Protests Against The Regime In Iran
January 10, 2026, Tehran, Iran: Iranian protesters demonstrate in Tehran, Iran. The nationwide protests started in late December at Tehran’s Grand Bazaar in response to worsening economic conditions. They then spread to universities and other cities, with the slogans evolving from economic grievances to political and anti-government demands. (Credit Image: © Social Media via ZUMA Press Wire)/20260110_zih_i98_010/ZEUS/2601102150

Répression en Iran : la condamnation française trop timide ?

Deux semaines après le début des manifestations contre le régime islamique, le bilan de la répression ne cesse de monter. Selon les ONG, le bilan dépasse désormais les 600 morts, alors que certaines sources évoquent plusieurs milliers de tués. Ce mardi, le ministre des Affaires étrangères a annoncé la convocation de l’ambassadeur iranien à Paris.
Steve Jourdin

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La France est-elle dépassée par les évènements ? Quinze jours après le début des manifestations contre le régime, la voix de la France peine à se faire entendre. Ce lundi, sur X, Emmanuel Macron a « condamné la violence d’État qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens ». Quelques heures plus tôt, le chef de l’Etat avait appelé le régime à « la retenue ». Sans résultat : ces dernières heures, des centaines (des milliers selon certaines sources) de manifestants ont été tuées par le régime.

« On nous accuse de faire de grandes déclarations pour peu de résultats, et quand on fait des déclarations on nous accuse de ne rien faire » regrette-t-on au Quai d’Orsay. Ce mercredi devant les députés, le ministre des affaires étrangères a annoncé la convocation de l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’État qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques ». Œil pour œil, dent pour dent ? Lundi, l’ambassadeur français à Téhéran a été convoqué par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par Paris aux manifestants.

 

Des ripostes attendues

Et maintenant ? « Des sanctions vont être prises contre le régime » souffle un diplomate français. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis que de nouvelles mesures allaient être « rapidement » proposées aux 27. Au total aujourd’hui, quelque 230 personnes, dont plusieurs ministres, et une quarantaine d’entités font déjà l’objet de sanctions européennes pour violations des droits humains.

Faut-il inscrire les Gardiens de la révolution iranienne dans la liste des organisations terroristes, comme le proposent plusieurs eurodéputés ? « A ce stade, cela n’aurait pas d’effet utile », estime une source diplomatique, qui considère que cela ne changerait pas la donne sur le terrain. Des sanctions commerciales ou financières sont par ailleurs déjà en place, dont une interdiction d’exporter des armes ou des biens à double usage (civil et militaire), ou des produits susceptibles d’être utilisés dans le cadre d’activités liées à l’enrichissement nucléaire. Une interdiction d’importer d’Iran du pétrole brut, du gaz naturel ainsi que des produits pétroliers et pétrochimiques est également en vigueur.

 

La carte Reza Pahlavi

Reste à savoir jusqu’où la France souhaite aller dans son opposition au régime. « A ce stade, il faut maintenir la pression, tout en restant ouvert au dialogue », juge un diplomate. Ce mardi, dans un entretien publié dans le Figaro Magazine, Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, a regretté cette « posture d’apaisement vis-à-vis du régime iranien », alors que Donald Trump promet de continuer à soutenir les manifestants et envisage l’option militaire.

Quid des otages français en Iran ? Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France à Téhéran, « vont bien » selon leur entourage. Certaines sources évoquaient leur retour dans le courant du mois de janvier, ce que refuse de confirmer le Quai d’Orsay. Les autorités iraniennes ont laissé entendre qu’ils pouvaient être autorisés à repartir en échange d’une ressortissante iranienne Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025 et dont le procès pour apologie de terrorisme s’est ouvert ce mardi au tribunal correctionnel de Paris.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Répression en Iran : la condamnation française trop timide ?
4min

International

La présidentielle déjà ciblée par « une centaine d’opérations » numériques d’ingérences étrangères depuis cet été, indique Laurent Nuñez

Alors que le Sénat examine un projet de loi visant à muscler les outils de lutte contre les ingérences étrangères, le ministre de l’Intérieur rappelle que la France, à six mois de la présidentielle, est une cible de choix pour certaines puissances hostiles. Les sénateurs estiment toutefois que le texte proposé ne va pas assez loin.

Le

President Donald Trump Announces 2026 World Cup Draw
6min

International

L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis », affirme Romuald Sciora

Après l’accord signé samedi avec la Russie prévoyant l’importation de millions de tonnes de diesel russe, Donald Trump a appelé au départ de Volodymyr Zelensky de la présidence ukrainienne. Pour le chercheur Romuald Sciora, cet accord est davantage symbolique que stratégique. Il vise à nouer une alliance entre la Russie et les Etats-Unis.

Le

Répression en Iran : la condamnation française trop timide ?
6min

International

IA : « il y a un risque existentiel pour notre civilisation et notre démocratie », s’inquiète l'eurodéputé écologiste David Cormand

Comment garder le contrôle sur le développement de l’intelligence artificielle alors que les dérives liées à ces usages se multiplient et que la puissance des géants américains et chinois du numérique ne cesse d’augmenter face aux Etats ? L’Europe a-t-elle eu raison avant les autres en encadrant ses usages ? A-t-elle au contraire fait preuve de trop de prudence en se dotant d’un IA Act ? C’est le débat de la semaine dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le