Chile Election
Presidential candidate Jose Antonio Kast of the Republican Party, accompanied by his wife Maria Pia Adriasola, waves to supporters after early results in the general elections in Santiago, Chile, Sunday, Nov. 16, 2025. (AP Photo/Esteban Felix)/XNP168/25321043552081//2511170222

Présidentielle au Chili : 35 ans après la fin de la dictature de Pinochet, l’extrême droite pourrait revenir au pouvoir

Les candidats de droite et d'extrême droite réunissent 70 % des voix lors de ce premier tour de l’élection présidentielle chilienne malgré l’arrivée en tête, avec 26,85 %, de la candidate communiste de la coalition de la gauche, Jeannette Jara. Mais elle dispose de peu de réserves de voix comparée au candidat d’extrême droite José Antonio Kast qui récolte 23,92 % des suffrages.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Ce dimanche 16 novembre se tenait le premier tour de l’élection présidentielle chilienne. Comme en 2021 c’est la gauche radicale qui est arrivée en tête, incarnée cette fois-ci par la candidate communiste Jeannette Jara, à 26,85 %, suivie par l’extrême droite de José Antonio Kast, à 23,92 % et de Franco Parisi à 19,71 %. Après 20 ans d’alternance politique, Jeannette Jara, l’ex-ministre du travail et de la protection sociale, de l’actuel président, Gabriel Boric, souhaite poursuivre ses efforts avec de nouvelles réformes sociales. Victorieuse de la primaire de la gauche, en juin dernier, la candidate de 51 ans est la première communiste issue des classes populaires à pouvoir devenir présidente du Chili.

Pourtant son adversaire, José Antonio Kast, la talonne et le report des voix semble être en sa faveur. Après avoir obtenu son ticket pour le second tour, qui aura lieu le 14 décembre, il exulte « la troisième est la bonne ». Certaines circonstances jouent en la faveur de l’admirateur de Pinochet pour sa troisième candidature à l’élection présidentielle. Les candidats de droite et d’extrême droite ont réuni 70 % des voix lors de ce premier tour, des voix qui pourrait s’unir autour du candidat du Parti Républicain, le 14 décembre. D’autant plus que Franco Parisi, 3e de ce premier tour, avait soutenu Kast en 2021. Le candidat aux nombreux propos misogynes et xénophobes appuie également sur le bilan mitigé du président sortant, Gabriel Boric, qui après les élections constituantes avait dû recentrer son gouvernement et sa politique, en faveur des sociaux-démocrates, dont Jeannette Jara a fait partie.

Cependant, elle peut tout de même en tirer quelques victoires, qui pourront jouer en sa faveur lors du second tour. Elle a mis en place une réduction du temps de travail (de 45 à 40 heures par semaine), une augmentation du salaire minimum (+ 50 %) et une réforme des retraites qui augmentait des pensions ainsi que des cotisations patronales, presque inexistantes jusqu’alors. En face, le député libertarien, Johannès Kaiser, ex-membre du parti de Kast, arrivé quatrième, avec 13,94 % des suffrages, lui a immédiatement apporté son soutien. Avant ce second tour décisif, le 14 décembre, Jeannette Jara a tendu la main à deux autres candidats de droite, dite plus modérée : l’économiste iconoclaste, comparé parfois à Javier Milei, Franco Parisi (19,71 %), arrivé troisième une seconde fois en deux élections et Evelyn Matthei, figure de la droite traditionnelle, arrivée cinquième (12,46 %). Le « populiste », comme on qualifie parfois Parisi, refuse la position de faiseur de roi et déclare dimanche soir : « J’ai une mauvaise nouvelle pour Jara et Kast : ils vont devoir aller chercher les voix dans la rue ». Les débats jusqu’à la veille du 14 décembre, se situeront sans doute autour de questions sociales, le Chili étant l’un des pays les plus inégalitaires d’Amérique latine, mais aussi autour de la sécurité. Bien que le Chili reste l’un des pays les plus sûrs de la région, le taux d’homicides a plus que doublé en dix ans pour atteindre 6 pour 100 000 habitants, tandis que les enlèvements ont bondi de 76 % en quatre ans, selon les autorités.

Oscar Lefèvre

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidentielle au Chili : 35 ans après la fin de la dictature de Pinochet, l’extrême droite pourrait revenir au pouvoir
4min

International

La présidentielle déjà ciblée par « une centaine d’opérations » numériques d’ingérences étrangères depuis cet été, indique Laurent Nuñez

Alors que le Sénat examine un projet de loi visant à muscler les outils de lutte contre les ingérences étrangères, le ministre de l’Intérieur rappelle que la France, à six mois de la présidentielle, est une cible de choix pour certaines puissances hostiles. Les sénateurs estiment toutefois que le texte proposé ne va pas assez loin.

Le

President Donald Trump Announces 2026 World Cup Draw
6min

International

L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis », affirme Romuald Sciora

Après l’accord signé samedi avec la Russie prévoyant l’importation de millions de tonnes de diesel russe, Donald Trump a appelé au départ de Volodymyr Zelensky de la présidence ukrainienne. Pour le chercheur Romuald Sciora, cet accord est davantage symbolique que stratégique. Il vise à nouer une alliance entre la Russie et les Etats-Unis.

Le

Présidentielle au Chili : 35 ans après la fin de la dictature de Pinochet, l’extrême droite pourrait revenir au pouvoir
6min

International

IA : « il y a un risque existentiel pour notre civilisation et notre démocratie », s’inquiète l'eurodéputé écologiste David Cormand

Comment garder le contrôle sur le développement de l’intelligence artificielle alors que les dérives liées à ces usages se multiplient et que la puissance des géants américains et chinois du numérique ne cesse d’augmenter face aux Etats ? L’Europe a-t-elle eu raison avant les autres en encadrant ses usages ? A-t-elle au contraire fait preuve de trop de prudence en se dotant d’un IA Act ? C’est le débat de la semaine dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le