François Bayrou a revendiqué mercredi sa liberté, mettant en garde François Fillon contre un programme "à prendre ou à laisser" et l'invitant à "réfléchir à la différence qu'il y a entre le candidat d'un camp et celui qui veut être président de tout un pays".
"Un certain nombre de gens disent que François Fillon ne doit pas bouger un millimètre de son programme. Autrement dit c'est à prendre ou à laisser", a déclaré le président du MoDem sur Europe 1. "Or si on dit aux Français, aux millions de Français qui s'interrogent aujourd'hui (...), +c'est à prendre ou à laisser+, alors il y a beaucoup de probabilités qu'ils disent on laisse".
"Le débat présidentiel n'est pas le débat d'un camp", a-t-il martelé. "C'est pour cette raison que je dis que François Fillon serait à mon sens bien inspiré de réfléchir à la différence qu'il y a entre le candidat d'un camp et celui qui veut être président de tout un pays".
M. Bayrou, qui réserve toujours sa décision sur une éventuelle candidature à la présidentielle, a dit ne pas soutenir à ce stade celle de François Fillon. "Je suis libre. Est-ce que je suis satisfait par l'offre politique qui est aujourd'hui proposée? Comme des millions de Français, non, je ne reconnais pas dans l'offre politique proposée les attentes qui sont les nôtres".
Relancé sur l'hypothèse de sa candidature, le maire de Pau a dit n'être "sous pression de personne. J'ai le temps et je suis libre".
François Fillon a répété de son côté sur BFMTV et RMC qu'il mettrait en oeuvre son programme: "moi j'ai un programme (...). Je pense que c’est le seul qui peut permettre de redresser le pays, je le mettrai en oeuvre. Je suis prêt à accueillir François Bayrou et ses amis, mais pas au prix d'une négociation sur mon programme", a-t-il affirmé.
Aux côtés de Gérard Larcher et du patron de la droite sénatoriale Mathieu Darnaud, le maire LR de Troyes a assuré Bruno Retailleau de son soutien, et de la nécessité d’assurer la présence de la « famille gaulliste » à la présidentielle. Il a accueilli dans sa ville le séminaire de rentrée du groupe LR du Sénat.
Le parti d’Edouard Philippe voit ses troupes réparties dans deux groupes : le groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, et l’Union centriste et indépendants, groupe dirigé par Hervé Marseille. On fait le point, entre les sénateurs encartés Horizons et les sympathisants.
La crise lycéenne ne faiblit pas et a conduit le Premier ministre, Sébastien Lecornu à prendre la parole, lors d’une allocution de 15 minutes mercredi soir. Depuis sa prise de fonction à Matignon, il a fait le choix de raréfier sa parole. Une façon de se démarquer et de renforcer le caractère solennel de la fonction, mais qui a ses limites, d’après plusieurs experts.
Face à la hausse des prix du carburant, Sébastien Lecornu tente l’apaisement. Le Premier ministre a annoncé mercredi des mesures pour faire baisser le prix de l’essence. Pour ce faire, le gouvernement va puiser du gazole de ses stocks stratégiques et espère baisser les prix à la pompe de « 12 à 18 centimes ».