Messe du pape à Marseille : Emmanuel Macron « y est à sa place », défend Valérie Boyer

Invitée de la matinale de Public Sénat ce vendredi 22 septembre, la sénatrice des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a estimé que les pays européens n’étaient plus en mesure d’accueillir les migrants qui traversent la Méditerranée. Le pape François, qui a fait de la défense des migrants l’un des grands axes de son pontificat, a également choisi de consacrer son déplacement dans la cité phocéenne à cette thématique.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Marseille accueille à partir de ce vendredi le pape François pour une visite de deux jours, essentiellement consacrée à la crise migratoire en Méditerranée. Le souverain pontife célébrera samedi une grande messe au Vélodrome, à laquelle Emmanuel Macron a prévu d’assister, ce qui n’a pas manqué de déclencher de vives critiques au sein de la classe politique. À gauche notamment, où l’on rappelle que la République « ne reconnaît aucun culte », selon la loi de 1905, mais à droite également où l’on dénonce une forme de récupération. « La messe, ce n’est pas un one man show, ce n’est pas un happening », a ainsi taclé en début de semaine Olivier Marleix, le patron des députés LR.

Invitée ce vendredi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Valérie Boyer, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône, s’est montrée plus nuancée : « Franchement, c’est sa place », a-t-elle commenté. « L’Eglise et la messe sont ouvertes à tous, croyants et non croyants. Emmanuel Macron accueille un chef d’Etat », explique cette ancienne filloniste qui assistera elle aussi à la célébration papale.

« Il n’y a pas d’humanité à accueillir des gens sous des ponts »

« L’actualité rattrape cette visite avec ce qu’il se passe à Lampedusa », note l’élue, favorable comme le reste de sa famille politique à une politique de grande fermeté sur les questions migratoires. La semaine dernière, cette petite île italienne, entre la Sicile et les côtes tunisiennes, a vu débarquer sur son sol quelque 12 000 voyageurs étrangers en provenance d’Afrique. « Nous avons le devoir de faire cesser cette situation, aussi bien pour les pays d’immigration que pour ceux qui reçoivent ces clandestins », estime Valérie Boyer. Elle espère ainsi que l’héritier du trône de Saint-Pierre parlera « aussi de ceux qui reçoivent les migrants et souffrent de ces migrations. »

« Les Européens sont exemplaires dans la façon dont l’accueil se fait. Nous sommes face à une situation inédite, nous n’avons jamais eu autant de personnes qui viennent sur notre sol sans y avoir été invitées, qui ne sont pas des réfugiés politiques, qui choisissent de venir chez nous pour des raisons économiques. »

« Il y a une souffrance des migrants, mais je n’oublie pas la souffrance des personnes qui les accueillent, le poids économique que cela représente pour notre pays. On a parlé récemment de 55 milliards d’euros », poursuit la sénatrice. « La situation n’est plus tenable ni sur le plan humain, ni sur celui de l’intégration. Il n’y a pas d’humanité à accueillir des gens sous des ponts, des bretelles d’autoroute, dans les rues ou sous les portes cochères des immeubles. Je ne vois pas où est l’humanité à faire cela. »

Nouvelle escalade dans le Haut-Karabagh

Valérie Boyer espère également que le pape François aura un mot pour les Arméniens. L’Azerbaïdjan a lancé mardi une opération militaire dans le Haut-Karabagh, région qu’elle dispute depuis des décennies à l’Arménie. « Nous devons aussi être émus par ce qu’il se passe en Arménie, le premier royaume chrétien du monde », martèle la sénatrice qui évoque « la mise en place d’une ‘solution finale’ par l’Azerbaïdjan à l’égard des Arméniens. » « Venir à Marseille sans parler de l’Arménie n’est pas possible ! », conclut Valérie Boyer.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Messe du pape à Marseille : Emmanuel Macron « y est à sa place », défend Valérie Boyer
4min

International

Guerre au Moyen-Orient : « l'Europe ne pas rester passive », alerte cet eurodéputé espagnol

L’Union européenne se maintient dans une position défensive au Moyen-Orient alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran s’intensifie. Donald Trump aimerait que les Européens interviennent pour rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz, mais les 27 refusent et demandent d’abord un cessez-le-feu. La stratégie européenne au Moyen-Orient, c’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et sur Public Sénat, le samedi à 16h30.

Le

Messe du pape à Marseille : Emmanuel Macron « y est à sa place », défend Valérie Boyer
4min

International

Guerre en Iran : « La question, c’est de produire plus vite » du matériel militaire, estime le sénateur Rachid Temal (PS)

Au lendemain des annonces de Sébastien Lecornu sur l’augmentation des commandes de munitions, les sénateurs Christian Cambon (LR) et Rachid Temal (PS), tous deux membres de la commission des Affaires étrangères, appellent à renforcer les capacités militaro-industrielles du pays. Alors que la France épuise rapidement ses missiles pour défendre ses alliés contre les drones iraniens, l’enjeu est de « produire plus vite » selon le socialiste.

Le

APTOPIX Lebanon Israel Iran War
8min

International

Des troupes américaines au sol déployées au Moyen-Orient ? « Ce serait une nouvelle escalade, dont il serait très difficile de redescendre »

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue d’embraser le Moyen-Orient. Alternant entre volonté de négocier et avertissements rageurs, Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur ses intentions quant à la suite de la guerre. Le président américain s’est de nouveau exprimé en marge du conseil des ministres ce jeudi. D’après la presse américaine, le Pentagone réfléchirait à une opération terrestre pour prendre le contrôle d’îles iraniennes dans le golfe Persique. Un épisode qui marquerait une nouvelle montée en tension dans la région.

Le