Affaire Benalla, « saison 2 » : les coulisses d’une enquête inédite
Passeports diplomatiques et téléphone crypté conservés, soupçons de contrats russes les nouvelles révélations fin décembre du journal Le Monde et de Mediapart, ont relancé l'affaire Benalla... une suite racontée par Quentin Calmet dans « L’affaire Benalla, saison 2 ». Rencontre avec son réalisateur.

Affaire Benalla, « saison 2 » : les coulisses d’une enquête inédite

Passeports diplomatiques et téléphone crypté conservés, soupçons de contrats russes les nouvelles révélations fin décembre du journal Le Monde et de Mediapart, ont relancé l'affaire Benalla... une suite racontée par Quentin Calmet dans « L’affaire Benalla, saison 2 ». Rencontre avec son réalisateur.
Public Sénat

Par Yannis Darras

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pourquoi avoir réalisé une "saison 2" de l'affaire Benalla ?
Avec les révélations sur les passeports diplomatiques conservés par Alexandre Benalla malgré son licenciement ou encore ses voyages au Tchad, il y a eu énormément de réactions au Sénat. À l’époque les sénateurs de la commission d’enquête sont dans la dernière ligne droite et s’apprêtent à rendre leur rapport sur les violences dont s’était rendu coupable Alexandre Benalla, brassard de police au bras, place de la Contrescarpe à Paris. À l’époque, il leur reste, moins de trois semaines pour enquêter. Dans un premier temps les sénateurs ne pensent pas poursuivre leur travail. Mais ils se sont rapidement dit « s’il nous reste trois semaines, autant aussi faire la lumière sur ces questions de passeports diplomatiques et les voyages au Tchad ». Ce sont les sénateurs qui relancent cette saison 2.

Portrait Quentin Calmet 2
Portrait Quentin Calmet
Public Sénat

Comment les sénateurs ont géré tous ces rebondissements à trois semaines de la fin du rapport ?
Ce qui était très intéressant, c’est qu’une tension pareille, au Sénat, avec autant de pression politique venue de l’exécutif, c’était complètement inédit. Les sénateurs, ont été extrêmement rigoureux. Donc amener une caméra dans les coulisses alors qu’ils sont sous une pression phénoménale des médias, des ministres, et de l’opinion publique aussi n’a pas été évident. Mais comme Public Sénat a suivi jour par jour leurs travaux, notre sérieux nous a permis d’avoir accès à des scènes exclusives. Comme ce moment où Philippe Bas président de la commission d’enquête assisté de Muriel Jourda, sénatrice (LR) du Morbihan et Jean-Pierre Sueur Sénateur (PS) du Loiret a finalisé la rédaction du rapport, 48 heures avant sa publication. Un moment où on perçoit toute la détermination de la commission d’enquête qui voulait pointer les dysfonctionnements de l’affaire Benalla.

Sénat en Action / Affaire Benalla : saison 2 au Sénat / extrait 1
01:50

 

Peut-on s’attendre à une "saison 3" ?
Au Sénat, a priori, c’est terminé. Les travaux de la commission se sont terminés le 23 janvier, avec quelques questions restes en suspens comme celles sur les raisons des déplacements d’Alexandre Benalla à l’étranger. Pourquoi s’est-il rendu au Tchad quelques semaines seulement avant le chef de l’État ? Les sénateurs n’ont pas eu de réponses. La suite c’est la justice qui l’écrira, et les juges qui détermineront s’il y a eu de la corruption ou encore des conflits d’intérêts.

Partager cet article

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le