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Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir célèbre l'adoption de la loi à la Knesset. (AP Photo/Itay Cohen)

Peine de mort ciblant les Palestiniens : la gauche française dénonce la loi « scandaleuse » votée en Israël

Au lendemain de l’adoption par Israël d'une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes meurtrières, de nombreux élus de gauche ont dénoncé une loi « raciste ». La sénatrice socialiste Laurence Rossignol évoque une « dérive fasciste ».
Christian Mouly

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C’est une loi qui inquiétait la communauté internationale depuis plusieurs jours. Elle a finalement été votée hier. La Knesset, le parlement israélien, a adopté lundi soir une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes », taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’aux Palestiniens reconnus coupables d’attaques anti-israéliennes meurtrières.

Le texte prévoit en effet que la peine capitale soit la sanction par défaut pour les Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. Il a été introduit par des députés d’extrême droite membres de la coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou.

Les pays européens l’ont condamné de manière unanime. Avant même le vote, Berlin, Londres, Paris et Rome soulignaient dans un communiqué commun le risque de voir cette loi « remettre en cause les engagements d’Israël en matière de principes démocratiques ».

« Dérive fasciste et suprémaciste »

En France, les dénonciations les plus virulentes sont venues des élus de gauche. « Cette loi raciste du gouvernement d’extrême droite israélien, réservant la peine de mort aux Palestiniens, n’est une surprise que pour ceux qui ont fermé les yeux ou couvert le génocide à Gaza et la colonisation continue de la Cisjordanie », a écrit sur X le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

Même son de cloche pour la sénatrice socialiste Laurence Rossignol. « C’est une infamie. Soutien aux 48 députés qui s’y sont opposés. Soutien à tous les Israéliens accablés et révoltés par la dérive fasciste et suprémaciste des gouvernants de leur pays », a-t-elle regretté sur X. « La décision honteuse et scandaleuse du Parlement israélien me révulse », a abondé le socialiste Jérôme Guedj, accusant le gouvernement de Benyamin Netanyahou de « (détruire) ce pays et ses valeurs ».

« Il y a du sang dans le champagne de Ben Gvir », le ministre israélien de la sécurité nationale qui a célébré l’adoption du texte avec ses collègues, a commenté l’eurodéputé et chef de Place publique Raphaël Glucksmann. « Ce n’est pas un mariage, mais un enterrement qu’il célèbre avec joie », a-t-il appuyé.

LFI dénonce un « apartheid judiciaire »

Le député de La France insoumise Éric Coquerel a quant à lui fustigé une « loi discriminatoire » et « une peine capitale raciste : pour des infractions similaires, les Palestiniens risqueront leur vie et les Israéliens la prison. » Sur X, son collègue insoumis Paul Vannier a parlé d’« apartheid judiciaire ».

Un qualificatif que LFI revendique depuis plusieurs années à propos du régime israélien. En juillet 2022, certains de ses députés, accompagnés d’élus communistes, avaient déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ». La résolution avait été rejetée par une majorité de députés.

(Avec AFP)

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