« L’escalade, c’est celle de la Russie ! » : échange musclé entre Jean-Noël Barrot et le sénateur communiste Pascal Savoldelli

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot et le sénateur communiste Pascal Savoldelli ont eu une altercation ce 5 mars, au sujet du plan européen d'investissement de 800 milliards d'euros dans l'industrie de l'armement.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est la deuxième fois en moins de 24 heures que le ton monte au Sénat entre le groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste – Kanaky (CRCE-K) et le ministre des Affaires étrangères. Hier, à l’occasion d’un débat sur la situation en Ukraine, sa présidente Cécile Cukierman avait dénoncé les « accents guerriers » dans les interventions de ses collègues, mais également les appels au réarmement de la part de l’Europe et de la France. « Vouloir surarmer l’Ukraine, même en cas de paix comme le projette Emmanuel Macron et le gouvernement, est une hérésie », avait-elle lancé.

Son intervention avait piqué au vif le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, qui avait alors invité « chacun à ne pas reproduire la rhétorique du Kremlin ». « Cécile Cukierman a dénoncé pendant toute son intervention la brutalité de Donald Trump et des États-Unis, mais n’a eu aucun mot pour dénoncer la brutalité de Vladimir Poutine qui s’est rendu coupable de crimes de guerre », a-t-il répondu.

« Le président de la République fera-t-il le choix de l’escalade militaire, ou celui d’un calendrier de la paix ? » demande le sénateur Pascal Savoldelli

La scène s’est rejouée ce mercredi 5 mars, à l’occasion des questions au gouvernement. Le sénateur communiste Pascal Savoldelli a estimé que la situation actuelle marquait « l’échec d’avoir cru à la guerre, et à ses souffrances, comme unique issue ». « Le président de la République fera-t-il le choix de l’escalade militaire, ou celui d’un calendrier de la paix », a-t-il interrogé, à quelques heures d’une allocution de l’Élysée. Il a également demandé si le gouvernement approuvait le plan von der Leyen, à 800 milliards d’euros, à savoir « une Europe de la défense qui achète encore et toujours des armes américaines ».

Nouvelle réponse teintée d’indignation de la part de Jean-Noël Barrot. « L’escalade, ce n’est pas celle des Européens ou des Ukrainiens. L’escalade, c’est celle de la Russie ! N’ayons aucune indulgence […] L’agresseur dans cette affaire, c’est la Russie de Vladimir Poutine et il n’y en a pas d’autre », a répliqué le locataire du Quai d’Orsay.

Le plan de 800 milliards d’euros des Européens est une « opportunité historique » selon le ministre

Dans les pas du Premier ministre, Jean-Noël Barrot a assuré que la « préférence européenne » en matière de matériel militaire serait « une priorité française ». « Les 800 milliards de Mme von der Leyen, nous comptons bien en faire l’opportunité historique du développement d’une base industrielle et technologique de défense européenne ». Quant à l’autre question du sénateur sur une sortie de l’Otan, le ministre a indiqué que ce n’était « ni la politique, ni l’objectif » du gouvernement.

Lors de sa réplique, Pascal Savoldelli s’est dit « étonné » par la réponse du ministre, qu’il a jugée « un peu haineuse et fausse ». « J’ai parlé de l’odieuse agression de Poutine », s’est défendu le parlementaire. L’élu du Val-de-Marne s’est indigné que les commandes militaires soient « assurées par l’endettement public ». « Les Français ne veulent pas de la guerre », a-t-il lancé.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

President Trump Hosts Team USA Olympians at White House
4min

International

États-Unis : « Cette guerre en Iran sera le moment où les historiens dateront la fin de l'ère américaine »

Alors qu'Israël a modifié unilatéralement le plan de paix pour Gaza et que l’accord sur le détroit Ormuz n'a pas impliqué les États-Unis, la question de l’influence réelle de Donald Trump sur la situation au Moyen-Orient revient avec insistance. Décryptage de ce recul de l’influence américaine avec Romuald Sciora, chercheur associé et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.

Le

The party officially nominates Flavio Bolsonaro as its candidate for president of the republic in the 2026 elections.
10min

International

Élection présidentielle au Brésil : « Flávio Bolsonaro reste, à mon sens, un candidat relativement faible » 

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil se tiendra le 4 octobre, un duel entre le président sortant, Lula, et Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, se dessine. Entre le camp progressiste et une extrême-droite décomplexée, le duel s’annonce disputé et le résultat pourrait être contesté. Décryptage des enjeux de la campagne et du scrutin avec Thomas Zicman de Barros, chercheur associé au CEVIPOF et spécialiste du Brésil.

Le

Trump
5min

International

Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure que les négociations reprennent, l’Iran dément

Le président des Etats-Unis a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran. Une information démentie par la République islamique. Malgré cela, le prix du baril de pétrole a reculé après ces annonces.Pour Donald Trump, l’obtention d’un succès diplomatique pourrait s’avérer cruciale dans la perspective des élections de mi-mandat.

Le