Perpignan sera-t-elle la première ville de plus de 100.000 habitants remportée par le Rassemblement national aux municipales? Le député Louis...
A Perpignan, la tentation du RN avec Louis Aliot
Perpignan sera-t-elle la première ville de plus de 100.000 habitants remportée par le Rassemblement national aux municipales? Le député Louis...
Par Alexandre PEYRILLE
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Perpignan sera-t-elle la première ville de plus de 100.000 habitants remportée par le Rassemblement national aux municipales? Le député Louis Aliot semble favori pour le premier tour et pourrait ravir au maire LR Jean-Marc Pujol la cité catalane minée par la précarité et l'insécurité.
"Pas favori, mais bien placé pour le 1er tour, prétend le député du Rassemblement national qui n'est pourtant jamais apparu en position aussi favorable et a installé son local de campagne à seulement 500 mètres de l'Hôtel de ville. "Duel, triangulaire, quadrangulaire... Alliances contre-nature, fusion, retrait? Le second tour, c'est une autre élection qui commence lundi matin", assure-t-il à l'AFP.
Le RN à Perpignan
AFP
Jamais depuis Toulon en 1995, l'extrême droite n'a gagné une ville de plus de 100.000 habitants. Une victoire le 22 mars de la liste sans étiquette menée par Louis Aliot marquerait une étape dans la stratégie de dédiabolisation du parti.
Les sondages accordent à l'ancien compagnon de Marine Le Pen jusqu'à 36% des suffrages au 1er tour, de quoi le placer en ballotage favorable. Mais les choses peuvent se corser pour lui le 22 mars, en cas de front républicain.
Le maire LR sortant Jean-Marc Pujol et l'écologiste Agnès Langevine se présentent comme "la seule alternative" au leader local du Rassemblement national, parachuté à Perpignan en 2008 et qui a déjà échoué à trois reprises à prendre l'Hôtel de ville.
- Duel ou triangulaire -
Le maire LR sortant Jean-Marc Pujol, candidat aux municipales, le 27 janvier 2020 à Perpignan
AFP/Archives
Un sondage réalisé par Ifop, diffusé jeudi par l'Indépendant, donne Aliot vainqueur dans tous les cas de figure. Lors d'une triangulaire avec Langevine et Pujol (40%, 31%, 29%), et lors d'un duel avec M. Pujol (51/49%) ou Mme Langevine (52/48%).
Le député LREM Romain Grau, ancien adjoint de M. Pujol, pointe en 4e position, en capacité de se maintenir au second tour (12%). La liste citoyenne de Caroline Forgues, soutenue par le PCF et la France insoumise, oscille entre 7 et 8%.
"Un sondage ne fait pas l'élection. Le climat que je perçois, c'est une envie forte de changement", objecte Agnès Langevine pour qui sa liste est la seule "en capacité d'installer Perpignan dans une nouvelle dynamique et de faire barrage à Louis Aliot, qui plongerait la ville dans le marasme et le chaos. Il surfe sur les peurs et les frustrations".
Romain Grau, le 27 janvier 2020 à Perpignan
AFP/Archives
Pour la candidate écologiste, la cité catalane a "beaucoup d'atouts" avec des entreprises innovantes, des gisements d'énergies renouvelables, mais se trouve "dans un état d'abandon certain" et la pauvreté s'est enkysté dans de nombreux quartiers. "Il n'y a pas de fatalité à être ce point noir au bas de la carte de France", dit-elle en offrant son programme à un retraité favorable à la candidate, dans une rue de Perpignan.
Jean-Marc Pujol, un pied-noir affable de 70 ans, rumine pour sa part la division de la droite. Pour lui, le 1er tour est "une sorte de primaire": il compte rassembler le 22 mars les voix des deux conseillers municipaux de sa majorité qui ont fait dissidence, pour en découdre une nouvelle fois avec Aliot, en duel.
- "Renouvellement" -
En 2014, il avait conservé la mairie lors d'un face-à-face contre l'ancien chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen (55%/45%), grâce au désistement du candidat PS.
Des panneaux électoraux pour les prochaines élections municipales à Perpignan le 9 mars 2020
AFP
"Perpignan a besoin d'un renouvellement. Ca fait 60 ans que la droite tient la ville", peste Jacques Porte, psychologue de 67 ans.
"Pujol, ça reste mieux qu'un facho", dit quant à lui Audrey Fabre, une agente immobilière de 34 ans, même si les prix de l'immobilier sont en baisse.
A Perpignan, ville de 120.000 habitants où le taux de chômage dépasse les 20%, Louis Aliot capitalise sur le mécontentement.
Selon lui, les Perpignanais "ne demandent rien d'extravagant: c'est le minimum que de pouvoir sortir le soir en sécurité, avoir des commerces de proximité, marcher dans des rues propres et que leurs enfants aient un avenir qui se dessine à Perpignan et n'aient pas à déserter (la ville) pour trouver du travail".
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