Cent soixante "hollandais", ministres, parlementaires et responsables locaux, appellent à voter pour Emmanuel Macron au second tour pour contrer Marine Le Pen, dans une tribune publiée lundi soir sur le site du Monde où ils défendent le bilan du quinquennat et leur "culture sociale-démocrate".
Considérant qu'"une victoire de Marine Le Pen conduirait inévitablement à une France divisée avec la violence au bout du chemin, à une France affaiblie économiquement au détriment des plus faibles, à une France isolée diplomatiquement dans le monde, à la fin de l’Union européenne", ils jugent de leur "devoir d’éviter ce cauchemar à notre pays, en votant pour Emmanuel Macron, qui peut préserver les chances de la France, dans un combat majeur".
Les ministres PS Stéphane Le Foll, Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin, Marisol Touraine, Myriam El Khomri, Christian Eckert ou l'écologiste Emmanuelle Cosse, et les ex-ministres François Rebsamen, Marie-Arlette Carlotti, Valérie Fourneyron figurent dans les signataires.
Les députés Sébastien Denaja, Erwann Binet, Sandrine Mazetier, Kader Arif, Dominique Raimbourg, Frédérique Massat, Dominique Lefebvre, Gilles Savary, Alain Claeys, Marie-Françoise Clergeau, Michèle Delaunay, Yves Durand, Luc Belot, Eduardo Rihan-Cypel ont entre autres paraphé le texte. Certains avaient soutenu Benoît Hamon à la primaire, d'autres Manuel Valls.
La ministre de la Santé Marisol Touraine, le 3 avril 2017 à Paris
AFP/Archives
Après avoir écrit que "Benoît Hamon a mené une campagne courageuse", ils font valoir qu'il est de leur "responsabilité" de se "rassembler au nom de l’urgence de la situation, des valeurs que nous portons, de l’action menée depuis des décennies au service des Français".
38 patrons de fédérations PS sont signataires ainsi qu'une vingtaine d'élus et cadres, tel le patron de la région Centre-Val de Loire François Bonneau ou le maire de Tulle Bernard Combes.
Les signataires défendent le "travail mené pendant cinq ans au service de la France et des Français, y compris l’effort indispensable de redressement", pointant "les résultats (...) création d’emplois,rétablissement des comptes publics et redémarrage de l’investissement".
"Nous revendiquons notre culture sociale-démocrate qui (...) vise à concilier l’économie de marché, les exigences écologiques, la réduction des inégalités, la démocratie sociale pour réduire les conflits et préserver les libertés individuelles", écrivent aussi les auteurs de la tribune.
Dans un tweet publié mardi matin, le sénateur Luc Carvounas a vertement critiqué cette initiative. "Se compter au sein du PS avec 160 signataires à peine quand le FN est aux portes du pouvoir n'est pas au niveau du rendez-vous historique", a-t-il estimé.
Sous couvert d'anonymat, un député socialiste ne se montre pas moins sévère. "C'est un texte +36.15 m'oubliez pas+", qui ressemble à une "contribution pour un Congrès", et qui permet de montrer que Manuel Valls dans sa tentative de "rassembler les sociaux-démocrates réformistes ne ramasse rien avec lui", a-t-il décrypté.
"C'est plus un texte anti-Valls qu'anti-Hamon qui n'est plus dans le film", a-t-il ajouté. Pour un troisième parlementaire, "à un moment où le parti tout entier appelle à voter pour Emmanuel Macron (à l'occasion d'un Bureau national extraordinaire lundi, NDLR) ça n'a pas une énorme importance"
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