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Smoke rises from buildings hit in an Israeli airstrike in Tyre, Lebanon, Wednesday, Oct. 23, 2024. (AP Photo/Mohammad Zaatari)/XHM102/24297312089152//2410231050

Liban : un sommet international organisé à Paris pour assurer l’aide humanitaire et œuvrer à un cessez-le-feu

Ce 24 octobre, Emmanuel Macron ouvrira une conférence de soutien au Liban, en présence notamment du Premier ministre Najib Mikati et du secrétaire général des Nations unies. L’objectif est de mobiliser la communauté internationale, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah a déjà fait 1 500 victimes et près d’un million de déplacés.
Rose-Amélie Bécel

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À l’initiative du président de la République, une « conférence internationale de soutien au peuple et à la souveraineté libanaise » se tiendra à Paris, ce jeudi 24 octobre. Plus de 70 pays devraient participer au sommet, qui s’ouvrira par un discours d’Emmanuel Macron, en présence notamment du Premier ministre libanais Najib Mikati et du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

Un appel urgent au cessez-le-feu

Premier objectif de la conférence, explique l’Élysée, « rappeler notre engagement politique pour un cessez-le-feu au Liban et fédérer la communauté internationale à cet égard ». Il y a trois semaines, lors de l’assemblée générale de l’ONU à New-York, la France et les Etats-Unis avaient déjà été à l’initiative d’une proposition de cessez-le-feu temporaire de 21 jours entre Israël et le Hezbollah.

Cette première proposition n’avait pas été appliquée, mais la France continue de pousser pour un arrêt urgent des combats, qui ont déjà fait plus de 1 500 victimes, selon un décompte de l’AFP, et environ un million de déplacés, selon un bilan des autorités libanaises repris par l’ONU. Ce 21 octobre, sur LCI, le ministre des Armées Sébastien Lecornu mettait en garde contre un risque d’effondrement du pays et de « guerre civile imminente ».

Concrètement, pour la France, les termes du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah doivent reprendre ceux de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Actée pour mettre fin à la précédente guerre entre les deux belligérants en 2006, elle précise que seuls les casques bleus et l’armée libanaise doivent être déployés au sud du Liban, à la frontière avec l’Etat hébreu.

Un sommet marqué par l’absence du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken

À cet égard, Paris doit tout de même faire avec un autre acteur de poids dans la résolution du conflit : les Etats-Unis. Amos Hochstein, envoyé spécial du président Joe Biden au Liban, a en effet fait savoir que le respect de cette résolution 1701 n’était « pas suffisant », et a transmis à Beyrouth les nouvelles exigences israéliennes pour un cessez-le-feu : pouvoir survoler l’espace aérien libanais et avoir la possibilité d’envoyer des troupes au sol pour empêcher le réarmement du Hezbollah.

Si les Etats-Unis seront bien représentés au sommet de Paris, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken ne sera pas présent. Signe d’un froid qui s’installe entre la France et les Etats-Unis dans la résolution du conflit ? « Nous avons des contacts étroits et nous espérons que la présence américaine à cette conférence permettra de marquer le soutien des Etats-Unis », assure l’Elysée en amont de la conférence, précisant que l’absence d’Antony Blinken tient « à des questions d’agenda ».

L’annonce de contributions financières attendue

Autre sujet pressant qui devrait être discuté lors de ce sommet : l’aide humanitaire. Au début du mois d’octobre, l’ONU avait déjà lancé un appel pour récolter 426 millions de dollars afin de soutenir les déplacés. Plusieurs pays devraient annoncer des contributions financières lors du sommet, confirme l’Elysée, notamment la France : « Nous espérons que cela permettra de couvrir l’appel fait par les Nations unies ».

Comme son nom le laisse entendre, la conférence de ce 24 octobre doit aussi confirmer le soutien de la communauté internationale à la « souveraineté libanaise ». L’objectif est notamment de renforcer les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieures. « La question qui se pose est celle d’un déploiement plus important des forces armées au sud du Liban, qui est l’objet d’incursions et de frappes israéliennes. Plusieurs mesures sont envisagées, en matière d’équipement, de soutien financier, mais aussi de formation », explique l’Elysée.

L’appel renouvelé à un « renforcement des institutions » libanaises, toujours en crise

Enfin, ce renforcement de la « souveraineté libanaise » doit aussi passer, selon Paris, par un « renforcement des institutions ». Le pays est en effet en proie à une grande instabilité politique, sans chef d’Etat depuis le départ de Michel Aoun de son poste sans successeur en octobre 2022. Depuis, le gouvernement est chargé des affaires courantes et n’a donc pas de véritable pouvoir d’action.

« Emmanuel Macron a appelé les responsables libanais à la responsabilité plusieurs fois, pour résoudre l’équation présidentielle et gouvernementale. Il faut constater que les responsables libanais n’ont pas réussi à surmonter leur blocage, c’est leur responsabilité qui est en cause », fait savoir l’Elysée.

Depuis l’explosion du port de Beyrouth en 2020, le président de la République a plusieurs fois appelé à la fin des blocages politiques dans le pays, en vain. Le sommet de ce 24 octobre sera donc aussi l’occasion de voir si la voix de la France est toujours écoutée.

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