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Le Conseil de Sécurité de l’ONU exige l’arrêt « immédiat » des attaques des Houthis en Mer Rouge

Après une attaque de grande ampleur menée par les rebelles houthis en Mer Rouge, le Conseil de Sécurité des Nations unies parvient à faire adopter une résolution : il exige l’arrêt « immédiat » des attaques houthistes en Mer Rouge.
Rédaction Public Sénat

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Ils se sont enfin mis d’accord. Hier soir, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté une résolution exigeant l’arrêt « immédiat » des attaques de Houthis en Mer Rouge. Cette résolution, préparée par les États-Unis et le Japon, a obtenu 11 voix pour, et seulement 4 abstentions de la part de la Russie, la Chine, l’Algérie et le Mozambique. Cette décision du Conseil de Sécurité intervient à la suite de la « plus importante attaque » des rebelles yéménites à ce jour qui a eu lieu ce mardi, selon les mots du ministère britannique de la défense. Les avions de la coalition internationale ont détruit 18 drones 3 missiles lancés par les Houthis. Face à l’ampleur de l’attaque, le ministre britannique de la Défense, Grant Schapps se dit « prêt à prendre des actions directes » contre les Houthis.

 

Une zone stratégique

 

Bien que spectaculaire, ce n’est pas la première attaque des Houthis en mer Rouge. Depuis la mi-novembre, les rebelles ont initié pas moins de 26 attaques dans cette zone, selon l’armée américaine. Les rebelles yéménites qui disent apporter leur soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza ciblent des navires de marchandises associés à Israël. Après la prise d’otages des 25 membres d’équipage du navire Galaxy Leader le 19 novembre 2023, les États-Unis ont réuni une coalition d’une vingtaine de pays, dont la France et le Royaume-Uni, pour protéger le détroit stratégique de Bab El-Mandeb. Cette route maritime essentielle pour les navires commerciaux permet de rallier l’Asie à l’Europe : 12% du commerce mondial y transite. Or, depuis mi-novembre, le trafic local des porte-conteneurs a chuté d’environ 70%. Les armateurs prudents sont désormais obligés de passer par le cap de Bonne-Espérance, à la pointe de l’Afrique, entrainant une hausse des prix du trafic maritime.

 

Livraison d’armes aux Houthis

 

La résolution dénonce aussi les violations à « large échelle » de l’embargo sur les armes à destination des Houthis. Selon le dernier rapport d’experts du Conseil de Sécurité, les rebelles yéménites « renforcent considérablement leur capacité militaire terrestre et navale, y compris sous-marines, ainsi que leur arsenal de missiles et de drones, en violation de l’embargo ». Parmi les principaux fournisseurs d’armes aux Houthis, on compte l’Iran. Cette relation diplomatique ne date pas d’hier. David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’IRIS et rédacteur en chef de Stratégiques Orients, explique qu’ « au fil des dernières années, surtout à partir de 2015, la milice des Houthis est devenue une sorte de proxy iranien au Yémen via son obédience confessionnelle chiite, même s’il ne s’agit pas du même chiisme, et cela l’a indexé sur l’agenda géopolitique de Téhéran en lui offrant des opportunités d’actions potentiellement déstabilisatrices sur la Mer Rouge ».

 

Un risque d’embrasement de la région

 

Entre une situation toujours plus tendue entre Israël et le Hezbollah libanais, et les récurrentes attaques houthistes en mer Rouge, le risque d’embrasement de la région s’accroît. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU se dit « très inquiet » des « risques d’escalade d’un conflit plus large au Moyen-Orient ».  Selon David Rigoulet-Roze, « Il y a une logique de riposte systématique, mais qui est pour l’instant calibrée, calculée. Simplement on n’est pas l’abri d’un accident qui pourrait devenir incontrôlable et entrainer une réaction en chaine. (…) Pour l’instant on est dans une logique de guerre hybride. Il n’y a pas le souhait d’une déflagration régionale globale, parce que chacun sait que le coût serait extrêmement lourd avec des résultats incalculables ».

C’est ce qu’essaye d’éviter Anthony Blinken en parcourant le Moyen-Orient dans le cadre de sa quatrième tournée diplomatique. Il s’est rendu en Arabie Saoudite pour trouver une solution afin de « dissuader » les Houthis de poursuivre leurs attaques. Mais malgré le soutien saoudien envers le gouvernement yéménite depuis le début de la guerre civile en 2015, le prince héritier Mohammed ben Salmane essaye d’extraire son pays de ce conflit qui n’en finit plus. Des négociations sont en cours depuis plusieurs mois avec les forces rebelles et ils n’ont pas rejoint la coalition internationale. David Rigoulet-Roze explique que bien « l’Arabie saoudite de MBS ne souhaite pas que la situation dégénère (…) il n’a pas jugé bon d’être partie prenante de la coalition maritime établie le 18 décembre dernier par les Etats-Unis pour éviter de donner l’impression de s’aligner sur ce qui pourrait être perçu comme la défense d’intérêts occidentaux et de s’associer à des pays soutenant Israël ».

Anthony Blinken rencontre aujourd’hui le président égyptien Al-Sisi. C’est la dernière étape de son périple diplomatique.

Kanumera Creiche

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