« Près de 100 millions d’Européens sont en risque de pauvreté et, ou d’exclusion sociale », affirme la vice-présidente de la Commission européenne

Si le niveau du chômage reste à un niveau historiquement bas dans la zone euro, à moins de 6 %, les entreprises voient leur avenir s’assombrir en raison du blocage du détroit d’Ormuz. L’emploi dans l’Union s’en trouvera-t-il impacté ? Comment réagit la Commission européenne face à la crise énergétique et au risque de pauvreté qui touche d’ores et déjà un européen sur cinq ? Caroline de Camaret recevait Roxana Mînzatu, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne dans l’émission Ici l’Europe.
Simon Nicolle

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Une directive sur l’activité des personnes sans emploi est actuellement à l’étude au sein de l’exécutif européen. Un projet qui a pour objectif de fixer dans tous les états membres des conditions minimales concernant les demandeurs d’emploi à qui un soutien est apporté. « Ce n’est pas qu’une question de formation, de compétences ou de soutien financier », pour la commissaire roumaine, dont le portefeuille inclus notamment l’emploi et les droits sociaux, « le plus important est de permettre d’accéder à des emplois de qualité ».

L’accès à des emplois de qualité

Au-delà de la directive, une loi sur les emplois de qualité est en préparation et sera proposée au Parlement en décembre. À travers ce texte, la Commission souhaite expliquer qu’aller vers une plus grande compétitivité et davantage de prospérité sur le Continent « doit se réaliser en soutenant des emplois de qualité et des salaires décents permettant de payer tous les coûts de la vie des personnes ». Roxana Mînzatu insiste sur la nécessité d’apporter un équilibre entre la dimension économique et sociale. « Une société forte contribue à une économie forte, l’un sans l’autre n’est pas possible. »

Un risque de pauvreté important

« Près de 100 millions d’Européens sont en risque de pauvreté et/ou d’exclusion sociale, soit près d’un Européen sur cinq. » avertit-elle. Alors que l’Union européenne élabore sa première stratégie de lutte contre la pauvreté, la vice-présidente exécutive de la Commission estime qu’il s’agit d’un signal politique fort de se doter d’un tel outil. Il permettrait de se fixer l’objectif de sortir cinq des dix-neuf millions d’enfants en risque de pauvreté.

Pourtant, à l’heure actuelle, aucun budget spécifique n’est encore alloué à cette stratégie et donc à la réalisation de l’objectif. Si le Fonds social européen actuel, de 2021 à 2027, disposait de 140 milliards d’euros afin d’améliorer les perspectives professionnelles, en particulier de ceux en situation de précarité ou d’exclusion. Il pourrait être revu à la baisse, autour de 100 milliards d’euros, en raison d’autres priorités politiques et économiques de l’Union. C’est tout l’enjeu de la négociation du cadre financier pluriannuel en cours entre le Parlement et les membres du Conseil européen ; de son montant dépendra celui alloué, in fine, au programme défendu par la commissaire.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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