Affrontements de migrants à Calais : « une impasse européenne »
Une dizaine de jours après la signature d’un traité destiné à augmenter la contribution financière de la Grande-Bretagne au contrôle de la frontière à Calais, de violents affrontements ont eu lieu jeudi entre migrants afghans et érythréens. « Un degré de violence jamais connu » selon le ministère de l’Intérieur.

Affrontements de migrants à Calais : « une impasse européenne »

Une dizaine de jours après la signature d’un traité destiné à augmenter la contribution financière de la Grande-Bretagne au contrôle de la frontière à Calais, de violents affrontements ont eu lieu jeudi entre migrants afghans et érythréens. « Un degré de violence jamais connu » selon le ministère de l’Intérieur.
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« La situation est extrêmement grave. Autant on a pu voir par le passé des phénomènes spontanés, autant aujourd’hui on voit bien qu’il y a des chefs de bandes ». Au lendemain d’affrontements entre migrants afghans et érythréens à Calais qui ont fait 21 blessés, dont quatre entre la vie et la mort, le ministre de l’Intérieur était sur place dès jeudi soir.  Gérard Collomb a réaffirmé sa volonté de ne pas voir la ville  devenir« un point de fixation » pour les migrants. « Le message que je veux faire passer c’est que si on veut venir en Grande-Bretagne, ce n’est pas ici qu’il faut venir ».

Deux affrontements en moins de deux heures

Hier, une première rixe a éclaté vers 15H30 entre une centaine de migrants érythréens et une trentaine d'Afghans, non loin du centre hospitalier de la ville où avait lieu une distribution de repas. Quatre migrants, âgés de 16 à 18 ans et de nationalité érythréenne, ont été blessés par balle lors de ces affrontements et leur « pronostic vital était engagé », a déclaré à l'AFP le parquet de Boulogne-sur-Mer.  Ce premier affrontement serait lié à la présence de passeurs.

Vers 16H00, un deuxième affrontement  s'est déroulé à environ 5 km de là, à Marck-en-Calaisis entre une centaine de migrants africains armés de bâtons et une vingtaine d'Afghans, rapporte le parquet. Il s'agit du bilan le plus lourd depuis le 1er juillet 2017

La responsabilité de l’État mis en cause

« Cela fait huit mois que vous êtes maintenant au pouvoir, prenez vos responsabilités, empêchez les rassemblements sur Calais. Cela est possible techniquement. Sinon, ce que nous avons vécu hier dans la nuit se reproduira » a réagi le patron du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner sur LCP. Invité de Public Sénat, le  sénateur de Paris et secrétaire national du parti communiste, Pierre Laurent, demande à ce que soient  « organisés des centres de premier accueil qui permettent à ces migrants de trouver des parcours d'intégration normaux ».

Contrôler la frontière : « cette mission est impossible »

L’ancienne sénatrice et actuelle maire LR de Calais, Natacha Bouchart, a quant à elle pointé du doigt la responsabilité de certaines associations comme No Border.  « Ils sont complices parce qu'ils sont en permanence avec les migrants, leur font commettre des actes délictueux et ne les incitent pas à rejoindre les dispositifs d'État qui sont mis en place ». Gérard Collomb a abondé  en faisant appel « au bon sens des associations ». « Il ne peut y avoir d’organisation sauvage lors des distributions de nourriture a-t-il déploré, avant d’annoncer le renfort prochain de deux compagnies de CRS. « Deux compagnies de CRS en plus, c’est bien. Mais la question c’est pourquoi avoir allégé le dispositif » regrette Jean-François Rapin sénateur LR du Pas-de-Calais.

Pour Pierre Henry, directeur général de l'association France terre d'asile, « faire porter la responsabilité de ces affrontements sur les associations est ridicule. « La France a accepté, moyennant rétribution, de jouer les gardes frontières pour la Grande-Bretagne, mais cette mission est impossible. C’est une impasse européenne. Depuis une dizaine de jours, des déboutés du droit d’Asile en provenance du nord de l’Europe sont arrivés à Calais. Ils se retrouvent sur un  territoire où les ressources se sont raréfiées, en face de tête de réseaux qui ne reculent devant rien. Donc la situation ne va pas s’améliorer ».

Le 16 janvier dernier, en visite sur place, Emmanuel Macron avait promis que l’État serait « capable dans les 15 jours de prendre en charge la distribution des repas dans les 15 jours ». « C’est un engagement ambitieux car ça fait partie des missions que font certaines associations et qui aujourd’hui ne veulent pas en être déchargées car ça leur permet d’exister sur place » commente Jean-François Rapin.

Selon les associations 800 migrants vivraient actuellement à Calais, entre 550 et 600 selon la préfecture.

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