Abattoirs intensifs d’animaux : des sénateurs veulent que la loi bouge enfin
Après la vidéo diffusée par l’association L214, des voix se sont fait à nouveau entendre au Sénat contre les pratiques des abattoirs et de l’élevage intensif. Une proposition de loi, portée par des sénateurs de gauche mais aussi de la majorité sénatoriale, entend faire évoluer le droit.

Abattoirs intensifs d’animaux : des sénateurs veulent que la loi bouge enfin

Après la vidéo diffusée par l’association L214, des voix se sont fait à nouveau entendre au Sénat contre les pratiques des abattoirs et de l’élevage intensif. Une proposition de loi, portée par des sénateurs de gauche mais aussi de la majorité sénatoriale, entend faire évoluer le droit.
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Nouvelles révélations chocs de L214. L’association de défense du bien-être animal a dévoilé des images très dures, tournées en caméra cachée à l’intérieur d’un abattoir industriel en Dordogne. Au service du groupe néerlandais Van Drie, Sobeval est l’un des plus gros abattoirs de veaux en France : 700 y sont tués chaque jour. S’appuyant sur des vidéos insoutenables, L214 dénonce des « violations de la loi, multiples et récurrentes, [qui] entraînent des souffrances accrues pour les animaux », aussi bien sur l’abattage standard que rituel (casher ou halal).

L’association affirme que les animaux reprennent conscience après avoir été suspendus et de longues séquences d’agonie, dans le cas d’abattage rituel (marqués par l’absence d’étourdissement préalable avant la saignée). La viande commercialisée par l’abattoir est par ailleurs étiquetée Label rouge, bio ou « veau du boucher ».

De son côté, la préfecture du département affirme dans un communiqué, « qu'au premier visionnage des vidéos de l'association, il n'y a pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation ». L’établissement mis en cause annonce qu’il portera plainte pour diffamation, et précise que les images « ne reflètent en aucun cas une souffrance ou un état de conscience de l’animal ». L214 insiste et dénonce une « cruauté » : les animaux n’ont pas été maintenus jusqu’à leur perte de conscience, et les cisaillements ont été effectués sur les animaux, selon elle, ce qui est contraire à la réglementation.

« Déplorable pour les filières », réagit sénatrice LR Sylvie Goy-Chavent

« Rien ne change », se désole la sénatrice LR Sylvie Goy-Chavent, qui avait tenté en 2012 d’inscrire à l’agenda une proposition de loi pour rendre obligatoire l’étourdissement des animaux avant un abattage. Rapporteure d’une mission sénatoriale d’information sur la filière viande l’année suivante, et fille d’éleveur, cette sénatrice redoute l’impact de ce type de scandale auprès des consommateurs. « C’est déplorable pour les filières. Les premières victimes de la baisse de consommation de viande, inévitablement, ce sont les éleveurs qui traitent bien leurs animaux », réagit-elle. Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en dix ans.

La sénatrice, qui figure parmi les non-inscrits, en appelle, sur son compte Twitter, au président du groupe LR, Bruno Retailleau. « La traçabilité du marché du halal est opaque, à l’heure où tous veulent lutter contre le communautarisme religieux, ça c’est du concret ! C’est le moment de passer à l’action. »

Une proposition de loi d’Esther Benbassa (EELV) demande la fin de l’élevage intensif

Sur le bien-être animal, un texte de l’écologiste Esther Benbassa a été déposé le 21 janvier au Sénat. Le texte ne figure pas encore à l’agenda. Mais « la bataille » est lancée, souligne la sénatrice de Paris, qui encourage les internautes à signer une pétition d’EELV pour que le texte soit examiné.

Cosignée par les communistes mais également par des représentants d’autres groupes (PS, LR, Union centriste, RDSE), la proposition de loi a pour objectif d’assurer un « élevage étique, socialement juste et soucieux du bien-être animal ». Le premier article de la loi demande une « généralisation de l'étourdissement dans les abattoirs », et pour les régimes dits « dérogatoires », le texte demande un étourdissement immédiat après la saignée. L’article suivant propose la mise en place d’un « conseil interne du bien-être animal » dans certains abattoirs (le seuil serait déterminé par décret).

La proposition de loi réintroduit un certain nombre d’amendements qui avaient été repoussés dans le cadre de l’examen du projet de loi Egalim. Le texte d’Esther Benbassa veut en finir avec plusieurs pratiques « cruelles » sur les porcs en élevage, comme la caudectonie (queue coupée) ou la castration à vif. Le sort des volailles est aussi amélioré avec l’interdiction du broyage des poussins. La fin de l’élevage des lapins en cage est aussi prévue.

La fin du texte se finit par un symbole de taille : un moratoire sur l'élevage intensif suivi d’une interdiction définitive au 31 décembre 2025. Dans leur vidéo, L214 dénonçait également les conditions de vie des veaux avant leur mise à mort. Celles d’un élevage intensif où les animaux « n’ont jamais pu mettre une patte à l’extérieur ».

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