Société
Il y aura bien un débat. Alors que les députés ont entamé la seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, les sénateurs n’auront pas recours à une question préalable, lors du retour du texte, la semaine du 30 mars.
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Par Public Sénat
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Des voix s’élèvent en faveur d’une légalisation du cannabis. Une proposition de loi, déposée par une quintaine de députés, dont des membres de la majorité présidentielle, soutient la « légalisation régulée ». Un rapport du Conseil d’analyse économique (instance placée sous l’autorité du Premier ministre) préconise également d’instaurer un monopole public de production et de distribution de cette drogue, qui pourrait, sur la base d’un prix de vente à 9 euros le gramme, apporter deux milliards d’euros de recettes fiscales chaque année à l’État. « Le problème n’est pas l’argent mais la santé publique », conteste Agnès Buzyn.
La ministre de la Solidarité et de la Santé, interrogée sur Public Sénat ce jeudi, s’oppose frontalement à ces demandes. « Je suis défavorable à la législation du cannabis », insiste-t-elle. « Aujourd’hui, la prévention est la priorité de ma politique de santé. Je ne suis en train de mener une lutte acharnée contre le tabagisme, ce n’est pas pour tout d’un coup légaliser le cannabis, qui a les mêmes effets sur les poumons ! »
L’ancienne présidente de l'Institut national du cancer s’inquiète surtout des effets sur la jeunesse, si une telle décision venait à être prise. « Le pire, c’est surtout la consommation des jeunes. 60 000 jeunes de 17 ans fument régulièrement du cannabis […] Je pense que la légalisation ne serait pas un bon signal. »
Quant à l’usage thérapeutique du cannabis en 2020, « qui peut avoir des effets bénéfiques sur certaines maladies », Agnès Buzyn espère toujours que l’expérimentation débutera en 2020.