North Korea Russia
Russian President Vladimir Putin attends the talks with North Korea's leader Kim Jong Un in Pyongyang, North Korea, Wednesday, June 19, 2024. (Gavriil Grigorov, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)/XAZ134/24171250710596/POOL PHOTO/2406190902

Médias bloqués : « La Russie met sur le même plan des médias indépendants et des médias de propagande publics, c’est inacceptable », alerte RSF 

Ce 25 juin, le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie a publié une liste de 81 médias européens désormais bloqués sur le sol russe. La Russie évoque des « contre-mesures » après l’interdiction de plusieurs médias pro-Kremlin dans l’Union européenne.
Henri Clavier

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Les interdictions édictées par le gouvernement russe touchent un grand nombre de médias, de la presse écrite à la télévision, le magazine allemand Der Spiegel ou le groupe d’audiovisuel public italien, la RAI sont par exemple bloqués. Parmi les médias français, Le Monde, Libération, L’Express, La Croix ainsi que les chaînes Arte, LCI et CNews, ou encore l’Agence France Presse ont été bloqués par Moscou. Certains médias comme RFI faisaient déjà l’objet d’un blocage sur le sol de la fédération de Russie. « Certains sites mentionnés dans cette liste étaient déjà interdits en Russie, c’est notamment le cas du site de RSF. Néanmoins, il existe la possibilité de créer, avec RSF, des sites miroirs afin de permettre aux personnes en Russie d’accéder aux médias bloqués », explique Jeanne Cavelier, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale à Reporters sans frontières. 

Une réaction à l’interdiction, dans l’Union européenne de médias de propagande 

La diplomatie russe avait promis des représailles après la décision du Conseil de l’Union européenne, d’interdire 4 médias russes (Voice of Europe, RIA Novosti, Izvestia and Rossiyskaya Gazeta) considérés comme des relais de la propagande du Kremlin. Ces « contre-mesures » font suite à la réponse « très douloureuse » promise par la diplomatie russe. « Encore une fois, la Russie évoque une fausse symétrie en parlant de « contre-mesures » puisque les médias russes ciblés n’étaient pas indépendants. La Russie met sur le même plan des médias indépendants et des médias de propagande publics, c’est inacceptable », rappelle Jeanne Cavelier. 

En réponse, la commissaire européenne aux Valeurs et à la Transparence, Vera Jourova, propose d’élargir le champ des sanctions contre la Russie et d’inclure « l’interdiction du financement russe des médias, des ONG et des partis politiques de l’UE ». Par ailleurs, les journalistes travaillant pour les différents médias bloqués ne devraient plus pouvoir travailler en Russie. « Il n’est pas, légalement, interdit pour les journalistes de se rendre en Russie. Cependant, cette liste devrait être prise en compte pour refuser les accréditations aux journalistes travaillant pour ces médias », note Jeanne Cavelier. Ces accréditations, indispensables pour exercer le métier de journaliste en Russie, permettent de pousser à l’autocensure, ces dernières devant être renouvelées tous les trois mois auprès de l’administration.

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