« Une défense européenne avec des soldats mélangés, ça ne marchera pas », affirme Christophe Gomart

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien général Christophe Gomart, désormais troisième sur la liste LR pour les européennes, livre sa vision de la défense, notamment européenne.
Henri Clavier

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« Il me semble qu’un Etat c’est d’abord le régalien », affirme sans détour le troisième sur la liste de LR pour les européennes. Interrogé sur la gestion des finances publiques par les gouvernements, l’ancien général et chef du renseignement militaire français plaide pour une forme de retour aux sources.

« À la fin de la loi de programmation militaire, nous aurons moins de chars, moins d’avions et moins de frégates qu’aujourd’hui »

« La défense reste la première raison d’être de l’Etat », martèle Christophe Gomart, qui juge que les questions militaires sont largement redevenues une priorité pour les Etats. Pour remettre la défense au centre du jeu politique, Christophe Gomart préconise de consacrer 3 % du PIB aux armées et à leur développement. Pour rappel, l’Otan recommande à ses membres d’allouer 2 % du PIB aux dépenses militaires. La loi de programmation militaire, adoptée en juin 2023 par le Parlement, doit porter les dépenses militaires de la France à 2 % du PIB d’ici 2025. Insuffisant pour le colistier de François-Xavier Bellamy qui fait le constat d’un monde de plus en plus dangereux. « À la fin de la loi de programmation militaire, nous aurons moins de chars, moins d’avions et moins de frégates qu’aujourd’hui », explique Christophe Gomart malgré la hausse historique des crédits alloués aux armées. Un effet principalement dû à la modernisation des équipements et l’augmentation de leur coût de production. Pour ces raisons, le numéro 3 sur la liste de LR aux européennes, souhaite aller plus loin que la LPM afin, aussi, de « créer des stocks ». « Qui veut la paix prépare la guerre », avance Christophe Gomart.

« Il y a nécessité pour les Européens de créer une véritable architecture de sécurité »

Si la défense est au cœur de « la raison d’être de l’Etat », juge Christophe Gomart, ce dernier plaide aussi pour un renforcement de la coopération militaire européenne. « Il y a nécessité pour les Européens de créer une véritable architecture de sécurité, un commandement intégré, un pilier européen au sein de l’Otan », note l’ancien chef du renseignement militaire. Selon l’ancien officier, les Européens doivent développer des capacités propres d’action et de commandement, mais au sein de l’Otan. Un renforcement de la coopération qui doit permettre de réduire la dépendance des Européens aux évolutions de la vie politique américaine. Pourtant, de nombreux États membres de l’Union européenne restent sceptiques quant à un renforcement de la défense européenne. « Tous ces pays européens sont addicts au parapluie américain », déplore Christophe Gomart. Malgré ce projet de « créer une architecture de sécurité européenne », Christophe Gomart exprime plus de réserves sur la création d’une armée européenne. « Une armée c’est national, il n’y a pas d’exécutif européen. Une défense européenne avec des soldats mélangés, ça ne marchera pas », tranche Christophe Gomart qui plaide donc pour un rapprochement des commandements sans mutualiser les armées européennes.

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