South Korea – U.S. President Donald Trump Departure Gimhae Air B
30 OCT 2025 - Gimhae, South Korea: (This photos handout) U.S. President Donald Trump, departure at Gimhae Air Base in Gimhae, South Korea on October 30, 2025. Trump is meeting Xi for the first time since taking office for his second term, following months of growing tension between both countries. (Photo by: Yonhap News/POOL/Handout via Sipa USA)/65145473/Youngho Lee/2510301330

Trump-Poutine : vers une nouvelle guerre des étoiles ?

Ce jeudi, au cours de sa visite diplomatique en Asie, Donald Trump a ordonné la relance des essais d'armes nucléaires des Etats-Unis, interrompus depuis plus de 30 ans. Une décision qui comporte actuellement peu de détails concrets, et qui s’inscrit dans le cadre d’un rapport de force avec Vladimir Poutine. Le chef du Kremlin avait annoncé quelques heures plus tôt le développement de nouvelles armes atomiques russes.
Steve Jourdin

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Une annonce encore floue

 

Le retour de la guerre froide ? L’annonce de Donald Trump de reprendre les essais nucléaires est en tout cas symbolique, puisqu’en 1992 les Etats-Unis avaient décidé unilatéralement un moratoire sur leurs tests nucléaires.

« Les essais ont été arrêtés parce que les puissances ont estimé pouvoir maintenir leurs arsenaux par d’autres méthodes : modélisation informatique, essais non-explosifs (lasers, bancs d’essais, etc.) et coopération technologique (la France et le Royaume-Uni travaillent ensemble sur certains aspects) », précise le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU. « Ces approches permettent de s’affranchir d’essais nucléaires réels tout en garantissant la fiabilité des têtes et des systèmes. »

 

L’application concrète de la décision de Donald Trump reste néanmoins très incertaine. Ni calendrier, ni site d’essai n’ont été précisés.

« L’annonce de Trump fait la une de la presse américaine », observe le politologue André Kaspi. C’est un événement important, mais aussi révélateur d’un réflexe désormais bien connu : tout ce qui touche à Trump provoque une réaction immédiate. Cette décision s’inscrit avant tout comme une réponse directe aux déclarations de Vladimir Poutine sur le nouvel armement nucléaire russe. »

 

Une réponse à Vladimir Poutine

 

Quelques heures avant l’annonce américaine, Vladimir Poutine avait en effet vanté les mérites du Burevestnik, un missile de croisière à propulsion nucléaire, et du Poséidon, un drone sous-marin capable d’emporter une ogive atomique.

« Le propulseur nucléaire, c’est ça la vraie nouveauté ! », analyse Dominique Trinquant. « Au lieu d’une fusée avec un carburant classique, limitée en portée, le moteur nucléaire permettrait théoriquement un vol infini. L’engin pourrait tourner autour de la Terre et frapper n’importe où, à tout moment. »

Pour l’heure, seuls les Russes affirment avoir testé avec succès un tel système. Le Kremlin évoque un vol d’environ quinze heures, mais ces chiffres sont impossibles à vérifier de manière indépendante. Aujourd’hui, aucun pays au monde ne revendique la possession d’une telle arme.

La semaine dernière, Donald Trump a reporté sine die un projet de rencontre avec Vladimir Poutine, en expliquant ne pas souhaiter de discussions « pour rien » sur le dossier ukrainien. Dans la foulée, Washington a imposé de nouvelles sanctions sur les hydrocarbures russes. « Le dialogue entre les Etats-Unis et la Russie est au plus bas, on est dans l’escalade verbale et la tension ne cesse de monter » ajoute André Kaspi.

 

Des traités fragilisés

 

La rivalité entre Washington et Moscou intervient dans un contexte où les grands accords de désarmement vacillent. « Le seul traité encore actif, c’est le New START, qui limite le nombre de têtes nucléaires américaines et russes. Il court jusqu’en février 2026, mais la Russie en a suspendu les inspections », rappelle Dominique Trinquant. « Si aucun nouvel accord n’est trouvé d’ici là, il tombera, et il n’y aura plus ni limitation, ni contrôle. »

Selon le dernier rapport annuel de l’Institut de recherche international pour la paix de Stockholm (Sipri), les Russes disposeraient de 5 489 ogives nucléaires contre 5 177 pour les Américains. La France en aurait, elle, 300. Mais derrière le duel de postures entre Washington et Moscou, l’ombre de Pékin plane également. « Il s’agit d’éviter qu’un troisième partenaire entre dans la danse nucléaire, en l’occurrence la Chine, qui a considérablement modernisé son arsenal ces derniers mois » précise André Kaspi. Le régime chinois disposerait actuellement de 600 ogives nucléaires.

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