Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France pour "l'acte VIII" de la mobilisation des "gilets jaunes" qui a parfois viré...
50.000 « gilets jaunes » mobilisés dans la rue, heurts à Paris et en province
Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France pour "l'acte VIII" de la mobilisation des "gilets jaunes" qui a parfois viré...
Par Eléonore DERMY et Nadège PULJAK avec les bureaux de l'AFP en régions
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France pour "l'acte VIII" de la mobilisation des "gilets jaunes" qui a parfois viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre, suscitant l'indignation du chef de l'Etat.
"Une fois encore, une extrême violence est venue attaquer la République - ses gardiens, ses représentants, ses symboles (...). Chacun doit se ressaisir pour faire advenir le débat et le dialogue", a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.
Sur le plan comptable, les "gilets jaunes" ont réussi leur pari en mobilisant bien plus que les 32.000 manifestants du 29 décembre, même si le ministre de l'Intérieur a assuré que ce mouvement n'était "pas représentatif de la France".
Christophe Castaner a également insisté sur la "détermination" du gouvernement face à cette contestation qui fait vaciller l'exécutif depuis un mois et demi.
Parmi les incidents ayant émaillé la journée, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dû être évacué de ses bureaux rue de Grenelle après une intrusion de "gilets jaunes" qui ont défoncé la porte du ministère avec un engin de chantier. Une enquête est ouverte, selon le parquet de Paris.
Parti des Champs-Elysées, le défilé parisien s'était pourtant déroulé sans heurts dans la matinée, mais la situation s'est progressivement tendue dans la capitale où la préfecture de police a recensé 3.500 manifestants. Selon la préfecture, 24 personnes ont été interpellées.
De premiers projectiles ont été lancés aux alentours de 14H00 sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes sur les quais de Seine, près de l'Hôtel de Ville, puis des incidents ont éclaté sur une passerelle reliant les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries.
Plusieurs scooters et une voiture ont été incendiés sur le boulevard Saint-Germain où des barricades de fortune ont été érigées, selon des journalistes de l'AFP. "Mettre le feu comme ça, c'est pas possible. C'est l'Apocalypse. Et l'image de la France dans le monde", a dit une passante.
En début de soirée, les manifestants sont retournés sur les Champs-Elysées, point névralgique de la mobilisation, avant d'en être chassés par les CRS.
"Nous devions assister aujourd'hui à une manifestation pacifique à Paris, et les plus radicaux s'emploient, une fois de plus, à nuire à cette mobilisation légitime", a regretté Jacline Mouraud, une des figures de ce mouvement protéiforme qui a ciblé la hausse du prix des carburants avant de porter des revendications plus larges
Manifestation de "gilets jaunes" à Rouen, le 5 janvier 2019
AFP
Des échauffourées ont aussi éclaté entre forces de l'ordre et "gilets jaunes" samedi dans plusieurs villes de l'Ouest dont Caen, Nantes et Bordeaux, tandis qu'à Rennes, un groupe de manifestants a cassé une porte d'accès à la mairie.
- "Faire avancer les choses" -
A Rouen, où 2.000 personnes défilaient, un manifestant a été touché à la tête par des tirs de lanceurs de balles de défense, selon un correspondant de l'AFP.
"Je n'encourage pas la violence mais malheureusement on voit qu'elle est nécessaire pour faire avancer les choses", a déclaré à l'AFP Sébastien, un auto-entrepreneur de 42 ans défilant à Rennes.
A Montpellier, quatre CRS et trois "gilets jaunes" ont été légèrement blessés à la suite de jets de pierres et de bouteilles dans le secteur de la gare Saint-Roch, et cinq personnes interpellées, selon les autorités.
Six interpellations ont eu lieu à Saint-Etienne pour des jets de projectiles sur les forces de l'ordre, outrage et violences envers personnes dépositaires de l'autorité publique.
Un peu partout en France, les cortèges de "gilets jaunes", insensibles aux concessions de l'exécutif et au futur grand débat national, avaient là aussi débuté dans un calme relatif pour cette première mobilisation de l'année 2019 qui faisait figure de test.
A Toulouse, la mobilisation était en hausse par rapport au 29 décembre, avec au moins 2.000 "gilets jaunes" contre 1.350 samedi dernier. Mais en fin de journée, des jets de projectiles, des feux de poubelles et diverses dégradations ont donné lieu à 22 interpellations.
A Bordeaux, ils étaient environ 4.600 à manifester, retrouvant leur niveau de mobilisation d'avant les fêtes de fin d'année et consacrant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement.
A Lyon, des milliers de personnes ont défilé dans la rue dans un parcours erratique, investissant brièvement une partie de l'A7 qui passe dans la ville.
LR réalise une série de prises dans les petites et moyennes villes, reconduisant un nombre important de sortants dès le premier tour. Selon Bruno Retailleau, le parti « s’est renforcé », mais le parti réalise des scores décevants à Paris et Marseille. Une autre campagne commence désormais, avec les stratégies complexes d’entre-deux-tours.
Réélections dès le premier tour à Perpignan, Hénin-Beaumont ou Fréjus, percées à Toulon et Nice, et duel serré à Marseille : le Rassemblement national confirme sa progression lors du premier tour des municipales 2026. Porté par ses récents succès électoraux, le parti à la flamme cherche désormais à transformer cette dynamique en conquêtes locales durables, à un an de la présidentielle de 2027.
Percée de LFI, dilemme des alliances pour le PS et les écologistes, le RN bien placé à Marseille et Toulon, la droite résiste dans les villes moyennes, Edouard Philippe bien parti pour conserver le Havre et maintenir sa candidature à la présidentielle… On fait le point sur les enseignements du premier tour des élections municipales.
Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.