Reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France : « C’est une faute politique, morale et sécuritaire » estime Christophe Gomart

Le 22 septembre dernier, Emmanuel Macron reconnaissait officiellement au nom de la France, l’Etat de Palestine. A l’instar de l’hexagone, ce ne sont pas moins de 16 pays européens qui ont fait ce choix. Un acte diplomatique qui relève de l’évidence, quand d’autres considèrent qu’il ne fait qu’aggraver la situation au Moyen-Orient. Un sujet brûlant débattu par les invités de l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat (tous les samedis à 16h30).
Robin Jeangerard

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Avec la reconnaissance de l’Etat palestinien, le Président français a commis une triple faute pour Christophe Gomart, député du Groupe PPE.  « C’est une faute politique parce que ça vient alors que les conditions ne sont pas réunies, une faute morale parce qu’il donne raison au Hamas (…) et enfin c’est une faute sécuritaire car il arrive à mettre à dos la population française », rappelant par la même occasion qu’une majorité de français désapprouve une telle reconnaissance dans certains sondages.

L’Union européenne en retard sur le sujet

Un acte diplomatique qui n’est en rien isolé sur la scène internationale, comme le souligne le député européen de gauche, Marc Botenga. « La grande majorité du monde a déjà reconnu la Palestine, depuis très longtemps, 80%, donc l’Europe est vraiment à l’arrière garde », et affirme que « pendant des années nous avons sponsorisé, soutenu un colonialisme israélien illégal ».

Des déclarations auxquelles le parlementaire français et ancien directeur du renseignement militaire s’est opposé. Pour lui, s’il existe bien « un peuple palestinien » il n’y a pas d’Etat constitué conforme à la définition de la Convention de Montevideo sur le droit et les devoirs des Etats, car la Palestine n’aurait pas de gouvernement clair ni de territoire bien défini. « Mahmoud Abbas n’a pas été élu depuis 2009, il a refusé l’élection. C’est un pays totalement corrompu, donc avec qui discute-t-on ? ».

« Appliquons les mêmes règles à Israël, qu’on appliquerait à d’autres pays »

La commission a annoncé plusieurs sanctions contre l’Etat hébreu et notamment la suspension de l’accord commercial et l’arrêt de l’aide bilatérale. Pour le député du groupe de la Gauche Marc Botenga, « ces sanctions ne sont qu’un début. En fait, ce qu’on va faire, c’est enlever certains privilèges, donc on n’est pas vraiment en train de sanctionner Israël », plaide-t-il. Il suggère par conséquent d’exploiter pleinement le levier du commerce, de bloquer les transits d’armes sur le Vieux Continent, et d’imposer un embargo à l’Etat israélien.

Une position contestée par Christophe Gomart qui juge que si « tout le monde est pour » une amélioration de la situation humanitaire à Gaza, les sanctions ne résoudront rien, pire, elles risquent de radicaliser encore un peu plus les positions du premier ministre israélien. « On a pris des sanctions contre l’Iran, est-ce que ça a changé la donne ? non. On a pris des sanctions contre la Russie, est-ce que ça a changé la donne ? non. ». Pour l’ancien patron du renseignement militaire français, la libération des otages et l’organisation d’élections libres restent la seule solution à la sortie de crise. Des élections impossibles à tenir comme le dit Marc Botenga tant que les bombes pleuvent sur Gaza.

Retrouvez l’émission en intégralité ici.

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