« Trump est un agent de Poutine », estime le général Yakovleff, ancien dirigeant de l’OTAN

Invité de la matinale de Public Sénat, le général Yakovleff a développé une « théorie personnelle » faisant de Donald Trump un agent de Poutine, au sens propre ou au sens d'un « idiot utile » du Kremlin.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Trump joue très clairement le jeu de Poutine » estime d’emblée le général Michel Yakovleff, après la scène surréaliste qui a vu Trump « se payer » Zelensky dans le bureau ovale. « C’était trop beau pour être vrai, c’était un piège tendu par Trump parce qu’il déteste Zelensky », ajoute l’ancien vice chef d’Etat-major du SHAPE, quartier général des forces de l’OTAN en Europe.

D’après lui, un cessez-le-feu « aurait pu intervenir plus tôt si Trump s’était mis dans un véritable mode de négociation avec Poutine » et le processus en cours a peu de chances d’aboutir à une « paix durable » : « Une paix ça présuppose un accord politique. Je pense qu’il y aura un cessez-le-feu à un moment ou à un autre, et qu’il durera 70 ans comme en Corée. Il n’y a pas de paix durable avec Poutine, non. »

Le général Yakovleff compare la situation avec celle de la France en 1871, qui avait cédé l’Alsace-Lorraine à la Prusse et estime que les Ukrainiens ne seraient pas prêts à accepter une telle « perte de souveraineté. »

« Une troisième guerre mondiale se rapproche si tous les cons restent aussi cons »

Plus qu’un soutien des Etats-Unis à la Russie, le général développe « une théorie personnelle » plus forte : « Trump est un agent de Poutine. » Et d’ajouter : « Qu’il soit tenu personnellement je ne sais pas, mais il est convaincu, stockholmisé. Ils ont recruté Trump sur son ego, il ne faut pas oublier que Poutine était un recruteur de formation au KGB. Des informations disent que Trump avait un nom de code qui est Krasnov, mais même s’il n’est pas agent retourné au sens juridique du terme et que c’est juste un convaincu, il est ce que Lénine appelait les idiots utiles : lui il est très idiot et très utile. Même s’il agit comme ça par conviction personnelle, le Kremlin dirige Washington aujourd’hui. »

Cet « alignement américain sur les thèses russes » est un fait géopolitique majeur pour l’ancien dirigeant de l’OTAN, qui reste sceptique sur la situation internationale : « Une troisième guerre mondiale se rapproche si tous les cons restent aussi cons. On est sur une trajectoire de collision si on ne touche à rien. Donc il faut que quelqu’un touche à quelque chose. Soit Poutine se met à atterrir, soit l’Amérique, soit l’Europe… »

À cet égard, le général Yakovleff estime que les efforts budgétaires nécessaires à la construction d’une défense européenne imposent « de changer de modèle social pour se payer la défense dont nous avons besoin dans un monde qui n’est plus le même qu’il y a 30 ans. » Sans aller jusqu’au partage de la dissuasion nucléaire française à toute l’Union européenne, le débat ouvert par Emmanuel Macron et Friedrich Merz est intéressant d’après lui : « La dissuasion ne se partage pas. Emmanuel Macron reste dans le flou, c’est tout l’intérêt de l’ambiguïté stratégique. »

Partager cet article

Dans la même thématique

President Trump Hosts Team USA Olympians at White House
4min

International

États-Unis : « Cette guerre en Iran sera le moment où les historiens dateront la fin de l'ère américaine »

Alors qu'Israël a modifié unilatéralement le plan de paix pour Gaza et que l’accord sur le détroit Ormuz n'a pas impliqué les États-Unis, la question de l’influence réelle de Donald Trump sur la situation au Moyen-Orient revient avec insistance. Décryptage de ce recul de l’influence américaine avec Romuald Sciora, chercheur associé et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.

Le

The party officially nominates Flavio Bolsonaro as its candidate for president of the republic in the 2026 elections.
10min

International

Élection présidentielle au Brésil : « Flávio Bolsonaro reste, à mon sens, un candidat relativement faible » 

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil se tiendra le 4 octobre, un duel entre le président sortant, Lula, et Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, se dessine. Entre le camp progressiste et une extrême-droite décomplexée, le duel s’annonce disputé et le résultat pourrait être contesté. Décryptage des enjeux de la campagne et du scrutin avec Thomas Zicman de Barros, chercheur associé au CEVIPOF et spécialiste du Brésil.

Le

Trump
5min

International

Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure que les négociations reprennent, l’Iran dément

Le président des Etats-Unis a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran. Une information démentie par la République islamique. Malgré cela, le prix du baril de pétrole a reculé après ces annonces.Pour Donald Trump, l’obtention d’un succès diplomatique pourrait s’avérer cruciale dans la perspective des élections de mi-mandat.

Le