Accès à l’université: la Fage ne soutient plus la réforme, Vidal se veut rassurante
La Fage, le premier syndicat étudiant, qui a soutenu jusqu'ici le projet de loi réformant l'accès à l'université, affirme...

Accès à l’université: la Fage ne soutient plus la réforme, Vidal se veut rassurante

La Fage, le premier syndicat étudiant, qui a soutenu jusqu'ici le projet de loi réformant l'accès à l'université, affirme...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Fage, le premier syndicat étudiant, qui a soutenu jusqu'ici le projet de loi réformant l'accès à l'université, affirme désormais ne plus pouvoir s'associer à un texte "vidé de sa substance" lors de son examen au Parlement.

Sénateurs et députés ont trouvé mardi un accord sur la réforme des règles d'entrée à l'université, qui supprime le tirage au sort et valide la mise en place de la nouvelle plateforme d'inscription Parcoursup, accusée à gauche d'instaurer la sélection.

Le texte est soumis jeudi au feu vert définitif de l'Assemblée puis au Sénat.

"Le 13 février, la Commission Mixte Paritaire (CMP) réunie sur ce texte a annihilé la philosophie initiale de la réforme, en entérinant les amendements de la majorité sénatoriale", écrit la Fage dans un communiqué.

Les sénateurs avaient suivi leur rapporteur Jacques Grosperrin (LR) qui, en commission, avait introduit un amendement destiné à définir les capacités d'accueil en licence en fonction du taux de réussite et de l'insertion professionnelle.

Suite à la commission mixte paritaire, le texte dit désormais que "pour déterminer ces capacités d'accueil, l’autorité académique tient compte des perspectives d’insertion professionnelle des formations, de l’évolution des projets de formation exprimés par les candidats ainsi que du projet de formation et de recherche de l’établissement". Pour la Fage, "une ligne rouge" a été franchie.

"Pour nous, ce n'est pas l'insertion professionnelle qui doit déterminer les capacités d'accueil mais bien la demande des étudiants", indique la Fage, qui prononce désormais à son tour le mot "sélection". La Fage "demande à être reçue expressément par la ministre Frédérique Vidal", afin d'obtenir des "garanties concrètes et tangibles" sur un nombre de places à l'université conditionnées par le nombre de candidatures des étudiants, et non des critères d'insertion professionnelle.

"Si nous n’obtenons pas gain de cause, la Fage prendra toutes les mesures qui lui semblent nécessaires, y compris la mobilisation", prévient-elle.

Jusqu'ici, une intersyndicale opposée à ce qu'elle appelle "une sélection déguisée" a peu mobilisé. Une nouvelle journée de manifestation est prévue ce jeudi.

A l'ouverture des débats à l'Assemblée, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a insisté sur le fait que "rien dans le projet de loi" n'autorise "que soit conduite une politique malthusienne de réduction des capacités d'accueil sous quelque prétexte que ce soit" et que "rien ne permet d'établir un lien mécanique entre les capacités d'accueil et les taux d'insertion professionnelle".

"La notion de perspective d'insertion professionnelle, qui suppose de réfléchir sur le long terme et de prendre en considération l'émergence des nouveaux métiers et des nouveaux besoins en qualification a été retenue -et je le dis très clairement les perspectives d'insertion professionnel n'ont rien à voir avec des taux d'insertion constatés-", a-t-elle insisté, ajoutant qu'"il s'agit d'avoir une vision prospective large qui ne peut permettre que de créer de nouvelles formations".

Le rapporteur, Gabriel Attal (LREM), a aussi mis en avant l'"engagement très clair" sur le fait "qu'aucune capacité d'accueil ne pourra être revue à la baisse dans les années à venir", estimant que décider de la création des places en fonction des débouchés professionnels "n'aurait aucun sens".

Partager cet article

Dans la même thématique

Accès à l’université: la Fage ne soutient plus la réforme, Vidal se veut rassurante
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Accès à l’université: la Fage ne soutient plus la réforme, Vidal se veut rassurante
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le