Pentagon US Iran
Defense Secretary Pete Hegseth listens during a press briefing at the Pentagon, Monday, March 2, 2026, in Washington. (AP Photo/Mark Schiefelbein)/DCMS201/26061504181991//2603021558

« Nous nous battons pour gagner » : le gouvernement américain défend une intervention « précise » contre la menace nucléaire iranienne

Pour sa première conférence de presse depuis le déclenchement des frappes américaines contre l’Iran, le ministre américain de la défense Pete Hegseth a tenu à rassurer face au spectre d’une « guerre sans fin », comme en Irak ou en Afghanistan. Assumant de passer outre les règles du droit international, il a défendu une opération visant à détruire définitivement les infrastructures nucléaires iraniennes.
Christian Mouly

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Un discours offensif, volontiers agressif, aux accents patriotiques, mais qui a surtout valeur de justification devant l’opinion publique américaine et son armée. Le ministre de la défense Pete Hegseth a pris la parole devant la presse ce lundi 2 mars, quelques minutes après l’annonce de la mort d’un quatrième soldat américain depuis le lancement de l’opération « Fureur épique » contre l’Iran. « Nos soldats font un travail remarquable », a-t-il tenu à rappeler avant de lancer sa diatribe contre « la menace constante » iranienne.

Car si les Etats-Unis sont intervenus, c’est parce que l’« Iran a mené une guerre sauvage, unilatérale » contre l’Amérique et ses alliés, a accusé Pete Hegseth. « Nous n’avons pas commencé cette guerre, mais sous le mandat du président Trump, nous allons la finir », a-t-il lancé, comme une manière de justifier un conflit qui suscite la méfiance, sinon la réprobation, d’une majorité d’Américains, d’après les premiers sondages d’opinion.

« Cette guerre n’est pas sans fin »

De ce point de vue, le ministre de la défense a assuré qu’il s’agit d’une « opération létale, des plus précises de l’histoire », construite autour d’objectifs clairs. « Plus de règles stupides de combat, plus de bourbier visant à construire une nation, pas un exercice de construction de démocratie », a-t-il lancé, alors que Donald Trump a toujours affiché son opposition à tout engagement militaire prolongé à l’étranger.

Faisant référence aux précédents engagements américains dans la région, comme en Irak ou en Afghanistan, Pete Hegseth a promis que, cette fois, « cette guerre n’est pas sans fin, notre génération ne fera pas les mêmes erreurs et notre président non plus ». Selon lui, cette guerre est l’opposée de celles menées jusque-là : « Cette opération a un objectif décisif, dévastateur et clair : détruire la menace posée par les missiles, détruire la marine et pas de bombes nucléaires. »

Les Etats-Unis iront « aussi loin que nécessaire »

Concernant la possibilité de renverser le régime des Mollahs, en place depuis la Révolution islamique de 1979, le ministre s’est fendu d’une formule ambiguë : « Il ne s’agit pas d’une guerre pour changer un régime, mais le régime a bel et bien changé et le monde s’en porte mieux », a-t-il déclaré.

Sur la suite des opérations, il s’est montré particulièrement menaçant, mais a dit refuser de déclarer ouvertement « ce que nous sommes prêts à faire ou à ne pas faire ». S’il a assuré qu’aucun soldat américain ne se trouvait actuellement sur le territoire iranien, Pete Hegseth a affirmé que les Etats-Unis iraient « aussi loin que nécessaire ».

En attendant une potentielle intervention au sol, les Etats-Unis peuvent compter sur leur « supériorité aérienne » sur l’Iran, a poursuivi le chef d’état-major américain, le général Dan Caine. « L’impact combiné de ces frappes a abouti à l’établissement d’une supériorité aérienne locale. Cette supériorité aérienne renforcera non seulement la protection de nos forces, mais leur permettra également de continuer leur travail au-dessus de l’Iran », a-t-il déclaré.

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