Adoption du projet de loi qui prévoit l’instruction obligatoire dès trois ans
Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote du Sénat à main levée, le projet de loi "pour une école de la...

Adoption du projet de loi qui prévoit l’instruction obligatoire dès trois ans

Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote du Sénat à main levée, le projet de loi "pour une école de la...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote du Sénat à main levée, le projet de loi "pour une école de la confiance", qui prévoit l'abaissement à trois ans, dès la rentrée prochaine, de l'âge de l'instruction obligatoire.

La majorité sénatoriale de droite s'est félicitée de voir les deux chambres parvenir à un "bon accord", la gauche votant elle contre un texte "qui ne répond pas aux enjeux" de l'Education nationale.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a dû laisser de côté le projet contesté de regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement dit "des savoirs fondamentaux".

Injectée via un amendement LREM à l'Assemblée, cette mesure a provoqué un tel tollé auprès du corps enseignant, de parents d'élèves et d'élus locaux qu'elle a été effacée par le Sénat, sans opposition de M. Blanquer.

La mesure phare du texte, l'abaissement à trois ans de l'âge de l’instruction obligatoire, contre six aujourd'hui, entrera en vigueur dès la rentrée de septembre. Elle ne concernera que 26.000 enfants qui ne fréquentent pas l'école actuellement.

Des aménagements du Sénat ont été conservés: assouplissement de l'obligation d'assiduité en petite section, prolongation de la dérogation pour les enfants de 3 à 6 ans fréquentant des jardins d'enfants.

Autre mesure majeure, l'obligation de formation de 16 à 18 ans doit permettre de lutter contre le décrochage scolaire.

Le texte prévoit aussi une refonte de la formation des enseignants et de l'évaluation, permet la création d'établissements publics locaux d'enseignement international (EPLEI), sur le modèle de l'Ecole européenne de Strasbourg.

- Reconnaissance de l'homoparentalité -

Il impose l'affichage, dans les salles de classe des écoles, collèges et lycées, des drapeaux français et européen, de la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" et des paroles de l'hymne national.

Concernant la reconnaissance de l'homoparentalité, il prévoit que chaque formulaire administratif destiné aux parents d'élèves donnera la possibilité de choisir entre les mentions "père" et "mère" et "autre représentant légal".

Un chapitre entier est consacré à l'école inclusive, avec des mesures sur l'accompagnement des élèves handicapés qui entreront en vigueur dès la prochaine rentrée.

Le ministre a rappelé les enjeux auxquels la réforme entend répondre: justice sociale - "cette loi est profondément une loi sociale", a-t-il réaffirmé - et "équité territoriale".

L'accord entre les deux chambres "est la preuve que la société peut s'unir autour de son école", a-t-il estimé, soulignant que "268 amendements ont été adoptés" dont une bonne partie d'amendements sénatoriaux.

"Chacune de nos deux assemblées a fait des concessions pour aboutir à un texte de compromis", a pour sa part déclaré le rapporteur Max Brisson (LR). "Cet accord est un bon accord parce qu'il est favorable à l'école de la République, à ceux qu'elle sert et à ceux qui la servent".

M. Brisson s'est félicité de la prise en compte "des réalités locales et territoriales" et de la "réaffirmation des fondamentaux de l'école de la République".

"Au terme d'un insoutenable suspense la droite et la droite se sont mises d'accord sur un projet commun pour notre école", a ironisé Céline Brulin (CRCE à majorité communiste). Le groupe CRCE s'est néanmoins réjoui "que la forte mobilisation ait eu raison des établissements publics des savoirs fondamentaux".

"C'est la défiance qui règne au sein de la communauté éducative, la confiance ne se décrète pas, elle se construit", a encore raillé Marie-Pierre Monier (PS).

Partager cet article

Dans la même thématique

Retailleau travail
7min

Politique

« La fête est finie » : Bruno Retailleau veut supprimer les 35 heures, inciter à la reprise d’activité et plafonner les aides sociales pour relancer l’emploi

Le président des LR a présenté sa recette pour inciter au travail et permettre aux Français de gagner plus, faite de « zéro exonération » au-delà des 35 heures, de plafonnement à 70% du Smic des aides sociales et de relance de la réforme de l’allocation chômage. Il veut « changer totalement de modèle. Il va falloir renverser la table », prévient Bruno Retailleau.

Le

Le Senat, Paris.
4min

Politique

Fin de vie : en commission, le Sénat remplace « le droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir »

Les deux textes sur la fin de vie et les soins palliatifs ont entamé leur parcours législatif au Sénat en commission des affaires sociales du Sénat ce mercredi, avant leur examen en séance publique à la fin du mois. Les rapporteurs LR du texte ont restreint la portée de la proposition de loi autorisant établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». Explications.

Le

4min

Politique

UE-Mercosur : la France tente de résister, sous pression des agriculteurs

Alors que le traité de libre-échange est en passe d’être ratifié par l’Union européenne, l’exécutif français maintient ses désaccords avec Bruxelles. Dans une tentative de rassurer le monde agricole, le gouvernement a annoncé suspendre les importations de produits traités avec des substances interdites sur le continent.

Le

Kanne Faure Ok
9min

Politique

Budget : au PS, le retour du 49.3 apparaît de plus en plus comme « une porte de sortie »

Au moment où les députés vont reprendre l’examen du budget, l’hypothèse d’un recours au 49.3 par le premier ministre fait son chemin. Chez les sénateurs PS, certains y voient une issue pour sortir du blocage, à condition de négocier à nouveau un accord de non-censure. Mais c’est à Sébastien Lecornu de « prendre ses responsabilités », souligne Thierry Cozic, chez de file des sénateurs PS sur le budget.

Le