Affaire Benalla : « Le Sénat a choisi une appréciation très politique » selon Édouard Philippe
Le Premier ministre, Édouard Philippe, s’exprime suite à la remise du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla.

Affaire Benalla : « Le Sénat a choisi une appréciation très politique » selon Édouard Philippe

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s’exprime suite à la remise du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Édouard Philippe a pris connaissance des conclusions du rapport, dont un exemplaire lui a été adressé hier. Il considère que « le Sénat est dans son rôle lorsqu’il formule des recommandations ». De la même manière, « le gouvernement est responsable devant le Parlement », selon « la logique de nos institutions ».

Toutefois, Édouard Philippe est « surpris » par « les recommandations qui concernent la Présidence de la République ». En effet, selon lui, « la séparation des pouvoirs fait qu’il n’appartient pas au Sénat de se prononcer sur l’organisation interne de la Présidence ». Il en conclut que « le Sénat a choisi une appréciation très politique », ce qui « ne le surprend pas ».

Édouard Philippe mentionne « des recommandations concernant les fonctionnaires, notamment le secrétaire général de l’Élysée ». Il a trouvé ces recommandations « incompréhensibles et souvent injustes », car il considère qu’ « Alexis Kohler est un grand serviteur de l’État ». Ainsi, le Premier ministre « ne saisit pas très bien la portée de ces remarques ».

Édouard Philippe insiste sur le fait que « cette affaire part d’une dérive personnelle ». Il constate que « la justice fait son travail », mais précise que « la séparation des pouvoirs implique que le Parlement ne se saisisse pas du déroulement d’une procédure judiciaire », au nom de l’indépendance de la Justice.

Édouard Philippe s’exprime au nom de l’exécutif car « les institutions prévoient que le gouvernement est responsable ». Il n’a « aucun problème là-dessus » et « respecte la séparation des pouvoirs et le principe de responsabilité ». Toutefois, il refuse que « la Présidence voie son organisation interne commentée, recommandée ou qualifiée ».

Édouard Philippe s’interroge : « Que se passerait-il si l’inverse se produisait ? » et considère que « le Sénat serait scandalisé si la Présidence formulait tel ou tel avis sur son organisation ». Ainsi, il insiste sur le fait que « dans ces temps compliqués, chacun doit respecter ses prérogatives et les règles ».

Pour Édouard Philippe, « personne ne peut être surpris que le Sénat fasse de la politique », « c’est assez naturel » et « ça ne surprend personne ». Ainsi, il exprime « une déception », face à « des sénateurs qui ont le sens de l’État et pourtant méconnaissent le principe de séparation des pouvoirs ».

Il vise personnellement Philippe Bas, Président de la commission des lois, qui a « refusé une commission d’enquête » sur la pédophilie dans l’Église, au motif que « des procédures judiciaires étaient en cours ». Le Premier ministre finit sur ces mots sibyllins : « La cohérence est aussi une vertu des hommes d’État. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Benalla : « Le Sénat a choisi une appréciation très politique » selon Édouard Philippe
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le