Allocations familiales: Philippe promet « un vrai bon débat » avant toute décision
Édouard Philippe s'est engagé mercredi soir à mener un "vrai bon débat" sur une possible remise en cause de "l'universalité" des...

Allocations familiales: Philippe promet « un vrai bon débat » avant toute décision

Édouard Philippe s'est engagé mercredi soir à mener un "vrai bon débat" sur une possible remise en cause de "l'universalité" des...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Édouard Philippe s'est engagé mercredi soir à mener un "vrai bon débat" sur une possible remise en cause de "l'universalité" des allocations familiales, qui pourrait se traduire par une baisse ou une disparition du dispositif pour des ménages aisés.

Lors de son nouveau rendez-vous hebdomadaire en direct sur Facebook, où il répond à des questions posées par des internautes, le Premier ministre a souligné que cette "bonne" question "méritait d'être posée" mais affiché sa prudence en la matière.

"On va se poser cette question, mais après un vrai bon débat, et pas simplement le soir au détour d'un amendement budgétaire qui n'aurait pas été complètement mesuré dans ses implications", a déclaré M. Philippe lors de cette émission réalisée depuis son bureau à Matignon.

Le débat aura lieu "calmement en réfléchissant à l'ensemble des prestations versées dans le cadre de la politique familiale", a-t-il assuré.

"C'est une politique importante, la politique familiale, ça fait plus de 70 ans qu'elle existe, elle produit de bons résultats, la France est un des pays dans lequel la démographie est la plus élevée en Europe", a souligné l'ancien maire du Havre.

"Même si on sait que depuis un ou deux ans cette démographie diminue un petit peu, donc il faut que l'on fasse attention à ce que l'on fait en matière de politique familiale", a-t-il immédiatement noté.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les allocations familiales sont versées à toutes les familles ayant au moins deux enfants à charge. Ce principe, défendu notamment par les associations familiales, la droite, mais aussi historiquement par le PCF et les syndicats, a pour objectif de compenser la charge que représente un enfant.

En juillet 2015, pendant le quinquennat de François Hollande, les allocations familiales ont été modulées en fonction des revenus, les plus aisés les voyant divisées par deux, voire par quatre, suscitant de vifs débats.

Ces dernières semaines, des membres de la nouvelle majorité LREM ont soulevé l'éventualité d'une suppression pure et simple des allocations familiales pour les plus hauts revenus.

"Un certain nombre de gens aujourd'hui disent: +à quoi ça rime de toucher des prestations familiales quand une famille gagne 6.000, 7.000, 8.000 euros par mois", a résumé M. Philippe.

Disant "comprendre qu'on se pose cette question", le Premier ministre a justifié sa prudence en soulignant qu'elle pourrait peut-être remettre en cause l'universalité dans d'autres domaines.

"La question qui sera forcement posée si on revient sur cette prestation, c'est la question de savoir si tout le monde va payer la même chose ou recevoir la même chose sur des prestations qui ne sont pas des prestations sociales", a-t-il dit, prenant l'exemple d'un forfait hospitalier qui varierait en fonction des revenus.

Le député LREM Olivier Véran avait estimé fin septembre que la suppression des allocation familiales "pour les plus hauts revenus (par exemple pour ceux qui gagnent plus de 6.000 euros par mois) représenterait une économie d'environ 440 millions d'euros par an.

Partager cet article

Dans la même thématique

Allocations familiales: Philippe promet « un vrai bon débat » avant toute décision
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Allocations familiales: Philippe promet « un vrai bon débat » avant toute décision
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le