A Berlin, Macron plaide pour un « Schengen renforcé »
Emmanuel Macron, toujours porté par des sondages favorables, a plaidé mardi pour un "Schengen renforcé" et profité d'un déplacement à Berlin...

A Berlin, Macron plaide pour un « Schengen renforcé »

Emmanuel Macron, toujours porté par des sondages favorables, a plaidé mardi pour un "Schengen renforcé" et profité d'un déplacement à Berlin...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Emmanuel Macron, toujours porté par des sondages favorables, a plaidé mardi pour un "Schengen renforcé" et profité d'un déplacement à Berlin pour peaufiner sa stature internationale, indispensable pour tout postulant à l'Elysée.

Les contempteurs de l'ancien ministre de l'Economie évoquaient une "bulle" Macron, considérant que sa popularité était éphémère, mais pour les soutiens du candidat "ni droite - ni gauche" les affluences en meeting traduisent un véritable élan populaire.

Alors qu'un sondage récent le place même au second tour de la présidentielle, si Arnaud Montebourg remporte la primaire de la gauche et que François Bayrou ne se présente pas, M. Macron a rappelé vendredi qu'"à titre personnel, (il) ne (s)'était jamais vécu comme une bulle".

"Je crois qu'il a mis fin au doute sur sa crédibilité et sa capacité à proposer, et l'embellie actuelle, qui reste à confirmer, le montre", veut croire un soutien, le sénateur François Patriat.

"La dynamique s'amplifie", abonde Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d'En Marche!, le parti de M. Macron qui compte "135.000 adhérents, plus de 4.000 comités locaux".

M. Macron table encore sur une montée en puissance, avec l'objectif de dérouler l'ensemble de son programme par thématique d'ici à la fin du mois de février. Dans cette perspective, un meeting le 4 février à Lyon, où Marine Le Pen tiendra aussi réunion le même jour, devrait être une borne importante.

- Points faibles -

Aisément associé aux questions économiques et sociales, l'ancien banquier d'affaires a toutefois "identifié" certains points faibles sur les problématiques internationales, dont la diplomatie, la défense, admettait un de ses soutiens fin novembre.

"Mais sa capacité de travail est impressionnante", tempérait-il. "Il a beaucoup reçu sur ce sujet, des militaires, des diplomates..."

"Et comme secrétaire général adjoint de l'Elysée (entre 2012 et 2014) et ministre de l'Economie, il a passé son temps dans les négociations internationales", relève Richard Ferrand.

Emmanuel Macron rencontre de jeunes réfugiés sur un site d'apprentissage de la Deutsche Bahn, le 10 janvier 2017, à Berlin.
Emmanuel Macron rencontre de jeunes réfugiés sur un site d'apprentissage de la Deutsche Bahn, le 10 janvier 2017, à Berlin.
AFP

Ce n'est toutefois pas un hasard si M. Macron a multiplié les déplacements à l'étranger ces derniers mois (Tunisie, Bruxelles, Londres, New York...). Une manière de rencontrer les communautés françaises, et donc séduire des donateurs, mais aussi de conforter sa stature d'homme d'Etat, capable de "porter la voix de la France" hors de ses frontières selon M. Ferrand.

A Berlin mardi, M. Macron a poursuivi les mêmes objectifs.

La journée a certes débuté par une rencontre avec quelque 250 expatriés réunis par En Marche Berlin pour 45 minutes d'échanges avec une salle conquise.

Mais la visite d'un atelier de la Deutsche Bahn (la SNCF allemande) formant et employant des réfugiés lui a ensuite permis de plaider pour un "Schengen renforcé", via la création de 5.000 postes de policiers pour surveiller les frontières de l'Europe, et pour une révision des accords de Dublin portant sur l'accueil des demandeurs d'asile.

Il se dit également disposé à "rouvrir (le) sujet" du règlement européen dit de Dublin, qui laisse la prise en charge des demandeurs d'asile aux pays de première arrivée dans l'UE.

"Il faut les améliorer, car ils ont des effets pervers", a-t-il admis, en se disant "pour une réforme qui permette de traiter les demandes d'asile et dans les pays tiers, ce qui suppose d'avoir une vraie coordination européenne".

Dans un discours à l'Université Humboldt de Berlin, M. Macron a développé ses mesures pour "construire une Europe de souveraineté", en insistant sur le moteur franco-allemand.

En matière de défense et sécurité, il a plaidé pour un "renforcement de la coopération en matière de renseignement", la création d'un "Quartier Général européen permanent, chargé d’assurer une planification et un suivi des opérations, en lien étroit avec les centres de commandement nationaux et l’OTAN".

L'ancien ministre a aussi proposé d'"instituer un Conseil de sécurité européen rassemblant des militaires, diplomates, experts du renseignement afin de conseiller les décideurs européens, notamment en cas de menaces ou d’attaques".

Partager cet article

Dans la même thématique

First Debate of the French Socialist Party Primary – Paris EB
6min

Politique

« Maintenant, il doit rassembler tout le monde » : les sénateurs PS attendent « des signes » d’unité de Raphaël Glucksmann

Après sa victoire écrasante à la primaire, les sénateurs PS seront « au service » de la campagne de Raphaël Glucksmann, assure leur président de groupe, Patrick Kanner, qui compte « inviter » le candidat devant le groupe. Mais plusieurs attendent qu’il montre par les actes sa volonté d’union. « Nous travaillons à un organigramme de rassemblement », assure le sénateur Alexandre Ouizille, directeur de la communication dans l'équipe de Raphaël Glucksmann.

Le

Patrick Kanner
2min

Politique

Les groupes PS, PCF et écologiste du Sénat appellent à un « cordon sanitaire » et à « ne rien céder » face au nouveau groupe RN

« Il ne peut y avoir ni ambiguïté, ni accommodement, ni complaisance : le cordon sanitaire doit se traduire par des actes », soutiennent dans un communiqué commun les groupes PS, communiste et écologiste du Sénat, face à la création du premier groupe RN/UDR de la Haute assemblée. Ils appellent à ne rien voter qui émanerait de l’extrême droite.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
4min

Politique

Cyberattaque contre des frigos connectés de supermarchés : « Des systèmes de réfrigération exposés sur Internet », alertent des experts en cybersécurité

300 magasins Intermarché/Netto, plusieurs du groupement E. Leclerc, 80 supermarchés Carrefour, 80 magasins U et une trentaine de Monoprix ont été touchés par une cyberattaque d’ampleur. Les hackers ont ciblé les systèmes de régulation frigorifique à distance du fabricant danois Danfoss. La vulnérabilité du logiciel avait pourtant déjà été repérée il y a quelques années par des experts en cybersécurité lors de différents audits.

Le

A Berlin, Macron plaide pour un « Schengen renforcé »
7min

Politique

Gel des retraites au-delà de 1280 euros : « Un effort nécessaire, pour ne pas créer de fracture générationnelle », justifie le ministre David Amiel

Le ministre des Comptes publics assure que le gouvernement n’est pas dans l’affrontement des générations, avec son projet de désindexation partielle des pensions de retraite. Il souligne qu’il laissera le choix du curseur aux parlementaires, et la possibilité d’être plus souple, le cas échéant, avec l’évolution de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités.

Le