Soldats ukrainiens : la formation en Europe est-elle assez efficace ?
60 000 soldats ukrainiens ont déjà été formés sur le sol européen grâce à la Mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine. Une mission que les Etats membres souhaitent prolonger, mais une note diplomatique relève un manque de réalisme dans les formations. Des ajustements sont prévus. Explications.
« Il est impératif de former les soldats des forces armées ukrainiennes sur les équipements qu’ils utiliseront plus tard au combat ». La phrase est tirée d’une note non définitive du service européen pour l’action extérieure de l’Union européenne (consultée par Euractiv.fr) et elle résume bien les remontées de terrain. Les formations dispensées aux militaires ukrainiens sur le sol européen seraient trop éloignées des conditions de combats.
En Ukraine, les soldats utilisent du matériel hétérogène datant parfois de l’ère soviétique, du matériel dont ne disposent pas les pays formateurs. Résultat, les militaires doivent compléter leur formation une fois retournés en Ukraine ce qui rendrait vain l’objectif de la mission. Les doctrines et les procédures apprises sont aussi différentes de celles utilisées en Ukraine, ce qui peut poser des problèmes quand les troupes retournent sur le terrain.
Des remontées tout à fait normales selon Cyrille Bret chercheur à l’Institut Jacques Delors : « C’est la base de la vie militaire. Les entraînements sont les plus réalistes possibles, pour répéter, mais il n’y en a aucun qui est fidèle à la réalité. C’est pour cela que les soldats passent leur temps à s’entraîner. Dans le cas de l’Ukraine, c’est exacerbé car depuis l’invasion surprise aucun combat ne s’est déroulé comme les deux ennemis l’avaient prévu. »
Former à la guerre dans des pays en paix
La note du service européen pour l’action extérieure de l’UE souligne aussi que « les modèles de formation sont façonnés par les normes de temps de paix de la formation occidentale. » Dans la plupart des pays européens, les armées se concentrent principalement sur la lutte contre le terrorisme en zone urbaine. La hiérarchie est aussi très différente. « Dans les grandes armées européennes, en France, en Allemagne, au Danemark, tout est programmé, administré, c’est différent de l’Ukraine où l’armée se construit au fil de la guerre, » complète Cyrille Bret.
Des différences palpables notamment dans les formations aux drones très précieuses pour l’Ukraine. « Les dronistes français ont une foultitude de drones capables de faire de la reconnaissance, de la furtivité, alors que les Ukrainiens ont uniquement besoin de ces drones pour les combats. C’est la différence entre un pays en paix et un pays en guerre, » complète le chercheur.
Une refonte en cours
Les remontées de terrain permettront tout de même de refondre la Mission d’assistance militaire de l’UE en soutien à l’Ukraine. Les ministres des affaires étrangères et de la défense de l’Union se réunissent d’ailleurs cette semaine, de manière informelle, pour en discuter. Ils devront aussi répondre à une demande de Kiev, qui aimerait que les formations soient réalisées en Ukraine ou dans une région frontalière, pour des questions de logistique ; une idée qui est loin de faire l’unanimité chez les Etats membres.
Beaucoup d’inconnues entourent encore l’explosion simultanée de milliers de bipeurs appartenant au Hezbollah, opération pour le moment non-revendiquée. Mais un faisceau d’indices concordent pour attribuer l’attaque aux services de renseignement israéliens, dans un contexte où les tensions à la frontière entre Israël et le Liban s’intensifient.
