Affaire Benalla : la cheffe de la sécurité de Matignon « victime collatérale » selon Fabrice Arfi de Mediapart
Invité de l’émission « On va plus loin », Fabrice Arfi, co-responsable du pôle « enquêtes » à Mediapart, raconte les derniers rebondissements de l’affaire Benalla.

Affaire Benalla : la cheffe de la sécurité de Matignon « victime collatérale » selon Fabrice Arfi de Mediapart

Invité de l’émission « On va plus loin », Fabrice Arfi, co-responsable du pôle « enquêtes » à Mediapart, raconte les derniers rebondissements de l’affaire Benalla.
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L’affaire Benalla n’en finit pas de rebondir. En début de semaine, le site d’information Mediapart essuie une tentative de perquisition de ses locaux, lors d’une enquête sur les conditions d’enregistrements diffusés par le site. Jeudi, le parquet national financier a ouvert une enquête pour « corruption » sur le contrat de sécurité signé entre la société de Vincent Crase et un oligarque russe. Le même jour, c’est la cheffe de la sécurité du Premier ministre, Marie-Elodie Poitout, qui démissionne, alors qu’une polémique avait éclaté sur sa potentielle implication dans les enregistrements entre Alexandre Benalla et Vincent Crase.

« Je suis affligé, je ne vois pas ce que cette personne a à voir avec l’affaire » déclare sur le plateau d’« On va plus loin »,Fabrice Arfi, co-responsable du pôle « enquêtes » à Mediapart, à propos de Marie-Elodie Poitout. « Je trouve que c’est tout à fait honorable de sa part de démissionner pour éviter toute polémique mais elle est une sorte de victime collatérale d’une fiction juridique créée par le parquet de Paris, main dans la main avec un pouvoir exécutif sur lequel nous enquêtons et qui tous deviennent les idiots utiles de Monsieur Benalla dans cette affaire. »

« Une perquisition dans une rédaction, c’est une atteinte manifeste au secret des sources  »

Et d’ajouter : « Le seul sujet de l’affaire Benalla, c’est Monsieur Benalla à la présidence de la République. Le seul sujet de l’affaire Benalla concernant l’ingérence russe, c’est le fait que le parquet national financier a ouvert une enquête pour corruption (…) pour l’histoire de ce contrat noué pendant que Monsieur Benalla était à l’Élysée, avec un oligarque proche de Monsieur Poutine et lié, selon plusieurs magistrats européens, à la mafia. »

Revenant sur les enregistrements entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, diffusés par Mediapart et à l’origine de la tentative de perquisition de ses locaux, Fabrice Arfi tient à rappeler que « ce ne (sont) pas les enregistrements qui sont le problème, c’est le contenu des enregistrements. »

« Une perquisition dans une rédaction, c’est une atteinte manifeste au secret des sources (…) C’est une entrave à la liberté d’informer, inédite de ce point de vue là puisque ce qui a provoqué cette enquête, c’est le pouvoir exécutif sur lequel nous enquêtons (…) La seule justification de cette enquête préliminaire c’est de traquer les sources d’un journal qui publie des informations qui embête le pouvoir en place (…) sur la foi d’un habillage juridique qu’aujourd’hui, des juristes, des avocats et même des magistrats, contestent. »

 

Vous pouvez voir et revoir l’entretien avec Fabrice Arfi, en intégralité :

OVPL. Entretien avec Fabrice Arfi de Mediapart(en intégralité)
07:37

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