Alain Griset, le ministre des PME démissionne après une condamnation
Le ministre délégué aux PME a été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour déclaration incomplète ou mensongère de son patrimoine. Une condamnation après laquelle, Alain Griset a présenté sa démission au gouvernement. Il avait pourtant fait appel de cette décision.

Alain Griset, le ministre des PME démissionne après une condamnation

Le ministre délégué aux PME a été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour déclaration incomplète ou mensongère de son patrimoine. Une condamnation après laquelle, Alain Griset a présenté sa démission au gouvernement. Il avait pourtant fait appel de cette décision.
Public Sénat

Par Public Sénat avec AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Nommé ministre délégué aux petites et moyennes entreprises en juillet 2020, Alain Griset a présenté sa démission ce mercredi au Premier ministre, a-t-on appris par communiqué.

Le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour la déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale. Son avocat, Maître Maisonneuve, avait annoncé plus tôt dans la matinée son intention d’interjeter appel, « il reste donc présumé innocent ».

Le tribunal a retenu qu’Alain Griset « avait fait le choix de dissimuler une partie substantielle de son patrimoine » et relevé deux éléments aggravants : les fonds en cause étaient hébergés dans une banque française et il a « fait preuve d’une réelle volonté de dissimulation ».

Il était jugé pour avoir omis de déclarer, en août 2020, après sa nomination au gouvernement, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Alain Griset était soupçonné d’avoir intentionnellement caché à la HATVP la détention d’un plan d’épargne en actions (PEA) de 171.000 euros, ainsi que des « participations directes » dans plusieurs sociétés comme la Française des Jeux ou Natixis.

Également en cause, une somme de 130.000 euros placés sur son PEA et qui appartenait à la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (Cnams) du Nord, une organisation interprofessionnelle que M. Griset dirigeait depuis 1991.

« Une maladresse »

Devant le tribunal, Alain Griset avait soutenu en septembre qu’il avait reçu en août 2019 « mandat » de la Cnams pour « faire fructifier cette somme sur une courte durée afin d’acheter un bien immobilier ».

Il s’était au passage félicité de la plus-value de 19 000 euros réalisée en onze mois.

« Mon mandat, c’était de gérer cet argent en tant que président de la Cnams. N’étant plus président, ce mandat s’arrêtait. Cet argent ne m’appartenait pas. Il ne m’a jamais appartenu avant d’être ministre et encore moins après », avait-il souligné.

La HATVP avait saisi la justice en novembre 2020 après avoir constaté l’omission d’Alain Griset. Pour l’institution, l’omission de déclaration avait essentiellement pour but « d’empêcher la révélation de faits susceptibles de recevoir la qualification pénale d’abus de confiance ».

La Cnams, en tant que personne morale, n’avait pas le droit d’ouvrir un PEA réservé aux personnes physiques.

Lire aussi. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) : comment ça marche ?

« J’ai été mal conseillé », avait aussi expliqué Alain Griset en rejetant « la maladresse » sur son banquier, les comptables et autres «sachants qui ne me disaient rien ».

Devant ses juges, Alain Griset, 68 ans, un ancien artisan taxi du nord de la France, avait défendu sa probité en plaidant « une maladresse » et en rejetant toute « malhonnêteté ».

« A aucun moment je n’ai voulu tricher, voler ou cacher quoi que ce soit. Quand on a la chance d’être ministre, on ne gâche pas cette chance en essayant de dissimuler quelque chose qui était si visible », avait-il dit. A la barre, il avait également rappelé ses origines modestes, son manque de diplômes. « Je suis bac -8 ».

En cas de condamnation, « je continuerai tant que le président (Emmanuel Macron) me fait confiance », avait-il alors affirmé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Alain Griset, le ministre des PME démissionne après une condamnation
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Alain Griset, le ministre des PME démissionne après une condamnation
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le