A Marseille, la gauche du PS fait un pas de plus vers Mélenchon
La gauche du PS a fait un pas de plus vers une sortie du parti à l'approche des élections européennes, en accueillant dimanche à...

A Marseille, la gauche du PS fait un pas de plus vers Mélenchon

La gauche du PS a fait un pas de plus vers une sortie du parti à l'approche des élections européennes, en accueillant dimanche à...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La gauche du PS a fait un pas de plus vers une sortie du parti à l'approche des élections européennes, en accueillant dimanche à Marseille le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Invité de marque de l'université d'été de "Nos Causes communes", le club créé par le courant d'Emmanuel Maurel et le MRC (Mouvement républicain et citoyen), M. Mélenchon a tendu la main à ses anciens camarades socialistes.

"Si chaleureuses qu'aient été les rencontres qui m'ont permis de construire avec d'autres cette force (LFI), mes amis, vous me manquiez", a lancé l'ancien sénateur PS, en faisant part de son espoir que "finisse cette longue solitude pour (lui) d'avoir été séparé de (sa) famille intellectuelle et affective" en 2008.

"Sachez que nous vous attendons, le coeur plein d'espérance et d'allégresse à l'idée des fraternités qui s'annoncent", a-t-il également déclaré devant un auditoire d'environ 300 personnes, dont nombre de militants issus de la Gauche socialiste, le courant qu'il avait fondé en 1988 avec Julien Dray.

Dans son discours de 45 minutes à la tribune, M. Mélenchon a également rappelé ses forces - 7 millions des voix au premier tour de la présidentielle, 17 députés, et bientôt un "commando" annoncé de députés européens - et s'est réjoui de sa place désormais dominante, selon lui, à gauche. "La crise du leadership populaire est réglée. Me voici", a-t-il affirmé.

"La sociale-démocratie, comme le libéralisme, sont des programmes épuisés", a-t-il asséné, en arguant que le "compromis" avec le capital est devenu "impossible" puisqu'il s'est "transnationalisé".

Très applaudi, M. Mélenchon a proposé aux participants de converger sur quatre "révolutions": la planification écologique, la rupture avec les traités européens, le refus des accords de libre-échange et le protectionnisme solidaire.

- "Oui à un dialogue exigeant" -

La réponse du député européen Emmanuel Maurel, qui de longue date caresse l'idée d'un rapprochement avec M. Mélenchon, était très attendue.

"Parce que nous avons l'intuition que les causes communes, les causes que nous défendons, sont plus importantes que ce qui pourrait nous différencier ou nous séparer (...) oui à un dialogue exigeant", a-t-il répondu.

S'il n'a annoncé aucun ralliement, il a égrainé dans son discours les points d'accord entre lui et M. Mélenchon, et dressé une nouvelle fois le réquisitoire du quinquennat de François Hollande, qui a "tourné le dos" aux promesses des socialistes selon lui.

"Le président sortant fait mine de découvrir qu'Emmanuel Macron est libéral, quel scoop", a-t-il ironisé, en se moquant des "larmes de crocodiles" de ceux qui il y a quelques mois encore "se disaient à équidistance d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon".

Il a esquissé quelques propositions pour la campagne des européennes, demandant notamment un "moratoire sur les traités de libre-échange" et une opposition claire au traité euro-canadien CETA.

La gauche du PS finira-t-elle par sauter le pas ? Ses troupes semblent partagées. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann ne semble guère en douter, évoquant auprès de la presse le lancement d'un nouveau mouvement allié à M. Mélenchon, qui s'appellerait Les Socialistes - une marque qu'elle a déposée en 2016.

M. Maurel préfère lui parler du débat qu'il entend mener au sein du PS sur la "stratégie" et les "grands enjeux" des européennes, alors que le PS travaille encore à son projet et n'a pas choisi sa tête de liste.

Selon un proche de M. Maurel, les choses pourraient évoluer à l'occasion du Conseil national du PS, le 13 octobre. "Le travail en interne continue même si nous ne nous faisons aucune illusion (...) Clairement, si la ligne est celle que nous connaissons actuellement, il y aura sortie de 70% de nos membres dans les instances dirigeantes du parti à l'issue du CN", menace-t-il.

Interrogé par la presse, M. Mélenchon a dit comprendre la "prudence" de ses éventuels partenaires: "Il faut du temps pour que ça incube et que ça diffuse".

Partager cet article

Dans la même thématique

A Marseille, la gauche du PS fait un pas de plus vers Mélenchon
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

A Marseille, la gauche du PS fait un pas de plus vers Mélenchon
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le