Emmanuel Macron et Jean-Noël Barrot en novembre 2025 - Christian Liewig-pool/SIPA

Venezuela : la France « n’approuve pas la méthode » pour renverser Maduro, assure Emmanuel Macron en conseil des ministres

Emmanuel Macron a affirmé ce lundi en Conseil des ministres que la « méthode utilisée » par les Etats-Unis pour capturer le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n'était « ni soutenue ni approuvée » par la France. « Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a rapporté la porte-parole du gouvernement.
Aglaée Marchand

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Dissonance à la tête de l’État ? Les frappes américaines sur le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolás Maduro ont conduit le quai d’Orsay, par la voix de Jean-Noël Barrot, à condamner une opération militaire contrevenant « au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ». Mais de son côté, Emmanuel Macron, dans une réaction tardive, s’est contenté de se réjouir pour le peuple vénézuélien, « aujourd’hui débarrassé de la dictature ». De quoi s’attirer les foudres des forces politiques de gauche… et la republication par Donald Trump lui-même sur son réseau social. Malaise au sein de la classe politique, avec ces mots du président de la République qui semblent acter une rupture avec la tradition diplomatique française.

« Il faut voir ces différences de communication avec une continuité »

Le traditionnel conseil des ministres de rentrée ce lundi matin est, comme qui dirait, tombé à pic. L’occasion pour le locataire de l’Élysée de rectifier le tir. Dans son compte rendu à la presse, la porte-parole du gouvernement a tenu à rappeler « la position française qui est claire » : « D’une part, nous défendons le droit international et la liberté des peuples. La méthode employée n’est ni soutenue, ni approuvée. Deuxièmement, le départ de Maduro est une bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien. C’est un dictateur qui a confisqué sa liberté au peuple vénézuélien et volé les élections de 2024 ». Et d’ajouter : « La France soutient toujours la souveraineté populaire, [celle-ci] s’est exprimée lors des élections de 2024. Si transition il doit y avoir, alors le vainqueur de 2024 doit jouer un rôle central dans cette dernière ». Enfin, « nous continuerons à agir avec les pays de la région », a rapporté Maud Bregeon.

Quant aux communications du quai d’Orsay et d’Emmanuel Macron, celles-ci « forment un tout », a-t-elle assuré. « Jean-Noël Barrot n’est pas un ministre des Affaires Étrangères de cohabitation, et sa communication avait évidemment été vue, concertée et validée par le président de la République ». « Il faut voir ces différences de communication avec une continuité », a-t-elle encore poursuivi.

Et sur les critiques d’une supposée « soumission » de la France à Donald Trump ? « C’est effarant », a répondu Maud Bregeon. « Cela fait huit ans que le président de la République travaille à consolider cette force que doit être l’Union européenne en matière de défense, en matière économique, avec des résultats qui portent ses fruits. […] Il a été, sur ces sujets d’indépendance et de souveraineté vis-à-vis des États-Unis, la locomotive de l’Union européenne ». « Nous avons et nous défendrons toujours le droit international parce que c’est la condition pour la paix et la stabilité mondiale. Pour autant, il s’agit là d’un dictateur et nous le prenons en compte », a-t-elle continué, « On ne fait pas que condamner ou commenter ce qu’il s’est passé, […] nous avons une position de lucidité ».

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