Campagnes compliquées, entre-deux tours incertains et, déjà, remise en cause du leadership: à quelques jours des municipales, le mouvement...
A dix jours des municipales, La République en marche en pleines turbulences
Campagnes compliquées, entre-deux tours incertains et, déjà, remise en cause du leadership: à quelques jours des municipales, le mouvement...
Par Paul AUBRIAT
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Campagnes compliquées, entre-deux tours incertains et, déjà, remise en cause du leadership: à quelques jours des municipales, le mouvement présidentiel entre dans une zone de turbulences et l'après-scrutin s'annonce douloureux.
Si l'objectif, modeste, de passer de 2.000 conseillers municipaux à 10.000 au soir du deuxième tour, le 22 mars, est toujours jugé atteignable, c'est la gestion de l'entre-deux tours qui inquiète désormais l'état-major de LREM, lorsqu'il s'agira de choisir entre maintiens de liste, retraits ou fusions, selon des possibilités d'alliances variées.
Deux candidates à la mairie de Pairs, Anne Hidalgo et Rachida Dati, lors du premier débat télévisé de campagne, le 4 mars 2020
POOL/AFP
A Paris, l'idée poussée par certains cadres du parti d'un front anti-Hidalgo qui passerait par une alliance avec Rachida Dati (LR) a fait pousser des cris d'orfraie. "Moi, jamais on ne me fera voter Dati. Et si c'est ça, je pars", prévient un député marcheur issu du PS.
D'éventuels rapprochements entre marcheurs et écologistes, prônés par d'aucuns dans certaines villes, y compris la capitale, provoquent les mêmes réticences et divisions. "Les écolos? Mais on voit que ce sont des Insoumis déguisés, on n'a rien à voir avec ces gens-là", tacle une figure de la macronie, issue de LR.
Dès lors, "le risque, c'est que ça pète", prophétise un responsable, qui admet que le mouvement présidentiel s'apprête à vivre "peut-être la crise la plus grave de son existence", à l'occasion de ces municipales.
"La politique, c'est aussi la façon dont on intègre les technologies, les sciences et diagnostics au service de l'humain", a estimé Cédric Villani, à Paris, le 18 février 2020
AFP
A la tête de La République en marche, les rapports entre le numéro un, Stanislas Guerini, et son adjoint, Pierre Person, se sont d'ailleurs considérablement refroidis, notamment après qu'une tentative de rapprochement entre Cédric Villani et Agnès Buzyn - ardemment défendue par M. Person - eut échoué.
En creux, certains veulent voir dans cette défaite annoncée l'occasion pour l'aile gauche du parti, qui a déjà profité du recours au 49.3 pour hausser le ton, de porter sa voix - et s'en prendre, par ricochet, à son promoteur, Édouard Philippe.
- "Plein la gueule" -
"Des gens qui sortent tout d'un coup pour faire de la politique politicienne? Ils ne jouent pas seulement contre leur camp, ils jouent contre le président de la République", s'offusque un ministre. "Ils se croient encore à l'Unef", renchérit un proche de la direction de LREM, en référence au syndicat étudiant dont sont issus ces francs-tireurs à qui l'on prête des volontés de prise du parti.
Visée? La "bande de Poitiers", ces anciens Jeunes avec Macron devenus députés - Pierre Person, Sacha Houlié, Guillaume Chiche, Aurélien Taché -, ou eurodéputé, en l'occurrence Stéphane Séjourné, autrefois conseiller à l'Elysée.
L'ex-ministre Agnes Buzyn, candidate (LREM) à Paris, et le délégué général de LREM Stanislas Guerini, le 16 février 2020
AFP/Archives
"On sait que ça va tanguer à la suite des municipales. Stanislas Guerini va en prendre plein la gueule. Mais il a été élu en 2018 pour trois ans et il ira jusqu'au bout", prévient l'un de ses proches, qui rappelle qu'Emmanuel Macron a apporté un soutien appuyé au numéro un de LREM lorsqu'il a reçu les députés de la majorité à l'Élysée le mois dernier.
Autre cible de critiques toujours plus acerbes, la Commission nationale d'investiture du parti, jugée incapable d'empêcher les dissidences et responsable de la Bérézina annoncée. "Je le vis bien", sourit la co-présidente de la CNI, Marie Guévenoux, qui dit savoir "qu'on s'expose, en cas de défaite, à en être tenu pour responsable".
Un ministre résume la guérilla à venir: "Les députés diront que les municipales, ce sera la faute du Premier ministre car il est trop à droite; la faute de Gilles Le Gendre - patron des députés LREM - car il n'a pas d'autorité; et la faute de Guerini car il dirige mal le parti".
En petit comité, un député lui donne raison: "J'espère qu'ils savent faire de la politique. Parce que quand on va solder les comptes, on ne sera pas tendre".
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».