President Biden Honoring the Teachers of the Year in Washington – 24 Apr 2023
President Joe Biden speaking at an event honoring the Teachers of the Year held in the Rose Garden of the White House. - Michael Brochstein / SOPA Images//SOPAIMAGES_WH_240424_teach_0297/Credit:SOPA Images/SIPA/2304251147

Présidentielle américaine 2024 :  « Depuis le début du mandat de Biden, personne n’a vraiment émergé »

Ce mardi 25 avril au matin, Joe Biden a annoncé, par le biais d’une vidéo, sa candidature à l’élection présidentielle américaine prévue en novembre 2024. Une candidature déjà évoquée depuis plusieurs mois.
Henri Clavier

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“Finissons le travail” ! C’est par ce slogan que Joe Biden a présenté sa candidature à sa réélection, quatre ans jour pour jour après le début de sa précédente campagne, comme pour poursuivre et conclure la bataille contre Donald Trump, lui aussi candidat déclaré. Rappelons qu’en 2020, Joe Biden avait fait campagne sur le slogan “sauver l’âme de l’Amérique”.

Âgé de 80 ans (81 en novembre), le président démocrate compte donc retourner dans l’arène politique pour renouveler son mandat. Si l’annonce de sa candidature ne faisait pas l’objet d’un important suspens, son âge peut représenter un doute ou une crainte. L’ancien vice-président de Barack Obama avait d’ailleurs, dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2016, émis l’idée de ne briguer qu’un seul mandat. Finalement battu, Joe Biden n’avait pas renouvelé l’idée d’un mandat unique, mais s’était présenté comme une réponse à un contexte particulier issu de quatre ans de présidence de Donald Trump.

L’âge de Joe Biden “était un obstacle”

Dès la fin de l’année 2021, alors que Joe Biden n’excluait pas de se présenter à l’élection présidentielle de 2024, ce dernier avait conditionné une telle démarche à une bonne santé. Malgré des sondages peu rassurants, le président américain cultive l’idée qu’il est en mesure de rassembler et de s’ériger en barrage à Trump comme cela avait été fait en 2020. “En 2020, il fallait faire barrage à la réélection de Trump et c’était l’idée que Biden faisait don de sa personne”, note Frédéric Heurtebize, maître de conférences en histoire et civilisation américaine à l’université Paris Nanterre. Une candidature peu surprenante juge Frédéric Heurtebize qui considère que “son âge était un peu un obstacle, sûrement l’aspect le plus problématique, mais en même temps il aurait été vraiment surprenant qu’un président américain ne se représente pas”. En février 2023, Joe Biden avait présenté des examens de santé rassurant afin d’éteindre les critiques de ses adversaires liées à son âge.

“Il y a encore peu de temps, beaucoup à gauche estimaient que Joe Biden était trop au centre”

Pourtant, notamment après avoir perdu la majorité à la chambre des représentants en novembre 2022, Joe Biden a pu faire l’objet de critiques dans son camp, “il y a encore peu de temps, beaucoup à gauche estimaient que Joe Biden était trop au centre”, rappelle Frédéric Heurtebize. Surtout, la candidature de Joe Biden s’impose comme une évidence puisque “force est de constater que depuis le début du mandat de Biden, personne n’a vraiment émergé”, analyse Frédéric Heurtebize. Deux candidats démocrates se sont tout de même déclarés, Marianne Williamson et Robert Kennedy Junior.

Annoncée comme une potentielle successeuse de Biden dès 2024, Kamal Harris, la vice-présidente des Etats-Unis, n’a pas été en mesure d’occuper le devant de la scène. “Kamal Harris a été assez transparente, même si le job est très exigeant. Mais, si Biden était réélu, il aurait intérêt à la reprendre en tant que vice-présidente et lui permettre d’occuper une place plus importante”, considère Frédéric Heurtebize.

Biden vs Trump II ?

Si le candidat démocrate devrait donc être Joe Biden, le doute subsiste concernant le candidat républicain. Néanmoins, malgré son inculpation, Donald Trump fait encore figure de favori selon Frédéric Heurtebize puisque “pour l’instant, Trump a face à lui Nikki Haley qui a peu de chances mais pourrait se retrouver sur son ticket. Il y a aussi Ron DeSantis, mais il fait du Trump sans Trump”. Sur une ligne politique similaire à celle de Donald Trump, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis ne bénéficie pourtant pas du même “capital sympathie” que Donald Trump. Par conséquent, cette situation ne fait que renforcer l’idée d’un Joe Biden rempart contre Donald Trump, comme il avait pu l’être en 2020.

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