A-t-on éteint la lumière sur nos campagnes ?
La République française se veut une et indivisible, pourtant, le pays semble bien divisé en deux. France des villes et France des campagnes, entre les deux, les inégalités se creusent et se traduisent nettement sur la carte électorale de la dernière élection présidentielle. Devant ce constat, Tous Président parcourt une fois de plus le territoire, à la rencontre des victimes de ce phénomène et de ceux qui ont décidé de refuser la fatalité.

A-t-on éteint la lumière sur nos campagnes ?

La République française se veut une et indivisible, pourtant, le pays semble bien divisé en deux. France des villes et France des campagnes, entre les deux, les inégalités se creusent et se traduisent nettement sur la carte électorale de la dernière élection présidentielle. Devant ce constat, Tous Président parcourt une fois de plus le territoire, à la rencontre des victimes de ce phénomène et de ceux qui ont décidé de refuser la fatalité.
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Par Béatrix Moreau

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Une légère pluie tombe ce jour-là à Vierzon. Battant les pavés humides, Rémi, 49 ans, arpente avec amertume la rue Maréchal-Joffre « anciennement la plus belle voie piétonne de la ville ». Aujourd’hui, sur les 48 pas de portes, 32 sont inoccupés. Vierzonnais depuis toujours, Rémy a assisté à ces fermetures successives, « en 15 ans, la ville a perdu un tiers de ces commerces » témoigne-t-il en passant devant les nombreuses vitrines vides, « c’est dramatique ».
Frappée par la désindustrialisation, cette petite ville au passé ouvrier, situé dans le département du Cher, peine à rebondir après la disparition des usines. « On vivait de la métallurgie, du machinisme agricole, de la verrerie, de la porcelaine, de la confection, tout ça, ça n’existe plus ».
Avec un taux de chômage à 13% et l’exode d’un quart de sa population en 30 ans, Vierzon illustre la triste réalité de ces villes périphériques et rurales pour lesquelles les difficultés s’accumulent, sans intéresser, semblent-ils, les politiques.

Fractures et inégalités

Gérard Peltre, président du mouvement européen  pour la ruralité regrette en effet que  le développement des territoires ruraux n’ait pas été au cœur de la campagne présidentielle. pourtant les chantiers sont nombreux et les inégalités ne cessent de se creuser entre les villes et les campagnes.
7 millions de Français habitent, par exemple, à plus de 30 minutes en voiture du service d’urgence le plus proche. « Je pense effectivement que si on fait un AVC sur la place Darcy à Dijon on sera mieux pris en charge que si on le fait un dimanche matin à Corbigny » estime le docteur Claire Rameau, qui a fait le choix d’installer son cabinet dans cette petite commune française de 1600 habitants. Ici, il faut attendre un an pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste.
Mais la fracture territoriale ne touche pas uniquement la santé mais également les transports, la couverture internet et le système éducatif. Pire, la rationalisation des services publics entamée en 2007 avec la loi RGPP a accéléré la fermeture de nombreux hôpitaux, tribunaux et casernes.

Ne pas baisser les bras

Certains villages, pourtant, refusent de baisser les bras. À Dieuze (Moselle), par exemple, l’ancienne caserne à été reconvertie en entreprise spécialisée en imprimante 3D. Un moyen d’attirer les étudiants mais aussi les ingénieurs, et ainsi redonner de l’attractivité à un site laissé sinon en jachère. Pour cette petite ville, développer un Fab Lab c’est aussi investir dans l’économie du futur et revaloriser l’emploi et la formation.

Déterminé à sauver son village, Christian Derouet le maire de Lonlay-l’Abbaye est allé encore plus loin et n’a pas hésité à municipaliser certains services, tels que la station essence ou la boulangerie. Un investissement lourd mais nécessaire selon l’élu de cette petite commune normande, déjà victime d’un fort dépeuplement.

Ce maire a racheté une station service pour sauver son village
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