Menace de Trump sur l’Otan : « Si les Russes veulent être menaçants pour l’Europe, ce n’est pas pour aujourd’hui, c’est dans 5 ou 6 ans »

Dimanche 11 février, l’ancien président américain Donald Trump affirmait qu’en cas de réélection, les Etats-Unis ne viendraient pas au secours si une agression devait avoir lieu contre un pays membre de l’OTAN. Davantage un bluff qu’une réelle éventualité, pour le général Dominique Trinquand.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Je ne vous protégerai pas. En fait, je les encouragerai à vous faire ce qu’ils veulent, vous devez payer vos dettes », a déclaré l’ancien président des Etats-Unis et grand favori du camp républicain pour l’élection présidentielle de 2024. Des propos qui ont sidéré au sein des membres de l’OTAN, notamment les pays frontaliers de la Russie, qui s’inquiètent d’un possible retour au pouvoir de Donald Trump, déjà très critique envers l’OTAN lors de son premier mandat. En cause, la contribution aux dépenses de l’Otan jugée insuffisante par les conservateurs américains.

 « Il est capable de dire tout et son contraire en l’espace de 24 heures » 

« Trump a fait du Trump dans un État qui est la Caroline du Sud, sans doute le plus conservateur et républicain, les électeurs viennent là comme au cirque », explique Dominique Trinquand qui tempère directement les propos de Donald Trump. Des propos électoralistes selon le général, capables de contenter la base républicaine conservatrice relativement hostile au multilatéralisme. Avec ces propos, Donald Trump « se positionne comme un mafieux » estime Dominique Trinquand. « Il est capable de dire tout et son contraire en l’espace de 24 heures », avance néanmoins le général en insistant sur le caractère versatile de l’ancien président américain. 

Malgré cela, selon Dominique Trinquand, l’équation est plus compliquée qu’elle n’y paraît. « C’est déjà ce qu’il disait avant le 24 février 2022, mais aujourd’hui les Européens paient et sont en train d’augmenter leur puissance militaire, Poutine a ressuscité l’OTAN », avance Dominique Trinquand. La France et l’Allemagne ont considérablement augmenté leurs budgets militaires à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine. Un rappel qui permet de poser la question en d’autres termes, les Etats-Unis peuvent-ils se passer de l’OTAN ? 

« On doit se réarmer, s’organiser, se préparer comme pilier européen de l’OTAN »

Pour le général Trinquand, l’OTAN reste un élément de la puissance américaine et avance que « les trois quarts des Européens ne veulent pas que les Etats-Unis s’en aillent, on doit se réarmer, s’organiser, se préparer comme pilier européen de l’OTAN ». Dominique Trinquand insiste sur la nécessité pour les Européens de ne pas dépendre du « balancier américain entre Républicains et Démocrates », alors que l’on assiste à un rééquilibrage des équilibres géopolitiques. Malgré les propos de Trump, qui pourraient directement concerner les pays Baltes, convoités par la Russie, Dominique Trinquand doute de l’imminence du danger. « Si les Russes, qui n’ont pas réussi en Ukraine, veulent être menaçants pour l’Europe, ce n’est pas aujourd’hui, c’est dans 5 ou 6 ans », avance l’ancien général. « La défense européenne autonome est une nécessité, mais elle doit se faire dans le cadre de l’OTAN », conclut Dominique Trinquand.

Dans la même thématique

Israel Palestinians
5min

International

Gaza : « Empêcher une population civile de se nourrir, au même titre que tirer dessus, est un crime de guerre »

À Gaza, une distribution d’aide alimentaire a viré à l’émeute jeudi, faisant une centaine de morts, selon le Hamas qui accuse l’armée israélienne d’avoir ouvert le feu sur la foule. De son côté, la France réclame l’ouverture d’une « enquête indépendante ». Interrogé par Public Sénat, Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités, spécialiste de la question palestinienne, évoque « la situation de désespérance humanitaire » dans la bande de Gaza.

Le

MIDEAST-GAZA-KHAN YOUNIS-ISRAEL-STRIKES-AFTERMATH
6min

International

Guerre Israël-Hamas : « Le prix des otages a augmenté »

Tandis que le bilan humain à Gaza ne cesse de s'alourdir et qu’une distribution alimentaire a été meurtrière ce jeudi, les efforts diplomatiques se poursuivent en vue d’une nouvelle trêve entre Israël et le Hamas. Mais les contours d’un accord sont complexes, comme l’explique David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS) et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques (L’Harmattan).

Le

France Ukraine Conference
14min

International

Troupes au sol en Ukraine : le sénateur LR Cédric Perrin pointe les propos « très alambiqués et potentiellement dangereux » d’Emmanuel Macron

La France s’est retrouvée isolée au plan européen, après les propos d’Emmanuel Macron qui n’a « pas exclu » l’envoi de troupes occidentales en Ukraine. Au Sénat, ils sont accueillis froidement. « On ne peut pas faire de déclaration de guerre sans la soumettre au Parlement », a rappelé Gérard Larcher. Le sénateur PS Rachid Temal tient plutôt à « saluer l’initiative prise par le Président de réunir l’ensemble des Européens sur l’Ukraine » pour rappeler leur « soutien ferme ». Le président LR de la commission des affaires étrangères, Cédric Perrin, salue l’annonce par l’Elysée d’un débat sur l’Ukraine au Parlement.

Le