Alstom: Le Maire rejette les menaces de poursuites pénales de Montebourg
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a rejeté mardi avec vivacité des menaces de poursuites pénales brandies la veille par...

Alstom: Le Maire rejette les menaces de poursuites pénales de Montebourg

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a rejeté mardi avec vivacité des menaces de poursuites pénales brandies la veille par...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a rejeté mardi avec vivacité des menaces de poursuites pénales brandies la veille par Arnaud Montebourg si l'Etat ne montait pas au capital d'Alstom avant sa fusion avec l'allemand Siemens.

"Tout ce qui est excessif est insignifiant, Arnaud Montebourg le premier", a affirmé le ministre sur la chaîne CNews, qualifiant d'"absurde" la menace de "risque pénal maximal" brandie par son prédécesseur, rappelant le précédent de Christine Lagarde, condamnée par la Cour de justice de la République.

M. Le Maire a écarté que l'Etat entre au capital d'Alstom: "Faire monter l'Etat au capital d'Alstom pour, mettons 15%, c'est donner à l'Etat un strapontin pour observer des décisions auxquelles il ne participera pas", a-t-il assuré.

"Le rôle de l'Etat, c'est de veiller aux engagements de Siemens et d'avoir des commandes publiques qui, elles, sont importantes", a-t-il ajouté. "Quitte à dépenser 2 ou 3 milliards d'euros, je préfère que ce soit dans des commandes publiques plutôt que dans des strapontins dans des conseils d'administrations".

A Grenoble, devant les salariés menacés de GE Hydro/Alstom, Arnaud Montebourg a présenté lundi un scénario qui, à ses yeux, pourrait sauver leur site, un mélange d'"action politique, de lutte syndicale et de menace de poursuites pénales".

"Il reste quinze jours pour que l'Etat rachète les actions qu'il loue à Bouygues au sein d'Alstom et qu'ensuite il fasse jouer l'option de rachat de GE Renewable", a-t-il déclaré.

"Il est impossible que ça ne se fasse pas", a poursuivi M. Montebourg, mettant en avant un risque de poursuites pénales contre M. Le Maire pour "détournement de fonds publics par négligence".

Après avoir dénoncé la "politique de l'esbroufe" de M. Montebourg, M. Le Maire a contre-attaqué en brandissant le dossier du groupe sidérurgique Ascométal qui était en redressement judiciaire il y a trois ans quand il était à Bercy. "Il y avait une proposition d'achat par des investisseurs étrangers solides", a-t-il assuré.

M. Montebourg "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard, qui menace désormais les salariés et qui a coûté 35 millions d'euros au contribuable français", a-t-il dénoncé.

Une source proche du dossier, consultée par l'AFP, a démenti qu'Ascometal doive cette somme. "Le prêt de 35 millions d'euros accordé par l'Etat en 2014 a été remboursé à hauteur de 70% en trois ans", a assuré cette source.

L'administrateur judiciaire soutenait à l'époque l'offre rivale du brésilien Gerdau, qui n'avait pas la faveur de M. Montebourg. Un an plus tard, en raison de la crise au Brésil, ce groupe était contraint de vendre sa filiale espagnole d'acier à laquelle il prévoyait d'intégrer Ascometal.

L'intersyndicale du site de GE Hydro-Alstom à Grenoble, menacé par un plan de licenciement de 345 des 800 emplois, a demandé "solennellement" au gouvernement mardi de "prendre ses responsabilités (sur ce dossier) en exerçant l'option d'achat des actions de Bouygues au sein d'Alstom avant le 17 octobre, date d'expiration de cette option pour l'État".

Si l'option était utilisée, elle permettrait de gagner quelques mois pour envisager - dans le scénario déroulé par M. Montebourg aux salariés - de faire jouer ensuite en 2018 ou 2019 l'option de rachat de GE Renewable.

L'Etat français est actuellement actionnaire d'Alstom via des actions (représentant 20% du capital) prêtées par le groupe diversifié Bouygues mais il a prévu de mettre fin à ce prêt et ne pas exercer l'option d'achat, ce qui fait qu'il ne sera pas présent au conseil d'administration du futur groupe Siemens Alstom.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le