Après des semaines de négociations avec les États membres, Ursula von der Leyen a dévoilé ce 17 septembre les noms des personnalités qui l’entoureront lors de son nouveau mandat à la tête de la Commission européenne. Les profils des 27 nouveaux commissaires ont directement été recommandés par les États membres, puis validés par Ursula von der Leyen. Les candidats aux postes devront encore être auditionnés au Parlement européen, qui validera leur nomination par un vote. Comment se compose ce nouveau collège de commissaires ? De quel portefeuille la France hérite-t-elle ? Certaines personnalités risquent-elles d’être retoquées par les eurodéputés ? Décryptage. La parité, enjeu central dans l’attribution des portefeuilles de commissaires Signe des difficultés rencontrées par Ursula von der Leyen pour former cette nouvelle équipe, l’annonce de sa composition a finalement été reportée d’une semaine. Un retard qui n’a rien d’exceptionnel, souligne Francisco Roa Bastos, maître de conférences en sciences politiques à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne : « La composition de la Commission européenne est toujours un exercice compliqué, parce qu’il faut satisfaire plusieurs logiques, de géographie, de parité, en plus des exigences des différents États membres. » Cher à Ursula von der Leyen depuis son premier mandat, c’est notamment le critère de parité qui semble avoir donné du fil à retordre à la présidente de la Commission. « Lorsque j’ai reçu les premières propositions de nomination des États membres, nous avions 22 % de femmes et 78 % d’hommes. Vous imaginez bien que c’était tout à fait inacceptable », a-t-elle déploré à l’occasion d’une conférence de presse. Finalement, le collège proposé comporte 40 % de femmes. Une répartition non-paritaire, compensée toutefois par l’attribution de quatre des six postes clés de vice-présidents de la Commission à des femmes. « Ursula von der Leyen a su faire de cet enjeu de parité un élément de négociation important dans la répartition des portefeuilles entre les différents États membres », observe Francisco Roa Bastos. Sommés de proposer le nom d’une femme pour le poste, les pays qui ont joué le jeu – notamment la Bulgarie, la Slovénie et la Roumanie – se voient en effet attribuer « des portefeuilles importants », estime-t-il. Les socialistes obtiennent un poste clé, un proche de Meloni nommé vice-président Par ordre d’importance, après Ursula von der Leyen, c’est d’ailleurs l’Espagnole Teresa Ribera qui hérite du poste le plus influent. La socialiste, ministre de la Transition écologique dans le gouvernement de Pedro Sanchez, est nommée vice-présidente de la Commission et prend en charge le portefeuille de la concurrence. Un rôle central. « Elle guidera les travaux pour que l’Union européenne reste sur les rails du Pacte vert, de la décarbonation et de la réindustrialisation », a détaillé Ursula von der Leyen. Pourquoi la présidente de la Commission européenne, membre de la droite européenne du PPE, a-t-elle attribué ce poste de premier plan à une socialiste ? « Elle a été fine stratège », estime Francisco Roa Bastos : « Avec la nomination de Teresa Ribera, il va être plus difficile pour les eurodéputés socio-démocrates de contester la composition globale du collège de commissaires, au risque de voir ce poste leur échapper ». Deuxième force politique du Parlement derrière le PPE, le groupe S&D aura en effet un rôle central à jouer dans la validation par un vote de ce nouveau collège de commissaires. Le profil de Teresa Ribera pourrait ainsi calmer les critiques venues de la gauche quant à la nomination d’un autre vice-président : Raffaele Fitto. Le choix de l’Italien, ministre des Affaires européennes au sein du gouvernement de Giorgia Meloni, est en effet vivement contesté par les eurodéputés de gauche, opposés à la nomination d’une personnalité d’extrême droite à la Commission. « La France sort affaiblie de cette séquence » Enfin, côté français, le bilan de ces nominations semble contrasté. Après la démission fracassante du commissaire européen Thierry Breton, victime de ses relations exécrables avec Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron a finalement proposé la candidature de Stéphane Séjourné. Le ministre démissionnaire des Affaires étrangères obtient une place de choix dans ce nouveau collège : un poste de vice-président, chose que Thierry Breton n’avait pas obtenue, ainsi qu’un portefeuille dédié à la « prospérité » et à la « stratégie industrielle ». « Grâce à sa position de vice-président, Stéphane Séjourné aura une position importante et transversale au sein de la Commission, que n’avait pas Thierry Breton. Mais son portefeuille n’inclut que la politique industrielle, on peut regretter qu’il n’intègre pas des éléments de politique commerciale, notamment la concurrence », analyse Elvire Fabry, chercheuse senior à l’institut Jacques Delors. Pour Francisco Roa Bastos, la nomination de Stéphane Séjourné peut même être vue comme une « rétrogradation » par rapport au poste occupé par Thierry Breton. Sans pouvoir s’occuper des politiques centrales de concurrence, attribuées à Teresa Ribera, l’influence de Stéphane Séjourné pourrait selon lui être « limitée », comparée à celle que pouvait avoir Thierry Breton. « C’est assez clair pour tous les observateurs, la France sort affaiblie de cette séquence », tranche Francisco Roa Bastos. Pour être confirmé à son poste, le nouveau commissaire français devra dans tous les cas se soumettre au vote des eurodéputés. Un soutien qui ne semble pas acquis dans le camp des eurodéputés français. « Stéphane Séjourné hérite d’un portefeuille clé, avec possiblement plusieurs commissaires expérimentés sous ses ordres. Avec quelle expertise ? Il va se faire manger et l’influence française va payer l’addition », a par exemple raillé l’eurodéputé Les Républicains Céline Imart, auprès de l’AFP.
La société américaine qui possède Facebook, Instagram et WhatsApp a annoncé, lundi 16 septembre, expulser le groupe Rossia Segodnia, dont fait partie Russia Today (RT), et plusieurs autres médias soutenus par Moscou. Objectif : limiter leurs activités d'ingérence sur les réseaux sociaux. Ces derniers jours, les autorités américaines avaient déjà mis en place certaines mesures contre ces organes de presse.
La présidente de la Commission européenne a annoncé les noms des 27 commissaires européens, un pour chaque État membre. Une composition négociée dans la douleur, notamment en France, où la candidature de Stéphane Séjourné a remplacé en dernière minute celle de l’influent commissaire sortant Thierry Breton.