A Menton, le parti Les Républicains s’essaie au consensus sur l’Europe
Les Républicains ont opté pour la méthode consensuelle lors de leur Conseil national consacré à l'Europe, samedi à Menton, avec une déclaration...

A Menton, le parti Les Républicains s’essaie au consensus sur l’Europe

Les Républicains ont opté pour la méthode consensuelle lors de leur Conseil national consacré à l'Europe, samedi à Menton, avec une déclaration...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les Républicains ont opté pour la méthode consensuelle lors de leur Conseil national consacré à l'Europe, samedi à Menton, avec une déclaration de principes qui ne se prête guère aux oppositions.

Ce Conseil national - sorte de parlement du parti -, qui est le deuxième à se tenir depuis l’accession à la présidence de Laurent Wauquiez, rassemble samedi quelque 600 personnes au Palais de l’Europe de Menton.

Vendredi, le patron de LR avait visité le poste frontière de Menton, l'occasion de dénoncer un "accord de façade" négocié par Emmanuel Macron et ses homologues européens sur la question migratoire. Il s'était également rendu à Grasse sur la tombe de l'ancien ministre Charles Pasqua, décédé en 2015, et avait rendu visite à Christian Estrosi dans son bureau de la mairie de Nice.

M. Estrosi, qui a pris ses distances avec le parti et avait dénoncé une "mauvaise manière", avec ce rassemblement organisé dans sa région, le jour de l’inauguration d’une ligne de tramway dans sa ville, pourrait effectuer une apparition dans la journée.

Son rival de la Côte d’Azur Eric Ciotti, président de la Commission d’investiture du parti, a été ovationné lors de sa prise de parole.

- Pécresse : "l'euro-scepticisme recule" -

Quant à Valérie Pécresse, conspuée en janvier lors du précédent Conseil national, elle est cette fois entrée dans la salle sous un mélange de huées et d'applaudissements.

La présidente de Libres!, rivale de M. Wauquiez, a gagné les faveurs de la salle en lançant que LR ne devait "pas laisser le message européen à Emmanuel Macron".

À sa sortie - elle est repartie à la mi-journée pour l'Île-de-France -, elle s'est dite "satisfaite de voir que l'euro-scepticisme recule" chez LR.

"Je vois aussi qu’on a renoncé à démanteler l’Europe, à la rétrécir à 6, à 12. On est vraiment dans un projet pour sauver l’Europe à 27. C’est une bonne chose", a-t-elle poursuivi, dans une allusion au projet d'Europe des cercles concentriques, prôné par Laurent Wauquiez.

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, lors du Conseil national du parti à Menton, le 30 juin 2018
AFP

Mais l'heure est au consensus et "les priorités ne sont plus" aux bouleversements institutionnels en Europe, a expliqué M. Wauquiez vendredi dans Les Echos.

Instrument de ce consensus: la déclaration de principe en sept "piliers" qui doit être soumise dans la journée à l'approbation du Conseil national. Un texte réaffirmant l'engagement européen de LR, qui fait de la "protection des frontières" la "priorité absolue" en Europe et qui prône la "préférence communautaire".

Également présent à Menton, le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau, dont le micro-parti Force Républicaine avait émis une trentaine de propositions, a martelé son message en faveur d’un "projet de civilisation", un point qui figure également dans la déclaration.

Les sept "piliers" de cette déclaration doivent servir de "socle" à l'élaboration du programme pour les élections européennes de 2019. La question de la tête de liste devrait être tranchée en fin d'année. M. Wauquiez a répété samedi qu'il ne serait pas candidat. Le député Damien Abad, dont le nom commence à circuler, a été particulièrement applaudi lors de son intervention.

Le Conseil national a voté par acclamation la nomination du centriste Jean Leonetti au poste de vice-président délégué du parti, décidée par M. Wauquiez lors de l'éviction de Virginie Calmels. Laquelle n'était pas présente à Menton.

Enfin, le Conseil national a validé la nouvelle composition de la Haute autorité, qui veille notamment à la régularité des scrutins interne. L'avocat Henri de Beauregard, qui a notamment défendu la Manif pour Tous, succède à la tête de cette instance à Anne Levade.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le