Abus sexuels dans l’Église: rejet d’une demande de commission d’enquête sénatoriale
La commission des Lois du Sénat a jugé irrecevable mercredi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les abus...

Abus sexuels dans l’Église: rejet d’une demande de commission d’enquête sénatoriale

La commission des Lois du Sénat a jugé irrecevable mercredi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les abus...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La commission des Lois du Sénat a jugé irrecevable mercredi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l'Église demandée par les sénateurs socialistes, a indiqué leur chef de file Patrick Kanner.

Cette décision devrait être confirmée, sauf énorme surprise, mercredi soir en conférence des présidents.

"On nous a opposé des arguments juridiques", a expliqué M. Kanner à l'AFP, dénonçant cependant "une réponse politicienne". "La droite sénatoriale, sur un sujet aussi sensible, semble rester sur ses principes", a-t-il regretté, soulignant que le groupe PS "n'est pas sur une logique anticléricale", mais au contraire "dans une logique d'aider l'Église".

"Cette commission d'enquête demandée par de nombreux citoyens, croyants ou non, aurait permis de faire enfin la lumière sur le fonctionnement et les dysfonctionnements qui ont empêché qu'un certain nombre d'affaires soient portées devant la Justice", a affirmé le groupe socialiste sans un communiqué.

Le groupe socialiste "regrette que le Sénat ne se saisisse pas de cette occasion pour permettre à de trop nombreuses victimes d'être enfin collectivement entendues et reconnues comme tel. Ces victimes sont des citoyens qui demandent à comprendre pourquoi la Loi et la Justice n'ont pas été appliquées dans leur cas et qui veulent que leur souffrance ne se reproduise plus pour les enfants d'aujourd'hui".

Selon M. Kanner, le président LR de la commission des Lois Philippe Bas proposerait, en lieu et place d'une commission d'enquête, une "mission d'information" commune à la commission des Affaires sociales et à la commission de l'Education.

Un groupe de personnalités réunissant des religieux, d'ex-ministres, des avocats et des victimes avait lancé récemment un appel, publié dans Témoignage chrétien, réclamant une enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l'Église en France.

88% des Français (87% des catholiques, 90% des pratiquants) se sont par ailleurs déclarés favorables à une commission parlementaire "enquêtant sur les crimes pédophiles et leur dissimulation dans l'Église catholique", selon un récent sondage publié dans Témoignage chrétien.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Gare SNCF Toulouse MATABIAU
7min

Politique

« Rien n’a été prévu » : un rapport du Sénat dresse un bilan sévère sur l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence

Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.

Le