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Pourquoi la fin de la Seconde Guerre mondiale n’est pas toujours célébrée le 8 mai ?

Il y a 80 ans s’achevait la Seconde guerre mondiale. Si la plupart des pays européens, comme la France, retiennent la date du 8 mai, d’autres lui préfèrent celle du 5 ou le 9. Aux Etats-Unis, on célèbre également le 2 septembre, en lien cette fois avec la guerre du Pacifique. Explications.
Romain David

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Le 8 mai 2025, marque le 80e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Pour autant, cette date n’est pas nécessairement celle retenue par l’ensemble des anciens belligérants pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les combats, d’un théâtre d’affrontements à l’autre, n’ont pas tous cessé au même moment, d’autant qu’avec le jeu des décalages horaires, les différentes capitulations ne sont pas parvenues aux états-majors le même jour. Petit rappel sur qui fête quoi, et quand.

La chute de l’Allemagne nazie

La bataille de Berlin, qui marque la chute effective du IIIe Reich s’achève le 2 mai 1945 par la victoire des armées soviétiques sur les troupes allemandes. Cantonné dans le bunker de la Chancellerie, Adolf Hitler s’est suicidé deux jours plus tôt. Alors que les tentatives de négociations entre Goebbels et les Soviétiques échouent – l’ancien ministre de la Propagande du Reich meurt à son tour le 1er mai -, c’est finalement Helmuth Weidling, dernier commandant des défenseurs la ville, qui signe la reddition des soldats allemands.

Le 5 mai, une délégation allemande, composée de Hans-Georg von Friedeburg, commandant en chef de la marine de guerre allemande, et de Fritz Poleck, membre du Haut commandement des forces armées, bientôt rejoint par Alfred Jodl, chef de l’Etat-major allemand, arrive à Reims où le général Dwight Eisenhower a installé le quartier général des Forces alliés, à mi-chemin entre Paris et la frontière ardennaise. C’est donc dans la ville du sacre des rois de France, à l’intérieur d’un modeste lycée de briques rouges, que la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie est signée le 7 mai. Elle entre en vigueur le lendemain, 8 mai.

Furieux d’apprendre que la capitulation ne s’est pas faite à Berlin, Joseph Staline obtient la signature d’un second acte de capitulation dans la soirée du 8, mais cette fois dans la capitale allemande, à nouveau par des représentants du Haut commandement allemand, et en présence des forces soviétiques, américaines, britanniques et françaises qui sont sur place.

8 ou 9 mai ?

Le 8 mai devient donc la date officielle de la fin de la Seconde guerre mondiale dans la plupart des pays d’Europe. Même si la Russie choisit de retenir la date du 9, en raison du décalage horaire. En effet, l’acte de capitulation est signé vers 23 heures, mais il est déjà 1 heure du matin à Moscou. Pour leur part, les Pays-Bas et le Danemark retiennent plutôt le 5 mai, qui marque le début des pourparlers allemands. Notons que l’Italie fête la libération le 25 avril, ce qui correspond à la reprise des villes de Milan, Turin et Gênes par les partisans italiens et les Alliés.

En France, la loi du 7 mai 1946 fixe le 8 mai comme journée de la commémoration de la victoire de 1945. Ce jour devient férié en 1953, et le reste jusqu’en 1959, date à laquelle il est supprimé dans un contexte de rapprochement entre Paris et Berlin. Le site Vie publique indique qu’entre 1975 et 1981, la commémoration du 8 mai a été abandonnée au profit du 9 mai, pour faire concorder cette date avec le discours prononcé par Robert Schumann, alors ministre des Affaires étrangères, le 9 mai 1950 sur la construction européenne. La loi du 2 octobre 1981 a finalement réintroduit le 8 mai comme jour de commémoration férié.

2 septembre, le « Victory over Japan Day » aux Etats-Unis

Si le 8 mai marque officiellement la fin de la guerre pour la majeure partie du continent européen, les combats se poursuivent bien au-delà de cette date dans le Pacifique. Pour mémoire : le 7 décembre 1941, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie sont entrés en guerre contre le Japon, allié des nazis, après l’attaque surprise de Pearl Harbor, principale base navale américaine dans l’archipel d’Hawaï.

Dès 1943, le Japon qui a étendu son empire sur de nombreux territoires d’Asie du Sud-Est, marque le pas face aux forces alliées. Mais ni la prise d’Iwo Jima, ni la conquête américaine d’Okinawa en avril 1945 ne semblent déterminer Tokyo à capituler. L’administration américaine, qui multiplie les bombardements sur l’archipel, considère que les Japonais n’ont plus le choix et leur lance un premier ultimatum à l’occasion de la conférence de Postdam, en juillet 1945. Finalement, le refus des Japonais pousse le président Harry S. Truman à tester une nouvelle arme, tout juste mise au point. C’est ainsi qu’Hiroshima subit le premier bombardement nucléaire le 6 août, Nagasaki est frappé trois jours plus tard. On dénombre 150 000 morts. La sidération et l’effroi sont complets.

Dans la foulée, l’empereur Hirohito présente sa capitulation aux Américains, elle est acceptée le 14 août et sera officiellement signée le 2 septembre, sur un cuirassé stationné en baie de Tokyo. C’est ainsi que le 2 septembre est devenu le « Victory over Japan Day » aux Etats-Unis, le « jour de la victoire sur le Japon ». En revanche, les Japonais commémorent plutôt la journée du 15 août. Là aussi pour des raisons de décalage horaire, puisque la capitulation, validée le 14 par les Etats-Unis, n’a été annoncée par l’empereur à ses sujets que le 15.

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