"Personne ne nous représente", "ils ne pensent qu'à leur carrière", "ça ne changera rien": Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France...
A Roubaix, des électeurs s’éloignent encore un peu plus des urnes
"Personne ne nous représente", "ils ne pensent qu'à leur carrière", "ça ne changera rien": Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France...
Par Zoé LEROY
Temps de lecture :
4 min
Publié le
"Personne ne nous représente", "ils ne pensent qu'à leur carrière", "ça ne changera rien": Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France souvent pointée du doigt pour ses taux records d'abstention, pourrait connaître une nouvelle participation famélique à la prochaine présidentielle.
Un mardi matin sec d'hiver. Paul Zilmia tracte pour le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur le marché de l'Alma, quartier nord de Roubaix, au pied d'une ancienne usine textile témoin d'une prospérité passée.
"Non merci, je suis trop déçue !", "Ils agissent tous comme des voleurs !", lui lancent des passants quand il tend un tract. "C'est compliqué d'aborder les gens parce qu'il y a un dégoût de la politique, ils ont le sentiment d'avoir été abandonnés et ils se disent que, quels que soient les politiciens au pouvoir, rien ne change", admet M. Zilmia, né à Roubaix et candidat aux législatives dans la 8e circonscription du Nord.
Dans cette ville de près de 100.000 habitants où le taux de chômage atteint 30%, l'abstention était de 31,43% au premier tour de la présidentielle de 2012 et de 64,18% aux régionales de 2015.
Un militant de "La France insoumise" de Mélenchon tracte le 15 février 2015 à Roubaix
AFP
Dans le centre-ville, face à l'imposante mairie, Célestin, 39 ans, entrepreneur dans la rénovation énergétique, explique qu'il ne "vote jamais", car "personne ne (le) représente".
"On a des difficultés à trouver un emploi, à trouver un logement et aucun candidat ne propose des solutions. Avant de nous parler de baisses d'impôts, il faut déjà en payer des impôts, avant de savoir à quel âge on va prendre sa retraite, il faut déjà avoir un emploi", s'emporte-t-il.
"Je n'irai pas voter, c'est sûr. Je suis de droite, mais même la droite me déçoit avec l'affaire Fillon. Ici, on n'a pas de travail, les logements sont difficiles à avoir et les politiques, ils s'en mettent plein les poches, à quoi ça sert de voter pour des dirigeants qui ne savent pas faire leur métier ?", se demande, dépité, Samir,32 ans.
"L’abstention est forte dans les quartiers où il y a un décrochage social important. Presque 45% vit en dessous du seuil de pauvreté, quand vous êtes en survie, vous ne pensez pas au reste", analyse Max-André Pick, premier adjoint au maire LR de Roubaix.
- 'Abstention militante' -
Depuis 2002, Bruno Lestienne et son collectif "Je pense donc je vote" labourent le terrain pour inciter les gens à aller voter, mais cette année, il se demande "si ça sert à quelque chose".
"Face à nous, on a des politiques qui font tout pour que les gens s'abstiennent, ce qu'on entend de la campagne ce sont des bisbilles à droite, à gauche et pendant ce temps là, les gens sont toujours dans la galère, ils en ont marre", affirme-t-il.
Si pour lui, il s'agit surtout "d'une abstention militante" avec "une volonté de ne plus créditer le système", pour Myriam Cau, élue d'opposition EELV à Roubaix, il existe aussi une "abstention silencieuse".
Un militant de "La France insoumise" de Mélenchon tracte le 15 février 2015 à Roubaix
AFP
"Je fais souvent du porte-à-porte et j'ai l'impression que beaucoup de gens ne captent plus les politiques, ils n'y croient plus, ils ne sont même pas vindicatifs, ils nous disent +Amusez vous là-haut, de toute façon, vous ne ferez rien pour nous+", rapporte l'écologiste.
D'après Julien Talpin, sociologue spécialiste de la politisation des classes populaires, l'abstention à Roubaix n'est "pas surprenante au regard de la composition socio-démographique de la ville": "plus on est dans les territoires populaires, moins on vote", explique-t-il.
Par ailleurs, selon lui, "les inégalités qu'expérimentent au quotidien les descendants de l'immigration, numériquement importants à Roubaix, viennent saper leur participation à la vie de la cité, ils se détachent d'une société où ils se sentent exclus".
Et si en 2012, "il y avait une volonté de sanctionner Sarkozy, considéré comme un adversaire des quartiers populaires", cette fois "le désenchantement par rapport au quinquennat sortant va rendre la mobilisation extrêmement difficile", prédit-il.
Même "un FN fort n'est plus suffisant pour donner l'énergie d'aller voter contre, à défaut de voter pour", prédit Myriam Cau.
Et à tout prendre "je préfère même que le FN passe, ça permettra d'éveiller les consciences, je préfère avoir affaire au loup, qu'au renard", pense Célestin.
La ville de Bourg-en-Bresse est sous le feu des projecteurs, car il y a dans la préfecture de l’Ain une liste qui se réclame de l’union des droites. A sa tête un candidat zemmouriste, soutenu par des élus locaux LR. Avec un objectif, faire tomber le maire socialiste de la ville.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.