Mort de l’opposant russe Alexeï Navalny : « Une peine de mort à petit feu », dénonce le sénateur Christian Cambon

Principal adversaire politique de Vladimir Poutine, l’opposant russe Alexeï Navalny est mort ce vendredi dans une prison de l’Arctique. Au micro de Public Sénat, le sénateur LR Christian Cambon, spécialiste des questions internationales, condamne la brutalité de la Russie.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Russie a annoncé ce vendredi 16 février la mort de l’opposant russe Alexeï Navalny, incarcéré depuis janvier 2021 et condamné à une peine de prison de 19 ans pour « extrémisme ». « Ce qui vient de se passer il y a trois heures, à savoir le décès de Navalny, ne va évidemment pas arranger les choses puisque c’est pour nous tous un choc absolument terrible. C’est une sorte de peine de mort à petit feu qui lui a été infligée, lui qui représentait un symbole », a réagi le sénateur Christian Cambon, ancien président de la commission des affaires étrangères, au micro de l’émission « Extra local » sur Public Sénat.

Une « conclusion effroyable »

Alexeï Navalny, 47 ans, identifié depuis plusieurs années comme le principal adversaire politique de Vladimir Poutine, avait survécu à une tentative d’empoisonnement en 2020, attribuée par de nombreux commentateurs au Kremlin, et pour laquelle il avait été longuement soigné en Allemagne. À son retour en Russie, début 2021, il avait été immédiatement interpellé par les services russes.

Moscou n’a donné aucune indication sur les causes de la mort d’Alexeï Navalny, indiquant simplement qu’il a été pris d’un malaise soudain au retour d’une promenade. L’opposant avait été transféré en décembre dans le centre pénitentiaire n°3, une prison de l’Arctique réputée pour être l’une des plus sévères du système carcéral russe. « On ne connaît toujours pas les raisons de sa mort, mais on peut se douter que ce ne sont pas les bons soins qui lui ont été procurés qui ont [empêché] cette triste fin », raille Christian Cambon.

« Nous n’avions déjà pas beaucoup confiance lorsque nous avons su qu’il avait été expédié au-delà du cercle arctique pour purger 19 ans de peine. Malheureusement, c’est la conclusion effroyable de l’attitude de la Russie. Je pense que cela ne va pas servir au réchauffement de nos relations », conclut le sénateur.

Les réactions internationales se multiplient depuis l’annonce du décès d’Alexeï Navalny, dans un contexte d’enlisement du conflit russo-ukrainien. L’ONU a exprimé son « indignation » dans un communiqué, réclamant « la fin des persécutions en Russie ». Emmanuel Macron a également fait part de sa « colère et [de son] indignation ». « Dans la Russie d’aujourd’hui, on met les esprits libres au goulag et on les y condamne à la mort », a écrit le président de la République sur le réseau social X.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Friedrich Merz meets Emmanuel Macron
5min

International

Conseil des ministres franco-allemand : Merz-Macron, « un tandem claudiquant »

Emmanuel Macron reçoit ce jeudi, son homologue allemand, à la veille d’un conseil de défense et de sécurité. Organisé à Toulon, l’événement réunit dix ministres de chaque gouvernement, afin d’évoquer les grands sujets du moment entre Paris et Berlin : défense, commerce, énergie. Mais entre un gouvernement français sur la sellette et un chancelier fragilisé dans sa coalition, les deux alliés historiques réussiront-ils à prendre des décisions ? Analyse du spécialiste des relations internationales et européennes, Patrick Martin-Genier

Le

Federal Chancellor Merz travels to Moldova
7min

International

« S’imposer en Moldavie est un moyen pour la Russie de peser sur la guerre en Ukraine » 

Emmanuel Macron est en visite ce mercredi en Moldavie, avec ses homologues allemand et polonais. Le président français soutient la présidente moldave pro-européenne face aux menaces d’ingérence russe, à un mois des élections législatives dans ce petit pays frontalier de l’Ukraine. La Russie peut-elle faire basculer dans son giron la Moldavie, comme elle l’a fait avec la Géorgie ? Eléments de réponse avec le chercheur Florent Parmentier.

Le

DC: Senate Foreign Relations Hearing on Ambassador Nominations
6min

International

L’ambassadeur américain fustige le gouvernement français : “c’est terrifiant d’utiliser l’antisémitisme à des fins politiques”, réagit Bertrand Badie

L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, critique “l’absence d’action suffisante” du gouvernement contre l’antisémitisme. Des accusations qui suivent à quelques jours d’écarts celles du Premier ministre israélien. Le Quai d’Orsay dénonce des propos “intolérables” et convoque Charles Kushner. Analyse du spécialiste de relations internationales Bertrand Badie.

Le