Menaces de Donald Trump de droits de douane sur les vins et champagnes français : « La France ne se laisse pas impressionner », lance Sébastien Martin

Dans la nuit de lundi à mardi, Donald Trump a menacé d’imposer une nouvelle surtaxe de 200% sur les vins et champagnes exportés par la France aux États-Unis. En cause ? Le refus de Paris de rejoindre son « Conseil de la paix », l’organe concurrent à l’ONU imaginé par le président américain. « La France s'honore d'être dans la tradition gaullienne d'affirmer face à un pays ami qu'il ne doit pas se comporter comme il le fait », assure ce mardi le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.
Théodore Azouze

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La France explicitement ciblée par Donald Trump. Dans la nuit de lundi 19 à mardi 20 janvier, le président américain a menacé d’imposer de nouvelles surtaxes sur certains produits hexagonaux exportés aux États-Unis. Celui-ci reproche à Emmanuel Macron de ne pas souhaiter rejoindre son nouveau « Conseil de la paix », organe censé concurrencer les institutions de l’ONU. « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes, et il y adhérera », a ainsi déclaré le dirigeant américain. « La France ne se laisse pas impressionner » par de tels propos, réagit ce mardi Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, invité de la matinale de Public Sénat.

Réponse européenne attendue

L’avertissement de Donald Trump s’ajoute à celui déjà lancé dans le week-end, lorsqu’il avait promis de surtaxer de 10% supplémentaires au 1er février les marchandises venues de huit pays européens, dont la France. La raison ? Leurs contestations de la position américaine vis-à-vis du Groenland, dont le milliardaire dit chercher à prendre le contrôle. Ce taux douanier pourrait même s’élever à 25% d’ici au 1er juin. « La menace n’est pas œuvre de diplomatie », regrette Sébastien Martin. « Au bout d’un moment, se comporter de la même manière quel que soit votre interlocuteur interroge même de la vraie ligne diplomatique des Américains. »

Si les menaces de Washington étaient bel et bien exécutées, le gouvernement français estime qu’une réponse doit être menée au niveau européen. Les récentes déclarations venues de la Maison-Blanche sur le Groenland avaient déjà incité Emmanuel Macron à évoquer dimanche le déploiement de « l’instrument anti-coercition », ce puissant outil de rétorsion commerciale à disposition de Bruxelles. Le sujet doit être évoqué jeudi lors d’un sommet extraordinaire des dirigeants des 27, dédié à la riposte de l’UE face à Washington.

À terme, ce mécanisme peut permettre de bloquer certains investissements américains sur le marché européen ou de restreindre les exportations du pays sur le continent. « L’avantage de l’arme anti-coercition, c’est un peu comme la dissuasion nucléaire : ça permet d’établir un rapport de force, et de dire à tout le monde qu’il est nécessaire de faire retomber la pression », développe Sébastien Martin.

SMS d’Emmanuel Macron révélé par Donald Trump

Tôt ce matin, Donald Trump n’a pas non plus hésité à publier sur son réseau Truth Social un texto de son homologue français, Emmanuel Macron. Dans ce message, le président de la République lui proposait notamment d’organiser jeudi un G7 à Paris, après la venue du milliardaire républicain au Forum économique de Davos (Suisse), mercredi. La révélation de ce SMS « est quand même assez surprenante », pointe Sébastien Martin. « Est-ce qu’on peut vraiment se comporter comme cela ? Je ne suis pas certain, surtout quand on est à la tête de la première puissance mondiale », poursuit le responsable.

Le ministre délégué a par ailleurs réaffirmé l’attachement de la France au multilatéralisme. Donald Trump exige en effet des pays souhaitant siéger de manière permanente dans son futur « Conseil de la paix » de payer un milliard de dollars afin de garantir leur place. « On ne peut pas imaginer les relations internationales comme faire partie d’un club privé, un club de poker avec un droit d’entrée », s’insurge Sébastien Martin. « La France s’honore d’être dans la tradition gaullienne d’affirmer face à un pays ami, partenaire, qu’il ne doit pas se comporter comme il le fait. » Lundi, le Quai d’Orsay avait rappelé à ce sujet l’« attachement » de la France « à la Charte des Nations unies ». 

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