Âge, profession : quel est le profil des abstentionnistes ?
Le premier tour des législatives apporte des enseignements et confirme des tendances de fond comme celle de l’abstention qui atteint une nouvelle fois un niveau record. Selon une étude réalisée par Ipsos et Sopra Steria, 70 % des moins de 35 ans se sont détournés des urnes. A l’inverse, la mobilisation des retraités a favorisé la majorité présidentielle.

Âge, profession : quel est le profil des abstentionnistes ?

Le premier tour des législatives apporte des enseignements et confirme des tendances de fond comme celle de l’abstention qui atteint une nouvelle fois un niveau record. Selon une étude réalisée par Ipsos et Sopra Steria, 70 % des moins de 35 ans se sont détournés des urnes. A l’inverse, la mobilisation des retraités a favorisé la majorité présidentielle.
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« Nous avons une réserve de voix : 74 % des jeunes de moins de 34 ans se sont abstenus », déclarait au lendemain des législatives le candidat insoumis, Éric Coquerel sur Public Sénat. Un chiffre légèrement gonflé qui reflète pourtant bien une dynamique persistante des élections : l’abstention.

L’abstention touche toujours les jeunes et les classes populaires

Selon une étude réalisée par Ipsos et Sopra Steria et publiée dimanche 12 juin, 70 % des moins de 35 ans et 56 % des 35-59 ans ne se sont pas rendus aux urnes. Cette enquête produite pour France Télévision, Radio France, LCP-AN et Public Sénat, note une hausse plus contenue chez les séniors. 35 % des plus de 60 ans se sont détournés des urnes ce dimanche.

Lorsque l’on observe ces données selon les professions, ce sont les employés (65 %) et les ouvriers (62 %) que l’on retrouve en tête des abstentionnistes. Les cadres (53 %) et les professions intermédiaires (57 %) restant tout de même très affectés par l’abstention.

Cette étude confirme à nouveau le fait que le niveau de revenu influe sur la participation. Ainsi, on note quatorze points d’écart entre le taux d’abstention des plus modestes (61 %) et des plus aisés (47 %). L’institut insiste néanmoins sur le fait que l’abstention grappille du terrain et lisse finalement ces différences de mobilisation. On mesure ainsi 53 % d’abstention au sein des classes populaires et moyennes inférieures, mais presque autant au sein des classes moyennes supérieures ou aisées (49 %).

« Le différentiel de mobilisation a été favorable à la majorité »

Décryptage du scrutin

L’âge est l’un des critères soulignés par l’étude pour éclairer ce vote. Ensemble ! arrive en tête chez les plus de 60 ans tandis que la NUPES fait ses meilleurs scores chez le moins de 34 ans (voir le tableau ci-dessus). Le Rassemblement national s’installe davantage chez les 35-59 ans.

« En termes de proximité politique, le différentiel de mobilisation a été important, et favorable à la majorité présidentielle, en lien avec la meilleure participation des plus âgés », soulève les rédacteurs de l’étude. Les électeurs qui se sont le plus mobilisés restent ceux d’Emmanuel Macron (61 %) et de Valérie Pécresse (61 %). La moitié des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont abstenus dimanche 12 juin tout comme ceux de Marine Le Pen (48 %). Le taux de participation restera donc un point déterminant pour les résultats du second tour des législatives.

Méthodologie : Le sondage mené par Ipsos et son partenaire Sopra Steria a été réalisé du 8 au 11 juin 2022. 4000 personnes ont été interrogées, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrite sur les listes électorales, âgée de 18 ans et plus.

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