Ukraine : « Une déportation massive d’enfants » en Russie, dénonce une association
19.000 enfants ont été identifiés jusqu’ici, mais le chiffre est certainement beaucoup plus élevé. Face à la situation, le Sénat a organisé un débat ce jeudi sur leur retour. C’est un acte « constitutif d’un crime de génocide », souligne Pierre Raiman de l’association « Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ».
Alors que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est en visite surprise ce jeudi à La Haye, aux Pays-Bas, où la Cour pénale internationale (CPI) a émis en mars un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour crime de guerre de « déportation illégale » d’enfants ukrainiens, le Sénat a justement débattu du sujet ce jeudi, sur le thème du retour de ces enfants.
Une question portée notamment par l’association « Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ». « On fait un constat alarmant, qui a été très bien exprimé par le sénateur André Gattolin (Renaissance) en séance, qui est le constat d’une déportation massive d’enfants. 19.000 sont identifiés, mais le nombre est sans doute plus important. Ils ont été déportés par divers biais vers la fédération de Russie depuis les zones occupées par l’armée russe. Ils ont été déportés sur ordre du président Vladimir Poutine et de la commissaire soi-disant aux droits de l’enfant, Maria Lvova-Belova, avec le concours de l’armée russe, donc avec une intervention constante de l’Etat dans ces déportations, qui est constitutive d’un crime de génocide, selon la convention pour la prévention des crimes de génocide », explique Pierre Raiman, secrétaire de l’association, en marge du débat au Sénat (voir la première vidéo de Mathis Arraez et Jérôme Rabier). Alors que les Russes évoquent eux-mêmes le chiffre de 700.000 enfants, il ajoute :
Nos amis ukrainiens disent qu’il faut compter probablement en dizaines de milliers, voire en centaines de milliers d’enfants, que nous n’avons pas identifiés.
Pierre Raiman
Le débat tenu ce jeudi au Sénat fait suite à une résolution qui a été portée par le sénateur André Gattolin. Elle a été adoptée à l’unanimité par le Sénat, le 17 avril dernier », explique Nadia Sollogoub, sénatrice centriste de la Nièvre et présidente du groupe d’amitié France-Ukraine. « Pour faire suite, nous avons eu un débat où de manière unanime, nous avons exposé notre révolte. C’est absolument indicible. La guerre, c’est une chose, c’est horrible, mais arracher des enfants de cette manière, c’est quelque chose d’insupportable », dénonce la sénatrice du groupe Union centriste. Regardez (interview de Quentin Calmet) :
« Après la paix viendra la justice. Et il faudra absolument que ces crimes soient qualifiés pour ce qu’ils sont : un génocide »
L’enjeu du mandat d’arrêt lancé par la CPI contre Vladimir Poutine est essentiel dans ce combat. « On est en train de parler de paix, mais après la paix viendra la justice. Et il faudra absolument que ces crimes soient qualifiés pour ce qu’ils sont : un génocide. Et l’urgence, c’est que ça cesse tout de suite », soutient Nadia Sollogoub, qui ajoute que « selon les informations qui (lui) reviennent, ça continue actuellement. Il faudra ensuite pouvoir localiser ces enfants et organiser leur retour. Là, il faut que toute la communauté internationale soit la voix de ces enfants ukrainiens, que pas un seul ne soit oublié ».
Pierre Raiman constate de son côté que « les choses ont bougé un petit peu. Quand nous avons commencé cette campagne l’été dernier, pratiquement personne ne parlait de ces déportations. Aujourd’hui, l’opinion internationale, en Europe et aux Etats-Unis, est de plus en plus avertie. […] Elle exerce une pression ».
Mais alors que « la fédération de Russie cherche à russifier ces enfants, à changer leur identité », Pierre Raiman souligne que « le temps ne joue pas pour nous. Il faut redoubler d’activité et c’est aussi le but de la discussion qui a eu lieu en séance ».
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