Visite de Vladimir Poutine en Chine : « En ce qui concerne Poutine, il est allé voir son maître », estime Nicolas Tenzer 

Invité de la matinale de Public Sénat, le chercheur en géopolitique et enseignant à Sciences Po, Nicolas Tenzer livre son analyse de la visite de Vladimir Poutine en Chine. Une relation inégale selon le chercheur qui pointe la dépendance de la Chine envers la Russie.
Henri Clavier

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« Nous avons su approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et la coordination stratégique avec une persévérance inébranlable qui a résisté à mille épreuves », déclarait hier Xi Jinping à une agence de presse chinoise à l’occasion de la visite de Vladimir Poutine. Une rencontre cruciale pour le président de la fédération de Russie alors que la guerre en Ukraine, déclenchée en 2022, a accentué la dépendance de son pays à la Chine. « En ce qui concerne Poutine, il est allé voir son maître », résume Nicolas Tenzer, chercheur en géopolitique et enseignant à Sciences Po. 

« La Chine utilise la Russie quand ça l’intéresse » 

Seulement quelques jours après la visite du président des Etats-Unis en Chine, la visite de Vladimir Poutine devait permettre de renforcer les liens économiques et stratégiques entre les deux pays. Dans ce cadre, les sujets énergétiques occupent une place centrale alors que la Russie reste l’un des principaux exportateurs d’hydrocarbures et que la Chine, premier client de la Russie, voit une partie de son approvisionnement menacé par la situation dans le détroit d’Ormuz. 

Pourtant, le projet de gazoduc « Force de Sibérie 2 », qui doit offrir à la Russie un nouveau débouché pour son gaz après la fermeture du marché européen, reste enlisé à ce stade. « La Chine utilise la Russie quand ça l’intéresse. [La Chine] considère que la Russie est un instrument pour fracturer encore plus l’ordre international. S’il s’agit d’investir beaucoup, ce qui était le cas du projet de gazoduc, elle ne montre pas d’empressement », analyse Nicolas Tenzer. 

Des relations inégales entre les deux pays 

L’enlisement de ce projet qui pourrait permettre à la Russie de plus que doubler ses capacités d’exportation d’hydrocarbures vers la Chine illustre l’asymétrie des relations entre les deux Etats. En 2025, les importations russes n’ont représenté que 5 % des importations de la Chine tandis qu’un tiers des importations russes proviennent de la Chine. « Sur le plan économique, commercial s’il n’y avait pas les achats de pétrole à la Russie par la Chine, l’économie russe s’effondrerait encore plus », explique Nicolas Tenzer qui estime que l’économie russe « ne se relèvera pas ». Pour Nicolas Tenzer, la Russie, qui n’est capable d’exercer sa puissance que par l’action militaire, « est depuis très longtemps un astre mort ».

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