sécurité, les rebelles yéménites « renforcent considérablement leur capacité militaire terrestre et navale, y compris sous-marines, ainsi que leur arsenal de missiles et de drones, en violation de l’embargo ». Parmi les principaux fournisseurs d’armes aux Houthis, on compte l’Iran. Cette relation diplomatique ne date pas d’hier. David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’IRIS et rédacteur en chef de Stratégiques Orients, explique qu’ « au fil des dernières années, surtout à partir de 2015, la milice des Houthis est devenue une sorte de proxy iranien au Yémen via son obédience confessionnelle chiite, même s’il ne s’agit pas du même chiisme, et cela l’a indexé sur l’agenda géopolitique de Téhéran en lui offrant des opportunités d’actions potentiellement déstabilisatrices sur la Mer Rouge ».

 

Un risque d’embrasement de la région

 

Entre une situation toujours plus tendue entre Israël et le Hezbollah libanais, et les récurrentes attaques houthistes en mer Rouge, le risque d’embrasement de la région s’accroît. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU se dit « très inquiet » des « risques d’escalade d’un conflit plus large au Moyen-Orient ».  Selon David Rigoulet-Roze, « Il y a une logique de riposte systématique, mais qui est pour l’instant calibrée, calculée. Simplement on n’est pas l’abri d’un accident qui pourrait devenir incontrôlable et entrainer une réaction en chaine. (…) Pour l’instant on est dans une logique de guerre hybride. Il n’y a pas le souhait d’une déflagration régionale globale, parce que chacun sait que le coût serait extrêmement lourd avec des résultats incalculables ».

C’est ce qu’essaye d’éviter Anthony Blinken en parcourant le Moyen-Orient dans le cadre de sa quatrième tournée diplomatique. Il s’est rendu en Arabie Saoudite pour trouver une solution afin de « dissuader » les Houthis de poursuivre leurs attaques. Mais malgré le soutien saoudien envers le gouvernement yéménite depuis le début de la guerre civile en 2015, le prince héritier Mohammed ben Salmane essaye d’extraire son pays de ce conflit qui n’en finit plus. Des négociations sont en cours depuis plusieurs mois avec les forces rebelles et ils n’ont pas rejoint la coalition internationale. David Rigoulet-Roze explique que bien « l’Arabie saoudite de MBS ne souhaite pas que la situation dégénère (…) il n’a pas jugé bon d’être partie prenante de la coalition maritime établie le 18 décembre dernier par les Etats-Unis pour éviter de donner l’impression de s’aligner sur ce qui pourrait être perçu comme la défense d’intérêts occidentaux et de s’associer à des pays soutenant Israël ».

Anthony Blinken rencontre aujourd’hui le président égyptien Al-Sisi. C’est la dernière étape de son périple diplomatique.

Kanumera Creiche

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Le Conseil de Sécurité de l’ONU exige l’arrêt « immédiat » des attaques des Houthis en Mer Rouge
5min

International

Politique migratoire européenne : la majorité d'Ursula von der Leyen « court derrière l’extrême droite » regrette cet eurodéputé écologiste

La Commission européenne va publier le mois prochain sa stratégie migratoire et souhaite renvoyer les migrants illégaux dans des centres de rétention hors de l’UE. Cette politique sera-t-elle plus efficace ? Comme assurer aux personnes un traitement humain, et qu’elles puissent faire valoir leurs droits ? Se faisant l’Union tourne t-elle le dos à ses valeurs ? C’est le débat de cette semaine dans l’émission Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le

Syria Kurds Clashes
6min

International

Syrie : après l’abandon des prisons par les Kurdes, la France pressée de rapatrier ses jihadistes

Cette semaine, le sénateur socialiste, Rémi Féraud a alerté le gouvernement sur les implications de l’affrontement entre le pouvoir syrien et les forces kurdes, passé sous les radars de l’actualité internationale très riche ces derniers temps. Un nombre indéterminé de prisonniers jihadistes incarcérés dans les prisons kurdes au nord du pays sont désormais dans la nature, d’autres ont été transférés dans les prisons en Irak.

Le

Le Conseil de Sécurité de l’ONU exige l’arrêt « immédiat » des attaques des Houthis en Mer Rouge
4min

International

Iran : « Le peuple doit se libérer par lui-même sans les bombes américaines pour préparer une alternative démocratique, laïque et sociale », affirme Ali Bani Sadr

Près d'un mois après le début des mouvements de protestations lancés en Iran le 28 décembre, la répression est toujours aussi forte de la part de la République islamique. D'après les estimations des ONG, le nombre de personnes tuées sur place pourrait dépasser les 20 000 morts. Les oppositions s'organisent. Exilés en France, les héritiers du premier président du régime Abolhassan Bani Sadr qui défendent une république démocratique, laïque et sociale tentent de se faire entendre malgré l'absence de figure emblématique. Parmi eux, son fils Ali Bani Sadr.

Le

trump rutte
7min

International

Revirement de Donald Trump sur le Groenland : « Toute dissension interne au sein de l'Otan donne du grain à moudre à Vladimir Poutine et à Xi Jinping »

Après des jours de menaces croissantes d’annexion du Groenland, le président américain Donald Trump a finalement annoncé mercredi soir « avoir conçu » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, « le cadre d’un futur accord » concernant le territoire autonome danois. Si les termes de ce document demeurent pour le moment très flous, le républicain semble avoir abandonné l’idée d’utiliser la force pour récupérer la région. Mais l’Alliance atlantique ressort de l’épisode une nouvelle fois affaiblie.

Le

La sélection de la rédaction